Quelles assurances pour les sports d’hiver ?

Pour profiter des joies de la montagne en toute sérénité, étudiez d’abord les garanties proposées par les contrats que vous avez déjà souscrits. Et, en cas de besoin, optez pour une couverture spécifique.
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Avant de partir en vacances, consultez tous vos contrats d’assurance.
Avant de partir en vacances, consultez tous vos contrats d’assurance.

Les sports d’hiver – ski de piste, de fond, snowboard, luge – provoquent 100 000 à 150 000 accidents par an, de la simple plaie au traumatisme crânien, en passant par l’entorse du genou (la pathologie la plus fréquente) et la fracture. Mieux vaut donc être bien assuré. Alors, avant de partir, consultez tous vos contrats d’assurance : celui lié à votre carte bancaire, à votre complémentaire santé, à votre multirisque habitation (MRH), à votre garantie des accidents de la vie (GAV), à l’extrascolaire de vos enfants... Ces contrats peuvent couvrir votre famille contre des risques liés à la pratique des sports d’hiver. Ainsi, la souscription d’une assurance ski au pied des pistes (Carte neige ou Carré neige), ne sera pas forcément utile. À la clé, une économie d’une vingtaine d’euros pour une semaine de ski de piste par personne (10 € environ pour le ski nordique).

Les soins médicaux

En cas de jambe cassée ou d’entorse, les soins sont en partie remboursés par la Sécurité sociale. Selon le contrat souscrit, votre complémentaire santé, elle, prendra plus ou moins en charge les dépassements d’honoraires et les frais annexes (chambre individuelle, par exemple). La garantie neige et montagne des cartes bancaires haut de gamme couvre aussi ces frais supplémentaires, parfois dans la limite d’un plafond, à condition toutefois que vous ayez payé vos vacances (forfaits, location de matériel, cours de ski, transport ou hébergement) avec cette carte et que l’accident se produise en France. En résumé, une assurance ski proposant le remboursement des frais non pris en charge par l’Assurance-maladie n’est utile qu’en l’absence d’une bonne complémentaire santé ou d’une carte bancaire haut de gamme.

La recherche, l’évacuation

L’évacuation en barquette a un coût (367 € en moyenne), de même que le transport du bas des pistes vers un cabinet médical ou un hôpital (184 € en moyenne, 1 776 € pour une évacuation par hélicoptère). Sans oublier celui, très élevé, de la recherche de skieurs en hors-piste. Tous ces frais peuvent être pris en charge par les assurances neige et montagne liées à votre carte bancaire (encore faut-il avoir payé votre séjour avec elle !) ou par les Cartes neige ou Carrés neige. Dans tous les cas, vérifiez les franchises, les plafonds et la couverture géographique des garanties.

L’assistance

Si vous êtes blessé, les services d’assistance et de rapatriement sanitaire sont généralement bien financés par les assurances liées à votre carte bancaire, même premier prix (peu importe que vous ayez payé votre séjour avec, la simple détention de la carte suffit), à votre multirisque habitation ou encore à l’extrascolaire de vos enfants. Les couvertures des assurances ski spécifiques font donc souvent doublon.

Les responsabilités

Les accidents dont vous êtes l’auteur ou que vos enfants ou votre conjoint causez aux autres skieurs ou piétons (collision, avalanche déclenchée par votre passage...), sont couverts par le volet responsabilité civile de votre multirisque habitation. Regardez tout de même si les activités sportives et le hors-piste n’en sont pas exclus. Quant aux accidents dont vous ou votre famille êtes victimes, ils sont pris en charge par l’assurance responsabilité civile de celui qui a causé l’accident, quand il est identifié. Les assurances ski spécifiques ne sont donc pas utiles dans ces 2 situations.

En cas d’accident dû à une piste mal balisée ou à une crevasse non signalée, par exemple, vous pouvez mettre en cause la responsabilité de la commune fautive afin d’obtenir une indemnisation. Il faudra cependant souvent engager un procès. Les assurances neige et montagne des cartes bancaires (si vous avez payé votre séjour avec) et les assurances spécifiques ski prévoient généralement un volet défense-recours pour vous épauler dans une action en justice. Une aide utile, sauf si vous possédez déjà par ailleurs une assurance protection juridique.

Bris de skis, défaut d’enneigement...

Le remboursement des skis (vol ou casse) et celui, en cas d’accident ou de manque de neige, des cours de ski, des forfaits de remontées mécaniques, des frais de séjour et de location de matériel est parfois prévu par les assurances liées aux cartes bancaires haut de gamme. Ainsi que par les assurances montagne spécifiques, mais dans la limite de plafonds et souvent après déduction d’une franchise. Cependant, pour le manque de neige, les domaines de basse altitude (en dessous de 1 200 mètres) sont exclus de la garantie et les conditions requises se révèlent difficiles à réunir : selon les contrats, la moitié ou les deux tiers des remontées mécaniques doivent être fermés pendant au moins 2 jours consécutifs, de fin décembre à la première quinzaine d’avril. Une probabilité quasi nulle en raison aujourd’hui de l’utilisation des canons à neige.

df
Chantal Masson
Publié le