Mes photos sur Facebook : quels risques ?

Plus de 300 millions de photos sont partagées, chaque jour dans le monde sur Facebook, Google+, Instagram, Twitter, Pinterest... Parfois sans précautions. Nos conseils pour garder la maîtrise de vos images.
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Près de six internautes français sur dix (58 %) déclarent publier des photos sur des sites, des blogs ou des réseaux sociaux, un chiffre qui atteint 86 % chez les 18-24 ans, selon une étude récente de la Cnil (TNS Sofres, novembre 2012).

Et plus de la moitié des internautes prennent des photos dans le but de les publier, notamment sur Facebook, principal site de publication en ligne.

À chaque âge ses habitudes

Trois groupes d’internautes se distinguent clairement parmi ceux publiant des photos sur les réseaux sociaux, avec pour chacun d’eux des pratiques différentes.

  • Les 13-17 ans : très actifs, ils publient principalement des photos de leurs amis et d’eux-mêmes. Ils essaient d’en contrôler l’accès, mais ne maîtrisent pas toutes les possibilités.
  • Les 18-24 ans : pour eux, la liberté de publier des photos et de les rendre accessibles (ou non) prime sur le reste. Pourtant, la plupart ont déjà été gênés par une photo publiée en réseau, près d’un tiers avouant même que cela a eu un impact négatif sur leur vie personnelle.
  • Les 51 ans et plus : ils publient des photos comme on partage un album en famille (vacances, paysages). Le risque réside donc moins dans la nature des photos que dans le manque de maîtrise des outils.

Taguage et reconnaissance faciale

L’identification par taguage des personnes présentes sur les photos se généralise : 41 % des internautes taguent leurs images et 50 % des internautes actifs sur les réseaux sociaux disent avoir été identifiés sur une photo.

Le taguage consiste à inscrire le nom d’une personne dans le fichier d’une photo la représentant. Son nom apparaîtra ensuite à chaque fois que l’on pointera sa souris sur la personne photographiée.

Cette pratique est très prisée par les 18-24 ans : 77 % d’entre eux taguent et 89 % ont déjà été tagués. Une tendance observée par Dominique Cardon, sociologue à l’École des hautes études en sciences sociales :

La prudence est donc de mise avant de céder à la tentation d’utiliser les outils de tags (identification) de personnes et la reconnaissance faciale, avertit Olivier Desbiey, expert à la Direction des études, de l’innovation et de la prospective de la Cnil :

Si l’on associe taguage des photos et reconnaissance faciale, on change la nature de la photo : ce n’est plus un simple cliché, mais un document riche en informations, qui permet de recomposer le profil complet d’un individu. D’autant que les photos en JPEG disposent souvent d’un fichier attaché (noté « .exif ») délivrant de nombreux renseignements : date, type d’appareil, réglages, lieu, droits d’auteur… Il existe heureusement des logiciels qui permettent d’effacer ces données (Photoshop, ExifTool, Exifer ou Exif Purge).

Sur Facebook, il est possible de paramétrer la façon dont une personne peut être taguée en cochant différentes fonctions : déterminer les contacts ou les listes de contacts autorisés à vous identifier, recevoir une alerte lorsqu’un contact souhaite vous identifier afin de l’approuver (ou non), ou lorsque vous êtes identifié sur une photo ou une publication.

Des photos adaptées au contenu

Il est toujours possible de limiter les effets pervers de la publication de photos, en commençant par exemple à réfléchir à la nature de la photo, au public visé, au but poursuivi… Car, ensuite, il peut s’avérer difficile, voire impossible, de la supprimer (notamment si elle a été copiée).

Certains espaces de publication et de partage de photos, totalement publics, ne permettent pas de restreindre la visibilité des photos (comme Instagram). Dans ce cas, il faut choisir la photo en conséquence et éviter d’utiliser la même sur des sites ayant des finalités différentes (Facebook, Viadeo, LinkedIn ou Meetic). Car elle peut faire l’objet d’une requête dans la partie « image » des moteurs de recherche, pour faire le lien entre les différents profils.

Dans tous les cas, vous pouvez faire effacer une photo d’un site ou d’un réseau social, en demandant à la personne qui l’a publiée de l’enlever. Si vous n’obtenez pas de réponse ou si toutes les photos signalées ne sont pas retirées, adressez-vous à la Cnil.

Attention aux outils de synchronisation !

Si de nombreux internautes disent savoir contrôler les paramètres de visibilité de leurs photos et en restreindre l’accès à certaines personnes (« amis », connaissances, membres de la famille…), l’étude de la Cnil montre qu’ils ne maîtrisent pas vraiment ces paramètres.

Par exemple, sur Facebook, on peut définir le groupe d’amis qui a accès à telle photo ou tel album. Mais ces critères de paramétrage changent souvent et requièrent une veille constante.

Pour attirer l'attention des utilisateurs sur ces problèmes, la Cnil a mis en ligne un test vous permettant de savoir quel photographe internaute vous êtes.

Par ailleurs, les nouvelles fonctionnalités de synchronisation des photos proposées par les réseaux sociaux ou par les smartphones, tablettes ou appareils photos numériques connectés accroissent les risques de mauvaises utilisations.

Il est recommandé de ne pas activer (ou de désactiver) les fonctionnalités permettant de synchroniser automatiquement les photos sur des services en ligne (Flux de photos d’Apple, Instant Upload de Google+ ou Photo Sync de Facebook) et de bien réfléchir à leur destination en cas d’activation.

Même si ces photos ne sont pas automatiquement rendues publiques, elles restent accessibles à l’éditeur du site qui pourra éventuellement les utiliser pour affiner votre profil, par exemple à des fins publicitaires…

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Laurence Fritsch
Publié le

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