Que signifie la sirène d’alerte aux populations ?

Elles font partie de notre paysage sonore, mais sait-on vraiment comment réagir lorsque sonnent la sirène d'alerte à la population. On vous explique tout. 

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4mn de lecture
© Kazy

Un sondage de 2013 révélait que 78 % de la population ne savait pas quel comportement adopter si les sirènes résonnaient. A l’origine, ce Système d'alerte et d'informations aux populations (SAIP) date de la Seconde Guerre mondiale et visait à prévenir les populations en cas d’attaque aérienne. Son déploiement s’intensifie durant la Guerre froide, en raison du risque d’attaque aérienne.

Depuis, ce réseau de sirènes a été intégré au Système d’alerte et d’information afin prévenir la population, d’« un sinistre de sécurité civile, d’origine naturelle ou technologique », selon les mots du ministère de l’Intérieur.

Qui peut les faire sonner ?

Plusieurs acteurs, à différents échelons, ont la main sur ce réseau de 2 830 sirènes disséminées à travers le territoire - un chiffre qui devrait monter à 5 000 dans les années à venir :

  • Le ministère de l’Intérieur
  • L’armée
  • Le préfet
  • Le maire

Chaque premier mercredi du moi : test

Vous n’ignorez certainement pas que le premier mercredi du mois, à midi, un test de sirène est effectué. Le signal dure 1 minute et 41 secondes. Pourquoi cette durée précise ? A l’époque de leur mise en place, il fallait 20 secondes pour que les sirènes atteignent leur pleine puissance, puis 21 secondes pour se taire. Et on estimait qu’il fallait au moins une minute pour que toute la population l’entende.

Toutefois, les pouvoirs publics n’hésitent pas à fréquemment reporter ce test mensuel pour le confort des habitants. Lorsque le premier mercredi du mois tombe un jour férié, comme ce fut le cas le 1er mai 2019 ou le 1er janvier 2020, le test est alors décalé au jour d’après, voir à la semaine suivante.

3 sonneries d’affilée = alerte !

Quelle que soit la raison de l'alerte, la répétition de la sirène durant trois coups doit vous faire adopter de bons réflexes.

Ce qu’il faut faire :

  • Rester à l’abri
  • Couper le chauffage, la climatisation, ventilation
  • Allumer la radio ou la télé afin d’écouter les consignes émises par les autorité
  • Consulter les comptes officiels des autorités sur les réseaux sociaux pour se tenir au courant des consignes

Ce qu’il ne faut pas faire :

  • Rester dans son véhicule
  • Ouvrir les fenêtres ou rester près des vitres
  • Aller chercher ses enfants à l’école (ils seront pris en charge par l’établissement)
  • Allumer une flamme ou le gaz
  • Prendre l’ascenseur
  • Quitter son abri sans consigne des autorités
  • Téléphoner à tous ses proches, car les réseaux doivent rester disponibles pour les secours

Sonnerie de 2 secondes pendant 2 minutes : rupture de barrage !

Il existe une alarme spécifique pour les zones avoisinant les barrages en cas de rupture de l’édifice : une sonnerie deux minutes minimum, de sons de 2 secondes entrecoupés de 3 secondes de silence. Cette alarme est appelée « corne de brume » (et vous pouvez en écouter le doux tintement ici).

Si elle résonne, cela signifie que la zone risque d’être inondée dans les minutes à venir. Il faut donc gagner les hauteurs (toits, étages supérieurs, collines, etc.) le plus rapidement possible. Ne jamais revenir sur ses pas, au risque de se retrouver piéger par les eaux.

Sirène continue de 30 secondes : fin d’alerte

Pour les sirènes comme pour les cornes de brume, un signal continu de 30 secondes marque la fin de l’alerte.

Cas concrets : incendie de Lubrizol, tempête à Nice

Lors de l’incendie de l’usine Lubrizol, le 26 septembre 2019, à Rouen, deux sirènes sur les trente-et-une que compte l’agglomération ont été activées. Le préfet a fait sonner seulement les sirènes les plus proches du site, et ce afin de d’éviter un mouvement de panique général.

Le samedi 23 novembre 2019, à Nice, les sirènes ont retenti en fin de journée. Suites à de très violentes intempéries, les autorités craignaient des crues importantes et des risques de submersion.

Vers un système d’alerte reposant sur les téléphones

Même si la France passe en stade 3 pour contrer l’épidémie de coronavirus, il y a peu de chance que les sirènes soient utilisées pour avertir la population, puisqu’elles sont censées avertir d’un évènement soudain. Et même dans ce cas de figure, leur efficacité est sujette à caution.

L’alerte cafouilleuse lors de l’incendie de l’usine Lubrizol, provoquant une importante anxiété auprès de la population locale, a été vivement critiquée, notamment dans un rapport du Sénat :

« Les moyens d'alerte par téléphone se font de plus en plus nécessaires de nos jours, comme l'illustre l'exemple récent de l'accident de l'usine de Lubrizol : une technologie de diffusion cellulaire aurait été bien plus efficace et aurait permis une alerte claire et immédiate. »

La France a d’ailleurs jusqu’à 2022 pour appliquer une directive européenne prévoyant l’alerte systématique par téléphone en cas de catastrophe.

 

df
Henri Presson
Publié le

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