Virus de la tomate : comment le repérer ?

L’Anses alerte sur le risque de propagation du virus de la tomate par les jardiniers du dimanche. Quels sont les symptômes ? Quelles précautions prendre pour éviter d’infecter votre potager ? On fait le point.

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© Denisfilm

Seules deux serres dans une exploitation agricole du Finistère sont aujourd’hui touchées par le virus de la tomate en France. Mais le tomato-virus ou "tomato brown rugose fruit virus" (ToBRFV) pourrait se propager par les potagers des jardiniers amateurs.

« La difficulté, c’est qu’aujourd’hui à peu près 50 % des plants en France sont commercialisés vers le grand public, vers les jardins potagers et là, comme c’est un virus très résistant dans l’environnement, il peut passer d’un plant à l’autre par le fruit, par les feuilles, par les outils et donc contaminer de jardin en jardin », a déclaré Roger Genet, directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) lors d’un point presse au Salon de l’agriculture.

« On peut avoir une vraie situation épidémique difficile à réguler, et c’est évidemment très difficile d’aller décontaminer les jardins et les outils des gens, donc on est extrêmement vigilant sur ces introductions et, quand il y a un point d’infection, à remonter à la source pour pouvoir circonscrire », a-t-il ajouté.

Le ToBRFV peut infecter jusqu’à 100 % des plantes

Identifié pour la première fois au Moyen-Orient en 2014, le ToBRFV a fait son apparition depuis 2018 au Mexique, aux Etats-Unis, en Europe et en Asie. Sans danger pour l’homme, il représente une vraie menace pour les plants de tomates, piments et poivrons. « La dangerosité vient de sa facilité de transmission : un simple contact par les mains, les vêtements, les outils, les insectes ou tout autre support contaminé transmet la maladie à la plante », explique le ministère de l’Agriculture. Et une fois dans la plante, le virus se propage de cellule à cellule et envahit la plante entière. « Les semences, les plants et les fruits restent infectieux et peuvent véhiculer le virus sur de longues distances », explique l’Anses. Jusqu’à 100 % des plantes sur un site de production peuvent être infectées et toutes les cultures de tomates peuvent être touchées : agriculture conventionnelle, biologique, en protection biologique intégrée, sous serre et plein champ. A ce jour, aucun traitement ou aucune variété résistante au virus n’existe. La seule solution, c'est d'arracher les plants, puis de ne plus rien planter pendant quelques semaines voire quelques mois.

Comment reconnaître le virus de la tomate ?

Les symptômes du virus de la tomate sont les suivants :

  • feuilles partiellement décolorées,
  • bases des fleurs tachées de jaune ou de brun
  • fruits décolorés, avec des taches jaunes ou brunes, déformés et devenant rugueux.
© Ministère de l'Agriculture

Quelles sont les précautions à prendre ?

Pour éviter la propagation du virus sur le territoire français, le ministère de l’Agriculture recommande aux jardiniers amateurs d’éviter d’acheter des semences sur Internet, de privilégier les achats en France et de choisir des semences disposant d’un certificat ou passeport phytosanitaire garantissant leur statut indemne vis-à-vis du virus.

Il conseille également de se laver les mains avant de jardiner et après, ainsi que de désinfecter ses outils et matériels régulièrement. En cas de suspicion du virus dans son potager, il faut contacter rapidement la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAFF) de sa région pour lui signaler les signes suspects.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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