Mort d’un animal : que faire de sa dépouille ?

La perte d’un animal de compagnie est toujours un moment douloureux. Très vite, pourtant, se pose la question de sa dépouille. Cas par cas, ce que vous êtes en droit (ou pas) de faire.
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Un jeune chat joue avec un golden retriever
© La perte de son animal est douloureuse, et que faire de lui quand il meurt ? © Chendongshan - Istock

Je peux l'enterrer dans mon jardin ?

OUI, mais

Libre à vous d’enterrer votre petit compagnon dans votre jardin, à la condition toutefois de respecter un certain nombre de règles. Votre terrain doit être suffisamment vaste pour que la tombe se trouve au moins à 35 mètres des premières habitations et autres points d’eau (puits, sources, ouvrages de captage ou d’adduction des eaux d’alimentation), selon l'article 98 du Règlement sanitaire départemental type.

Par ailleurs, ne mettez jamais le corps de votre lapin, hamster, chat ou petit chien dans un sac plastique. Il faut l’envelopper dans un linge ou l’installer dans une boîte (en bois ou en carton). Vous pouvez également placer sa dépouille à même la terre.

Prenez soin de creuser un trou suffisamment profond (d'au moins 1,20 mètre) afin d’éviter que d’autres animaux viennent gratter à cet endroit et le déterre.

Notre conseil : si vous vivez en lotissement, relisez le cahier des charges afin de vérifier s’il n’édite pas des règles plus strictes.

Pour un animal de plus de 40 kilos, vous n’aurez pas d’autre solution que d’avertir aussitôt un équarrisseur afin qu’il vienne retirer la dépouille de votre animal dans les 48 heures (Article L. 226-6 du Code rural et de la pêche maritime). Les coordonnées des entreprises chargées de la collecte des cadavres d’animaux sont affichées en mairie. Il vous en coûtera de 80 à 180 €.

Mon fils à jeté son poisson rouge dans les toilettes !

C'EST INTERDIT

La loi vous interdit formellement de vous débarrasser de la sorte de Bubulle ou Sushi (Article L. 226-3 du Code rural), même s'il est tout petit. Pas question non plus de le mettre dans la poubelle, de le jeter dans les égouts ou de l’abandonner dans une mare ou dans une rivière (Article 98 du règlement sanitaire départemental type). Vous encourez une amende de 3750 € (Article R. 632-1 du Code pénal). En pratique, les choses sont un peu plus compliquées, car vous ne pouvez être verbalisé que si l’infraction est constatée par un agent de police ou toute personne qualifiée.

Notre conseil : si vous trouvez le cadavre d’un animal, par exemple en vous promenant, ne le touchez surtout pas et prévenez aussitôt la mairie.

Je suis obligé de laisser mon chien chez le vétérinaire qui l'a piqué ?

NON

Si vous ne souhaitez pas récupérer le corps de votre animal, c’est la solution la plus simple, le vétérinaire contactera une société d’incinération afin qu’elle fasse le nécessaire.

Le moins cher est d’opter pour une incinération collective (il vous en coûtera de 40 à 120 €, selon le poids de l’animal). Mais vous ne pourrez pas récupérer ses cendres. Il faut en faire la demande au vétérinaire qui transmettra votre souhait à la société d'incinération.

Vous pouvez également contacter vous-même un crématorium animalier, pour une crémation collective ou individuelle (75 à 200 €).

Notre conseil : pensez à renvoyer à la Société centrale canine (ou féline) la partie B de la carte d’identification de votre animal après y avoir inscrit la date de son décès. Vous pouvez aussi contacter l'I-cad (identification des carnivores domestiques) pour signaler la mort de votre chien, chat ou furet.

Je peux acheter une concession pour mon chat ?

OUI

Il existe une quarantaine de cimetières animaliers répartis sur toute la France, votre mairie vous en fournira les adresses. Les services et les tarifs proposés sont très variables et la fourchette large :

  • de 140 à 3500 € pour une concession renouvelable jusqu'à 20 ans ;
  • comptez de 160 à 600 € si vous optez pour une inhumation dans un cercueil ;
  • environ 400 € dans une fosse en pleine terre ;
  • près de 1 000 € dans un caveau en béton.

Ceux qui le souhaitent pourront ensuite y déposer un panneau de bois pour identifier la sépulture, faire poser une pierre tombale ou y placer quelques ornements (gravures, photos sur porcelaine…). Un service de pompes funèbres peut également venir chercher votre animal pour le conduire au cimetière (de 50 à 100 €).

Notre conseil : renseignez-vous au préalable. En effet, outre les chats et les chiens, de nombreux autres animaux (souris, hamsters, poissons, oiseaux et même chevaux) sont aussi accueillis.

Garder les cendres de mon lapin chez moi, je peux ?

VRAI.

Mais à la condition de faire procéder à l’incinération individuelle de votre animal de compagnie dans un centre d’incinération animalier. Si vous optez pour une incinération collective, les cendres ne peuvent pas vous être restituées mais elles seront enfouies dans un site prévu à cet effet.

Il faut compter de 25 à 200 € (selon le poids de votre petit compagnon), auxquels il convient d’ajouter le prix d’une urne (de 30 à 250 € selon la taille et le matériau utilisé).

Le corps de votre animal peut être retiré à votre domicile (ou chez un vétérinaire). Des frais de transport sont éventuellement à prévoir en plus.

Notre conseil : si vous le souhaitez, vous pouvez demander à assister à la crémation de l’animal (uniquement en cas d’incinération individuelle).

Je suis libre de faire empailler mon perroquet ?

OUI

Selon les taxidermistes, la naturalisation permet de conserver "une image en trois dimensions" de son compagnon. Si cette pratique est légale, elle reste toutefois très chère (au minimum 300 €). Il faut également compter un délai d’attente de trois à six mois.

Notre conseil : prenez le temps de la réflexion, ce n’est pas une décision anodine. Par ailleurs, au fil des ans, la bête empaillée perd de son éclat.

Des cimetières virtuels pour les animaux

Il vous est possible d’honorer, sur des sites internet dédiés à cet effet, la mémoire de votre animal disparu. L’inscription est gratuite. En revanche, certaines options (photos supplémentaires, livre de condoléances, tombe virtuelle…) sont facturées.

df
Frederique lehmann
Mis à jour le