Avant Joséphine Baker, qui est enterré au Panthéon (et comment y entre-t-on) ?

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© brenac - iStock

C’est la surprise de cette fin d’été 2021 : la chanteuse, actrice et meneuse de revue franco-américaine, Joséphine Baker, connue également pour ses actes de résistance durant la Seconde Guerre mondiale, fera bientôt son entrée au Panthéon, sur décision du président de la République Emmanuel Macron.

Sa dépouille pénètrera dans le superbe bâtiment du Vème arrondissement de Paris à l’occasion d’une cérémonie qui sera organisée le 30 novembre prochain, 84 ans jour pour jour après sa naturalisation française.

La meneuse de revue franco-américaine Joséphine Baker en 1964. © imago images/United Archives via Reuters Connect

Mais qu’est-ce que le Panthéon ? Qui peut prétendre à y être enterré et quels sont les actuels locataires du bâtiment ? Petit cours d’histoire et d’éducation civique…

Une église catholique devenue un temple républicain

Construit au XVIIIème siècle, l’actuel Panthéon devrait être, à l’origine, une grande église consacrée à Sainte-Geneviève, du nom de la sainte patronne de Paris. C’est l’architecte néo-classique Jacques-Germain Soufflot qui en a dirigé les travaux.

En 1791, à la mort de Mirabeau, figure de la Révolution, et alors que le bâtiment est tout juste terminé et pas encore consacré comme église, l'Assemblée nationale décide d'en faire une sorte de nécropole républicaine : l'endroit où réunir les tombes des grands hommes de France. Après plusieurs changements au XIXème siècle au fil des remous qu’a connu la France entre Empire, Restauration et République, c’est en 1885 que le Panthéon a fait l’objet de son affectation définitive destinée à rendre hommage aux grandes figures de la Nation.

Curie, Dumas, Hugo, Jaurès… 81 personnalités y sont inhumées

« Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante ». Tout le monde connaît cette phrase inscrite en lettre de pierre sur le fronton du Panthéon, indiquant immédiatement la fonction du bâtiment qui surplombe le centre de la capitale de sa sublime coupole.

La dernière entrée d’une personnalité au Panthéon remonte au 11 novembre 2020, jour de commémoration de l’Armistice de la Première Guerre mondiale. A cette occasion, la dépouille de l’écrivain et poète Maurice Genevoix, auteur de « Ceux de 14 », a pris ses quartiers dans l’édifice.

Avant cela, Simone Veil et son époux Antoine y ont également été admis, tout comme les résistants Germaine Tillon, Jean Zay, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Pierre Brossolette. Autres noms illustres que l’on peut trouver gravés dans la crypte du Panthéon : le philosophe Voltaire, l’écrivain Émile Zola, l’homme politique Léon Gambetta, l’inventeur Louis Braille ou encore Victor Schœlcher qui a contribué à l’abolition de l’esclavage en France.

Au total, les dépouilles de 81 personnalités ont été panthéonisées et le sont toujours (au fil des décennies et des évolutions politiques de la France, certaines ont été priées de reposer en paix ailleurs comme les révolutionnaires Marat, Mirabeau, Dampierre et Saint-Fargeau !)

Seulement 5 femmes au Panthéon

En 1907, Sophie Berthelot devient la première femme à reposer au Panthéon et ce au titre de son union avec le chimiste Marcellin Berthelot, qui avait exprimé le souhait de ne jamais être séparé de son épouse. Il faudra ensuite attendre 1995 pour qu’une femme soit panthéonisée . Il s’agissait à l’époque du prix Nobel de chimie Marie Curie, inhumée aux côtés des cendres de son mari, Pierre, sur décision de François Mitterrand. Depuis, Germain Tillon, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Simone Veil y ont fait leur entrée entre 2015 et 2017, signe du changement d’époque. Le 30 novembre 2021, ce sera au tour de la chanteuse et actrice Joséphine Baker.

Comment entre-t-on au Panthéon ?

Pour entrer au Panthéon, il faut déjà... être décédé. La décision des nouvelles entrées revient au seul président de la République qui signe un décret pour entériner son choix.

Deuxième condition : bénéficier du soutien d’admirateurs après votre mort. Des pétitions sont régulièrement lancées pour réclamer l’entrée au Panthéon de telle ou telle figure française. C’est notamment le cas en ce moment du dramaturge Molière, des poètes Arthur Rimbaud et Paul Verlaine ou encore de l’avocate féministe Gisèle Halimi, récemment disparue.

Enfin, troisième et dernière condition : il faut avoir été une personne exemplaire incarnant à la perfection les valeurs et les idéaux de la République française dans son ensemble. Pour exemple concret, le marquis de Lafayette ou encore le compositeur Berlioz n’y ont pas été admis en raison de leurs accointances avec la monarchie.

A noter enfin, aucun texte ne précise qu’il est nécessaire d’être de nationalité française pour reposer au Panthéon.

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