Faire du bateau sans se ruiner

Pêche, plongée, balade, bronzette… Les joies de la plaisance ne sont pas réservées aux plus riches. Anticipez les coûts, découvrez quelques bons plans, et à vous la grande bleue !
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Pour naviguer sans dépenses excessives, préférez la location à l’achat d’un bateau si vos sorties en mer ne sont qu’occasionnelles.
Pour naviguer sans dépenses excessives, préférez la location à l’achat d’un bateau si vos sorties en mer ne sont qu’occasionnelles.

Obtenir l’indispensable permis

Le permis plaisance, option côtière, est obligatoire pour piloter en mer un bateau à moteur de plus de 4,5 kilowatts (6 chevaux). En deçà, aucun titre n’est exigé, mais l’amusement ne sera pas au rendez-vous. Le permis permet une navigation jusqu’à 6 milles nautiques d’un abri (11 km). L’épreuve théorique générale est un questionnaire électronique à choix multiple (QCM) de 30 questions, avec 5 erreurs autorisées. Pour la pratique, il n’y a pas d’examen mais une évaluation continue par le formateur, avec un livret d’apprentissage. Trois heures et demie de cours, dont deux passées à la barre, constituent le minimum obligatoire.

Budget : 300 à 500 euros selon les établissements et les régions, plus 108 euros de timbres fiscaux (38 euros pour l’examen et 70 euros pour la délivrance du permis). Le livret du candidat ou des frais de dossier sont parfois facturés en plus (environ 40 euros).

Le bon plan : passer le permis hors saison. Tous les acteurs proposent des tarifs plus bas avant les beaux jours. Vous pouvez obtenir votre permis pour 200 euros (hors timbres fiscaux), parfois moins, en vous engageant à suivre votre formation pratique en semaine, par exemple. En évitant la foule au « bateau-école », votre apprentissage n’en sera que plus agréable, efficace et rapide. Visitez aussi le site groupon.fr qui permet d’acheter des formations à prix négociés.

À noter// Vous n’avez pas besoin de permis pour piloter un voilier (même motorisé) ou pour une location avec skipper.

Louer pour un budget maîtrisé

Vous vous ferez plaisir en payant uniquement le temps d’utilisation réelle du bateau, tout en changeant de port d’attache et de modèle en toute liberté. L’offre de location est très riche. La majorité des ports regorgent de loueurs à la journée, les plateformes de location entre particuliers se multiplient, sans compter les loueurs professionnels qui vous permettent de partir en croisière plusieurs jours ou semaines sur des embarcations toujours plus faciles à manœuvrer et confortables, à moins que vous ne fassiez appel aux services d’un skipper pour 200 euros par jour environ.

Budget : les tarifs varient fortement selon les ports, la durée, le type de bateau et le loueur. En passant par un professionnel à Marseille, comptez environ 200 euros la journée de location d’un bateau à moteur 6 places pour la pêche et la balade en famille (hors juillet-août), sans couchage.

Le bon plan : louer le bateau d’un particulier, les prix sont plus abordables. De l’ordre de 110 euros pour un bateau similaire. Le bateau doit obligatoirement être couvert par une assurance autorisant la location. Pour plus de sécurité, et pour consulter les avis des précédents locataires, préférez une plateforme collaborative, même si des annonces de particuliers et de pros y sont rassemblées. Samboat.fr se cantonne à la France, DOM compris, quand beboats.com ou clickandboat.com proposent également des navires en Croatie, aux Baléares, en Grèce…

Acheter à partir de 10 à 15 sorties par an

Renoncez à acquérir un bateau si l’usage que vous en faites n’est qu’occasionnel, faute de temps ou parce que vous habitez loin de votre port d’attache. Ayez aussi en tête les dépenses induites.

Budget : avec 15 000 euros, vous pouvez, par exemple, vous offrir un bateau neuf de 5 mètres (type Cap Camarat 4.7 CC Jeanneau équipé d’un moteur de 50 CV). À cela s’ajoutent les frais d’entretien annuels, estimés à 10 % environ de la valeur de votre bateau neuf (hivernage, traitement et peinture de la coque, petites réparations, etc.). Et aussi l’assurance. Elle est facultative, mais il serait imprudent de faire l’impasse sur cette dépense, du moins sur la garantie responsabilité civile qui vous couvrira en cas de dommages causés aux tiers. Pour une petite embarcation, comptez 200 euros environ au titre de la responsabilité civile et 300 euros de plus pour une couverture tous risques.

Le bon plan : acheter d’occasion, car les prix chutent rapidement. Attention, les prix sont couramment fournis coque nue, c’est-à-dire sans moteur. Comptez, par exemple, 6 000 euros pour un Cap Camarat 4.7 CC de 2013 coque nue et 4 300 euros en plus pour un moteur hors-bord de 50 CV (millésime 2013). Pour un modèle plus grand – un Cap Camarat de 6,5 mètres –, comptez 11 000 euros le bateau nu année 2010 et 7 500 euros le moteur 150 CV millésime 2010 (contre 35 000 euros pour un modèle neuf). Vous trouverez annonces et cotes gratuites sur argusdubateau.fr.

Stationner malin

Si vous optez pour une embarcation non transportable, il faudra batailler pour trouver un emplacement au port. Peu d’anneaux sont disponibles. Après inscription à la capitainerie, il faut souvent attendre plusieurs années, sauf à acheter un bateau avec sa très « chère » place (quelques annonces sur argusdubateau.fr ou annoncesbateau.com). Reste la solution des ports à sec, comprenez le stockage de votre bateau à terre (sur des racks).

Budget : les tarifs des places dans un port à sec sont très variables selon le port et la taille du bateau. Comptez de 120 à 250 euros par mois pour un bateau entre 5,5 mètres et 6 mètres 49. Des engins assurent à votre demande la mise à l’eau de votre embarcation en quelques minutes. Parfois, la location de l’emplacement inclut la manutention du bateau aller-retour (mise à l’eau et sortie). Quand ces frais sont facturés, comptez 100 à 150 euros l’aller-retour. Des forfaits moins coûteux sont souvent proposés.

Le bon plan : si vous n’habitez pas trop loin d’une mise à l’eau, choisissez un bateau semi-rigide (pneumatique), une vedette ou un petit voilier. Vous pourrez le tracter avec votre voiture et vous contenter d’une place gratuite dans votre jardin ou votre garage. Il existe aussi des parcs surveillés près des mises à l’eau. Vous y garez votre bateau sur remorque, il reste accessible 24 heures sur 24. Comptez 50 à 100 euros par mois pour un petit bateau.

Les équipements obligatoires en zone côtière

Ils ne tiennent pas de place et sont indispensables : ne faites l’impasse sur aucun d’eux et assurez-vous de leur présence à bord si vous louez un bateau, même pour une journée.

Le matériel qui doit être à bord : gilets de sauvetage, lampe torche étanche, extincteur, pompe, dispositif de remorquage, ligne de mouillage, annuaire des marées, pavillon national en cas de sortie des eaux territoriales, dispositif de repérage et d’assistance pour personne à la mer, 3 feux rouges à main, compas magnétique ou GPS, cartes marines officielles, règlement international pour prévenir les abordages en mer, description du système de balisage.

Source : ministère de la Transition écologique et solidaire.

3 conseils pour acheter d’occasion

1. Recourez toujours à un expert maritime, même pour l’achat d’un petit bateau. Il dressera un bilan précis de son état, en vous donnant sa valeur et en indiquant les réparations à prévoir. Utile pour négocier le prix au plus juste ou renoncer à l’achat. Le coût de l’expertise est fonction de la taille du bateau. Comptez entre 50 et 70 euros le mètre linéaire. La profession n’étant pas réglementée, faites confiance au bouche-à-oreille pour trouver un bon professionnel.

2. Tenez compte des équipements (électronique, annexe, matelas de cabine, etc.) pour affiner la valeur du bateau. Au-delà de cinq à sept ans, GPS, sondeur et traceur n’ont plus de valeur.

3. Préférez un bateau-semi-rigide (pneumatique), si vous n’êtes pas expérimenté, plutôt qu’un bateau en coque dure, moins tolérant aux petits chocs et aux mauvaises manœuvres.

Le coût du carburant

Comptez en moyenne entre 20 et 25 litres par heure de navigation pour un moteur de 150 CV ou entre 5 et 7 litres pour un moteur de 50 CV. Bien sûr, la consommation varie très fortement selon la vitesse de navigation, la charge du bateau ou en encore l’état de la mer. Au port, les carburants sont généralement 15 à 20 % plus chers que ceux distribués en station essence. Si le règlement du port l’autorise, et pour de petites consommations, envisagez le remplissage avec un jerrican spécialement conçu pour le transport de carburant.

df
Rosine Maiolo
Publié le