Pourquoi l’exécutif se donne du temps avant d’imposer un troisième confinement

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a reconnu mercredi l’« efficacité relative » de la généralisation du couvre-feu à 18 heures, expliquant que les « scénarios » envisagés vont « d’un maintien du cadre actuel jusqu’à un confinement très serré ». Emmanuel Macron ne se prononcera pas avant ce week-end.

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Confinement
© Gonzalo Fuentes – Reuters

La France risque d’être soumise à un nouveau confinement, mais pas dès cette semaine : le président de la République, Emmanuel Macron, ne s’exprimera pas à la télévision avant le week-end prochain sur le thème de la crise sanitaire due au Covid-19.

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a admis ce mercredi l’improbabilité d’un statu quo, soit un maintien du couvre-feu à 18 heures, généralisé depuis le 16 janvier dans toute la France métropolitaine.

« À ce stade, l’efficacité » de cette mesure « est relative, c’est-à-dire qu’il y a une efficacité qui ralentit la progression du virus mais que le virus continue à progresser, que les variants par ailleurs se développent à un rythme important », a indiqué Gabriel Attal lors de sa traditionnelle conférence de presse suivant le Conseil des ministres, qui s’est tenu après un conseil de défense sanitaire.

Tout est envisagé, « jusqu’à un confinement très serré »

Les « scénarios » envisagés, « expertisés dans les prochains jours, discutés avec les partenaires sociaux et discutés avec les responsables politiques », vont « d’un maintien du cadre actuel jusqu’à un confinement très serré », a précisé le porte-parole du gouvernement. 

Un confinement strict peut aller jusqu’à la fermeture des commerces non essentiels comme au début du confinement automnal, voire à celle des écoles. Le chef du gouvernement, Jean Castex, et le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, ont exclu de fermer les établissements scolaires, en s’appuyant sur l’expérience du premier confinement.

L’exécutif disposera ce week-end de données détaillées sur les conséquences de la généralisation du couvre-feu à 18 heures, jugées révélatrices au bout de deux semaines, mais également d’informations sur la circulation dans le pays des variants apparus en Afrique du Sud, en Angleterre et au Brésil, d’après France 2. L’Elysée souhaite de plus déterminer les effets négatifs qu’un troisième confinement est susceptible de produire, aux points de vue économique, social et psychologique, précise la chaîne. En s’appuyant sur ces éléments, Emmanuel Macron se prononcera sur l’opportunité d’un troisième confinement et son niveau.

« Une pandémie dans la pandémie »

Au sein de l’exécutif et dans les rangs de la majorité, on s’inquiète du risque de baisse de l’acceptabilité sociale du confinement parmi la population, dix mois après le début du premier confinement.

« La lassitude est normale, estime auprès de Dossier Familial Pascale Fontenel-Personne, élue apparentée au groupe Mouvement démocrate (MoDem) à l’Assemblée nationale. En mars, on espérait que la crise sanitaire ne durerait que quelques mois. L’arrivée des variants a mis un coup au moral des Français. C’est une pandémie dans la pandémie. Les restrictions ont eu un peu d’impact sur la liberté. »

Pour la députée, l’exécutif doit mesurer « l’équilibre de l’acceptabilité, en pesant l’ensemble des arguments pour et contre le confinement », ce qui implique de tenir notamment compte de la tension dans les hôpitaux et de la circulation des variants. Pascale Fontenel-Personne dit n’être « pas associée » à la gestion de la crise sanitaire par l’exécutif, tout comme la plupart de ses collègues.

« On n’est pas à une semaine près », considère le président du conseil scientifique

L’hypothèse d’un confinement « imminent », évoquée par Le Journal du dimanche dans son édition du 24 janvier, s’est éloignée. « Des décisions seront prises cette semaine […],il ne s’agit pas de baisser la garde. Tous les indicateurs sont inquiétants », avait dit le lendemain, à Saint-Denis, Jean Castex, cité par Le Monde.

Après avoir appelé dimanche sur BFMTV à la mise en œuvre rapide d’un confinement, le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a assuré à Libération : « On n’est pas à une semaine près. » Selon Le Canard enchaîné, l’Elysée s’est « agacé » des appels lancés par plusieurs médecins à reconfiner rapidement.

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