Budget auto : le guide des économies

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14mn de lecture
Une femme adore sa voiture rouge
© Istock

🚗 ACHETER MOINS CHER LA BONNE VOITURE

La plupart des automobilistes choisissent leur véhicule en fonction de son usage maximum : celui des vacances en famille avec bagages. L’essentiel des kilomètres est donc parcouru avec une voiture trop grande, trop chère et trop gourmande. Six idées pour dépenser moins.

► Acheter une voiture plus petite

C’est l’économie la plus évidente quand on a une seule voiture, moyennant l’achat d’un coffre de toit (de 90 € à 300 €) ou d’un attelage (de 250 € à 700 €), voire une petite remorque (de 300 € à 1 000 €).

Confort et sécurité ne sont pas opposables. Les petites Peugeot 208 ou Renault Clio de 2015 ou 2020 en offrent largement autant que les Peugeot 307 ou Renault Megane d’il y a quinze ans. Avec presque autant d’espace à bord.

► La bonne voiture pour le bon usage

Dans la plupart des foyers avec deux voitures, la voiture principale assure les trajets domicile-travail mais aussi ceux des week-ends et des vacances. C’est la plus grosse cylindrée et la plus récente. Tandis que la seconde, cantonnée aux courts trajets et qui roule peu, est plus petite et plus ancienne. C’est illogique.

Mieux vaut un petit modèle récent comme voiture principale et une grosse voiture plus ancienne d’appoint. D’abord, pour reporter l’essentiel du kilométrage sur la voiture la moins gourmande en carburant, en frais d’entretien et prime d’assurance. Ensuite, pour réduire le plus gros coût du budget auto, à savoir la perte à la revente.

« La décote des petites voitures est moins rapide que pour les grosses. Et, moins chères à l’achat, les petites perdent moins de valeur dans l’absolu. »  
(Manuel Cailliot, spécialiste de l’occasion du chez Caradisiac).

Il faut donc profiter, à l’achat, de la forte décote des gros modèles et, à la revente, de la faible décote des petits.

La voiture principale, consacrée aux longs trajets travail-domicile et déplacements de week-end, sera une citadine de deux ou trois ans et entre 20 000 à 30 000 kilomètres achetée pour 8 000 € à 12 000 €, et revendue avant ses 100 000 kilomètres et les premiers gros frais d’entretien.

Si vous faites plus de 80 kilomètres par jour, il faut se poser la question d’une voiture électrique d’occasion, vite rentabilisée.

La seconde voiture, consacrée aux vacances, peut être une familiale de plus de dix ans (la carte grise sera moins chère) ayant dépassé les 100 000 kilomètres, pour 4 000 à 6 000 €. À ce prix, on négocie de grands monospaces et de spacieuses berlines, qu’on fera durer ou qu’on revendra sans grande perte après quelques années. Cette vieille familiale, si elle roule peu, pourra espacer ses révisions tous les deux ans et bénéficier d’une assurance au kilomètre moins onéreuse.

L’espérance de vie d’une voiture correctement entretenue est de 300 000 km minimum. Et certains modèles font bien plus.

► Les SUV sont trop chers !

Les SUV pèsent 40 % des ventes. Ils consomment et polluent davantage. Dans les catalogues, un SUV coûte 5 % plus cher qu’un monospace et de 10 à 20 % plus cher qu’une berline équivalente. Les rabais augmentent ces écarts : de 5 à 20 % de remise sur un SUV populaire, mais de 30 à 35 % sur une berline ou un break, voire 40 % et plus sur certains monospaces, un genre plus vraiment prisé.

En définitive, 7 000 € à 8 000 € séparent un SUV Peugeot 3008 d’un break Peugeot 308, moins flatteur mais tout aussi spacieux et performant. Un écart que l’on retrouve sur le marché de l’occasion. 

► Moteur essence ou diesel ?

Même braderie pour les diesels, aux ventes divisées par deux depuis le scandale Volkswagen, en 2015. Affichés plus chers en neuf que les moteurs essence, ils se négocient souvent au même prix. Et en seconde main, très en dessous, en insistant un peu, car il y en a énormément sur le marché : 70 % de l’offre (sa part de marché de 2010 à 2017) pour 40 % de la demande.

Dès lors, il n’y a pas débat : moins cher à l’achat et bien plus sobre, le diesel s’impose. Mais attention, il ne supporte pas longtemps les petits trajets ou un usage urbain (les grandes villes leur interdiront d'ailleurs de plus en plus leur accès).

► Une voiture hybride, meilleure alternative au diesel

L’hybride est incontournable pour qui roule beaucoup ou souvent en ville, là où elle brille par sa sobriété : rarement plus de 5 l/100 km et 4 l/100 km à la campagne. À l’inverse du diesel, cette double motorisation essence-électrique supporte sans problème bouchons et courts trajets, avec une fiabilité exemplaire et un coût d’entretien réduit.

Pas d’embrayage à changer et des plaquettes de frein qui durent parfois toute la vie de la voiture. Neuve ou d’occasion, elle se négocie entre 1 000 et 2 000 € plus cher que le diesel, faute d’une offre suffisante, limitée à quelques modèles japonais et coréens et à la Renault Clio.

L’hybride rechargeable, choix fait par les constructeurs européens, est plus difficile à amortir. Les 50 à 60 kilomètres d’autonomie en mode 100 % électrique se paient très cher : 33 700 € pour un petit Renault Captur, le prix d’une électrique d’occasion avec une meilleure autonomie + un Captur essence neuf !

Pour amortir ce surcoût, il faudra beaucoup rouler, idéalement 100 kilomètres et plus par jour, ce qui suppose de recharger la batterie au travail. Hélas, à ce rythme, cette dernière aura vite dépassé ses 1 000 cycles et son autonomie chutera.

6 833 € C’est le coût à l’année d’une Renault Clio essence, pour 9 000 kilomètres parcourus par an. (Source : Automobile Club Association).

► Faut-il passer à l’électrique ?

La voiture électrique est faite pour la campagne. Il faut un garage avec une prise 220 V pour la recharger, de la place pour une seconde voiture thermique quand il faut aller loin. Et surtout, il faut beaucoup rouler au quotidien pour rentabiliser l’achat. Des conditions rares en ville. 

Côté tarif, si les électriques neuves demeurent chères (26 100 € bonus déduit pour une Peugeot 208), les premières Nissan Leaf, Citroën C0 ou Peugeot Ion se négocient d’occasion entre 6 000 € et 12 000 €, avec souvent peu de kilomètres, et des autonomies réelles de 80 à 120 km. L’amortissement est facile à calculer : de 1,50 € à 2 € aux 100 km et un coût d’entretien divisé par deux. Une fois l’achat amorti, on économise énormément, sauf avec une voiture avec batterie en location, très vite amortie, mais jamais rentable à cause du loyer mensuel, presque aussi cher qu’un mois de gazole.

🔧 ENTRETIEN, RÉPARATION, CARBURANT : ÉCONOMISEZ

L’entretien, les réparations et le carburant font flamber les dépenses automobiles. Pourtant, on peut économiser beaucoup en ayant les bons réflexes.

Selon l’Automobile Club Association, l’entretien est, après la dépréciation, le deuxième poste de dépense de l’automobiliste. Mais pour qui achète d’occasion, c’est souvent le premier. Comment le réduire ?

D’abord, en ne le comprimant pas trop. L’entretien préventif est toujours moins coûteux que le curatif. Par exemple, un simple filtre à air encrassé peut avoir un effet domino sur le moteur, avec à la fin une panne grave. Or, beaucoup d’automobilistes, une fois la garantie passée, négligent les révisions et se contentent d’une simple vidange. Grave erreur ! Si jusqu’à environ 100 000 kilomètres une voiture réclame peu d’interventions, elle nécessite ensuite bien plus d’attention pour durer.

► Concessionnaire, centre auto, garagiste indépendant : qui est le moins cher ?

Le coûteux recours au réseau de la marque n’est pas obligatoire. En 2010, la réglementation a réaffirmé la liberté de choix du professionnel avec préservation de la garantie, sous condition de respect du programme d’entretien. « C’est vrai en théorie, mais dans les faits, en cas de pépin, il sera plus difficile de faire jouer la garantie commerciale », souligne Manuel Cailliot, spécialiste de l’occasion du site Caradisiac.com.

Reste qu’au-delà de huit ou dix ans, une fois ces garanties caduques, on paiera moins cher pièces et main-d’œuvre chez un garagiste indépendant qui, en prime, a une meilleure connaissance des voitures plus anciennes que les concessionnaires qui ne les voient plus guère passer dans leurs ateliers.

Pour trouver le bon professionnel, on peut se fier aux notations de Google ou au site GarageScore. Et évitez le nomadisme mécanique : « Être fidèle à son mécano permet un meilleur suivi et d’éviter les interventions en doublon », note Manuel Cailliot.

Les centres auto, eux, sont souvent imbattables pour la maintenance courante et même le remplacement d’une courroie de distribution, mais le personnel n’est pas toujours suffisamment formé ou documenté pour les grosses révisions ou les pannes. « Si une intervention chère est programmée, il faut toujours demander un autre devis ailleurs », conseille Bernard Bourrier, président de la branche Contrôle technique du CNPA.

► Entretenir soi-même son véhicule, c’est moins cher

Beaucoup d’opérations sont à la portée du bricoleur moyen correctement outillé : remplacement des plaquettes et des disques de frein, du liquide de refroidissement, des filtres à air moteur, vidange, etc. « YouTube regorge de tutoriels, note Manuel Cailliot. En achetant ses pièces sur le web (Oscaro, Mister Auto, Piecesauto24…) entre 30 % et 70 % moins cher, l’économie est énorme. » Certains garagistes acceptent de les monter, moyennant un léger surcout.

On peut aussi le faire soi-même dans un garage associatif avec, moyennant cotisation, l’assistance d’un pro et le prêt d’outillage (Selfgarage.org).

Idem pour les pneus, moins chers en ligne (Allopneus.com, 1001pneus.fr) et livrés chez un monteur partenaire. On économisera entre 20 % et 50 % en évitant les manufacturiers réputés (Michelin, Dunlop, Pirelli, Bridgestone) au profit de ceux de second rang, comme Kleber, Uniroyal, Firestone, BFGoodrich… qui sont souvent leurs filiales ! Consultez l’excellent comparateur Rezulteo.fr.

► Consommer moins de carburant

L’augmentation anormale de la soif d’une auto est presque toujours due à son filtre à air encrassé. Car sa périodicité de remplacement est très optimiste : de 80 000 à 120 000 kilomètres selon les constructeurs français. Il faut l’inspecter tous les 40 000 kilomètres, voire avant si on circule beaucoup en ville, et ne pas hésiter à le changer (de 12 € à 30 €) pour éviter en prime l’encrassement du moteur qui mène à la panne.

Surveiller et remettre régulièrement à zéro l’indicateur de consommation moyenne de sa voiture est aussi le meilleur moyen d’améliorer son écoconduite.

 

Cette écoconduite consiste à anticiper arrêts, virages et ralentissements en relâchant plus tôt l’accélérateur pour, grâce à la quasi-absence de frein moteur des voitures modernes, rouler le plus possible sur l’élan et utiliser le moins possible les freins. À la clé, de 15 % à 30 % de consommation en moins et des plaquettes et disques qui doublent ou triplent leur durée de vie. Pour augmenter son élan, de fortes accélérations ne sont pas proscrites – elles décrassent le moteur – si elles n’obligent pas ensuite à freiner.

Convertir son moteur à l’éthanol 

À 65 centimes en moyenne, l’E85 est bien tentant, même en tenant compte d’une surconsommation de 15 % à 20 %. On peut désormais y convertir pratiquement toutes les voitures essence de moins de 14 CV postérieures à 2000. Cela consiste à intercaler un boîtier électronique entre le calculateur et les injecteurs, pour 600 € à 800 € en moyenne. Une dépense amortie entre 20 000 et 30 000 kilomètres et qui ne remet pas en cause la garantie, celle du fabricant du boîtier s’y substituant pour toutes les pièces en contact avec l’E85.

BON À SAVOIR >> Gare aux boîtiers à bas prix vendus sur le web, parfois impossibles à monter ou défaillants, et pouvant entraîner une casse moteur.

💰 RÉDUIRE LE MONTANT DES FRAIS FIXES

Que vous rouliez beaucoup ou peu, à la campagne ou en ville, les frais fixes pèsent lourd dans le budget voiture. Mais ils peuvent être variables, négociés et même comprimés.

► Une assurance auto moins chère

Selon la Fédération française de l’assurance, l’automobiliste paie sonassurance 410 € en moyenne par an et par voiture. Bizarrement, sa prime augmente un peu chaque année tandis que la valeur de l’objet garanti, elle, diminue progressivement. Ainsi, une voiture neuve perd un quart de sa valeur la première année sans que la prime s’en ressente. « Sauf si l’on renégocie son contrat, relève Rami Karam, directeur général du comparateur d’assurance Lesfurets.com. Ce que les Français font peu puisque leurs contrats auto sont vieux de sept ans en moyenne. »

Comparez les prix et renégociez votre contrat avec votre assureur : même si le nouvel assureur peut se charger de résilier l’ancien contrat, c’est moins simple que pour un abonnement de box internet ou de téléphone.

BON À SAVOIR
Attention en comparant les contrats, veillez à ce qu’ils comportent les mêmes garanties : montant des différentes franchises, assistance-dépannage à 0, à 50 ou 100 kilomètres du domicile, obligation d’une alarme, agence physique ou plateforme téléphonique, etc. Et gare au paiement mensuel qui gonfle le montant annuel de 5 % à 10 %.

► Résilier la location du garage

Beaucoup d’automobilistes louent un box ou une place de parking pour abriter leur véhicule des intempéries et du vol. Protection illusoire, car il est plus facile d’ouvrir une voiture à l’abri des regards que dans la rue. Sachant qu’on ne force plus les serrures mais l’électronique, la bonne vieille canne antivol qui bloque volant et pédales redevient d’actualité, pour 30 à 100 €.

Enfin, les carrosseries n’étant plus en acier de clôture et les vernis de peinture étant désormais anti-UV, une voiture roulant tous les jours supporte pendant des années l’air libre – sauf en bord de mer – moyennant quelques précautions : spray ou bâche antigivre sur le pare-brise en hiver, cinq ou six lavages annuels pour éviter que la crasse n’attaque le vernis et, en été, un pare-soleil pour ne pas cuire la planche de bord. Sans oublier, sous le capot, un spray anti-humidité (WD 40, Bardahl, Holts) sur les boîtiers électroniques et les cosses de batterie.

► La location avec option d’achat (LOA)

Les publicités de voiture n’indiquent plus de prix, mais un loyer mensuel. Près de 25 % des particuliers optent pour une voiture neuve en LOA (location avec option d’achat) et 16 % en LLD (location longue durée), qui concerne désormais aussi des occasions récentes. Vous y gagnez de la tranquillité d’esprit, l’entretien et l’assurance sont parfois inclus et la revente n’est plus votre problème... Mais il y a un "mais" : 

« La location revient toujours plus cher que l’achat à crédit. Les loyers ne semblent attractifs que si on se base sur le prix catalogue de l’auto, sans aucun rabais. Et l’option d’achat est souvent trop chère. »
(Manuel Cailliot)

Surtout, à la fin, il faut rendre la voiture en parfait état. La moindre bosse, rayure sur la carrosserie ou tache sur un siège est déduite au prix fort de la caution.

► Le covoiturage "boulot-dodo", ça rapporte

Après la grève des transports de l’hiver dernier et avant la pandémie de Covid-19, le covoiturage « boulot-dodo » entre voisins et collègues avait doublé. Proposé par les sites de la plupart des conseils généraux, souvent en partenariat avec des applis privées (Blablalines.com, Klaxit.com, Ecov.fr…), il devrait peu à peu retrouver un cours normal. D’autant qu’il est subventionné : les entreprises peuvent rembourser à leurs salariés passagers jusqu’à 400 € par an et de nombreuses collectivités incitent financièrement les conducteurs. 

Un automobiliste habitant à 30 km de son travail et qui covoiture quotidiennement économise près de 2 000 € par an.

🚲 LES ALTERNATIVES À LA VOITURE

► Un deux-roues pour faire des économies

Les deux et trois-roues à moteur accessibles avec permis auto sont une alternative radicalement économique et écologique. Leur fabrication émet quatre à six fois moins de C02 et leur utilisation encore deux à trois fois moins, grâce à leur sobriété :

  • de 2 à 3 l/100 km pour une 125 achetée 2000 à 4000 € neuve
  • de 4 à 5 l/100 km pour un gros trois-roues de 500 cm3 acheté 6000 à 7000 € neuf
  • 0 l/100 km pour un scooter électrique dépassant 80 km/h avec plus de 60 km d’autonomie, acheté pour 5 000 à 6 000 €.

Prévoir aussi entre 200 et 350 € pour la formation obligatoire de sept heures (sans examen) et entre 500 à 1 500 € pour un équipement complet.

Acheter un vélo à assistance électrique

Le vélo à assistance électrique pour les parcours en ville et en banlieue – mais pas sur route, surtout de nuit où sa lenteur le rend vulnérable – a un gros avantage sur les motos et scooters. On peut transporter deux enfants sur les vélos cargo à cadre allongé, voire trois dans la caisse des vélos brouette 2 ou 3-roues (de 3 000 € à 4 000 € avec assistance électrique).

 

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