Budget, environnement : choisir un véhicule

L’automobile est un secteur en constante évolution… qui déchaîne des avis et des informations contradictoires. Avant d’acheter, démêlons le vrai du faux.
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La question de la pollution globale générée par une voiture reste très complexe.
La question de la pollution globale générée par une voiture reste très complexe.

Le diesel reste la solution plus économe en carburant quand on roule beaucoup

Vrai. En février 2019, les prix moyens à la pompe sont très proches : 1,435 euro le litre de super et 1,438 euro le litre de diesel. Mais les diesels restent toujours plus sobres que les véhicules à essence équivalents. Comptez 25 % d’écart en moyenne. Reste une alternative pour ces derniers : les adapter pour rouler au GPL ou à l’E85.

Les véhicules diesel se revendent mal

Vrai. Après avoir été promu pendant des décennies, le diesel est montré du doigt et cela complique sa situation sur le marché de l’occasion. Actuellement, sept annonces sur dix en moyenne concernent des diesels parmi les modèles produits après 2011. Les transactions se font au ralenti et les prix sont orientés à la baisse, de l’ordre de 10 à 20 % selon les marques et modèles, depuis deux ans.

Les moteurs essence consomment plus que ce que les constructeurs annoncent

Vrai. Pour certains acheteurs, c’est la douche froide. L’écart entre consommation affichée et appétit réel est particulièrement marqué pour les derniers modèles à essence. La raison ? La réduction des cylindrées, qui va de pair avec l’usage généralisé du turbo. Sans forcer sur l’accélérateur, même un conducteur raisonnable sollicite davantage la mécanique qu’avec un diesel équivalent. L’écart de consommation dépasse parfois 30 %. « Sur ce plan, les nouvelles normes d’homologation pour les mesures de consommation, dites “WLPT”, vont rapprocher les chiffres des constructeurs de ceux qu’un usager constate réellement au quotidien », souligne Daniel Quéro, de l’association 40 millions d’automobilistes. Ces normes sont en vigueur depuis le 1er septembre 2018 pour l’ensemble des voitures neuves.

Plus une voiture est puissante, plus elle pollue

Vrai et faux. Dans l’absolu, la pollution – comme la consommation et le coût de l’assurance – est indexée sur la puissance d’un véhicule mesurée en cheval (ch). Mais attention à ne pas opter pour un véhicule trop poussif, surtout dans le cas d’un moteur à essence, sinon vous ferez un usage plus intensif de la pédale d’accélération. Avec souvent des conséquences désagréables pour le porte-monnaie. Même si cela dépend du rapport poids/puissance de chaque véhicule, il vaut souvent mieux éviter le moteur le moins puissant du modèle convoité.

Les véhicules hybrides ou électriques sont rarement fabriqués en France

Vrai. Les Citroën C-Zero et les Peugeot Ion, dotées toutes deux d’une petite centaine de kilomètres d’autonomie, sont produites au Japon. Dans l’immédiat, les seules électriques fabriquées en France sont la Renault Zoe et le cabriolet de plage Citroën e-Mehari. Concernant les hybrides non rechargeables, la Toyota Yaris, raisonnable budgétairement, est produite à Valenciennes.

« Citroën, DS et Peugeot annoncent plusieurs hybrides rechargeables pour la fin de cette année. Mais ce genre de véhicules reste, pour le moment, relativement coûteux, l’offre débutant au-dessus de 35 000 euros, hors primes », indique Christophe Maurel.

Les nouvelles électriques offrent une autonomie digne d’une voiture essence

Faux. Le progrès est réel, mais il faut relativiser. Selon le magazine Auto Plus, les deux électriques les plus répandues, Renault Zoe et l’ancienne génération de Nissan Leaf, offrent respectivement 277 km et 292 km d’autonomie en usage urbain. Un rayon d’action qui chute drastiquement à 188 et 120 km sur autoroute. Comme le souligne Christophe Maurel, président de la branche Concessionnaires du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), « les électriques sont idéales pour circuler en ville, sans émissions polluantes émanant du moteur, avec une conduite et un silence reposants. En revanche, les batteries disponibles ne permettent pas encore d’en faire des moyens de locomotion vraiment adaptés aux longs trajets ».

Le montant de l’aide reflète la vertu écologique du véhicule

Faux. La question de la pollution globale générée par une voiture reste très complexe. Même dans le cas des électriques, leur vertu peut être discutée, car la production et le recyclage des batteries sont sujets à caution, tout comme la pollution générée par leur recharge (émissions des centrales à charbon, déchets des centrales nucléaires, etc.). Pour le moment, la panacée n’existe pas.

Le E85, deux fois moins cher que l’essence

Ce biocarburant, composé en France de 85 % d’éthanol et 15 % de super, est dérivé de résidus agricoles non alimentaires en attendant de le produire à partir de déchets organiques. Distribué dans près de 1 200 stations-service, l’E85 offre le même rendement que l’essence tout en coûtant deux fois moins cher (environ 0,7 euro le litre en février). Et moyennant 500 à 1 500 euros selon la voiture, vous pouvez convertir un véhicule essence pour qu’il fonctionne à l’E85. Adressez-vous aux réseaux d’installateurs agréés par les entreprises françaises Flexfuel Company et Biomotors qui commercialisent les boîtiers homologués.

Les assureurs font des prix pour les véhicules verts

Franchise offerte, plusieurs mois gratuits, réduction automatique du tarif de 15 %... Les compagnies d’assurance affichent presque toutes des offres spécifiques destinées aux possesseurs de véhicules électriques ou hybrides, et, plus rarement, aux conducteurs de petits véhicules thermiques qui émettent moins de 105 g de CO2/km par exemple. Si vous optez pour une 100 % électrique, comparez cette offre avec une formule d’assurance classique, mais au kilométrage limité (souvent 5 000 km par an). Dans tous les cas, vérifiez bien que les ennuis de batteries (assistance, changement) sont couverts soit par votre assurance auto, soit par leurs mensualités de location.

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df
Thierry Astier
Publié le

Immobilier, droit du travail, retraite...

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