Médecines alternatives : sachez reconnaître les dérives sectaires

Oubliez les toges blanches et les divinités farfelues. Aujourd’hui les sectes ont pris le visage des médecines alternatives pour mieux asseoir leur emprise sur les individus.

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© Prostock-studio

Dans son rapport d'activité de 2016, dernier publié à ce jour, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Mivilude) recense 2323 signalements, dont 46% concernent le domaine de la santé - contre 22% en 2010. Cette évolution reflète le nouveau visage des sectes en France : elles ont leur stand dans les salons du bien-être qui pullulent un peu partout et participent à des colloques ; elles arborent les mentions « bio », « naturel », « soins », « zen », à tout bout de champs ; elles proposent des « stages », « formations certifiantes », « séminaires » ou « retraites » ; leur gourous s’autoproclament désormais « thérapeute », « naturopathes », « sophrologues » ou « coach ».

La Mivilude comptabilise ainsi plus de 400 pratiques non conventionnelles à visées thérapeutiques, 1800 structures d’enseignement ou de formation « à risques » dans le domaine de la santé, et 8000 « psychothérapeutes » autoproclamés, et autres « médecins », « kinésiologue », « guérisseur », ou « professeur » en lien avec la mouvance sectaire.

Un risque de santé publique

Il ne s’agit pas ici d’incriminer la méditation, la réflexologie, ou quelconque médecine alternative. Bien au contraire. Elles peuvent soulager certaines personnes atteintes de graves maladies, mais ne doivent en aucun cas se substituer aux médecines traditionnelles. « Tentées par des ‘‘soins miracles’’, de nombreuses personnes malades tournent le dos aux traitements conventionnels, pourtant seuls à même de combattre le cancer », déplore la Ligue contre le cancer.

Le problème est lorsque ces médecines alternatives sont utilisées comme moyen d’emprise. Prenons l’exemple de la méditation. Les neuroscientifiques se sont aperçus que ses effets prennent la forme d’un « U » inversé : au-delà d’un certain temps, la méditation entraîne un état d’inconfort extrême, plaçant l’individu dans une situation de grande fragilité. Naturellement, cette durée varie d’une personne à l’autre.

Malheureusement il n’existe plus d’annuaire d’organismes sectaires. Une circulaire de 2005 a mis fin à la liste officielle qu'établissait l'Etat. Celle-ci était jugée trop restrictive par les uns, trop abusive par les autres.  

Comment détecter une dérive sectaire ?

À chacun alors de rester vigilant et de déceler les dérives sectaires d’une personne ou d’un organisme en recoupant les signaux d’alerte détaillés ici par la Mivilude. Voici les signes qui doivent attirer votre vigilance : 

  • déstabilisation mentale
  • promesse de guérison miracle grâce aux médecines « traditionnelles » ou « alternatives »
  • rupture avec la famille, les amis, les collègues
  • rupture avec les soins et traitements conventionnels
  • vente de produits de soins ou de services (formations, stages, etc.) à des prix exorbitants
  • volonté d’embrigader des enfants
  • discours stéréotypés à toute question existentielle
  • perte d’esprit critique
  • discours antisocial et troubles à l’ordre public
  • atteinte à l’intégrité physique

« Un seul critère ne suffit pas pour établir l’existence d’une dérive sectaire et tous les critères n’ont pas la même valeur. Le premier critère (déstabilisation mentale) est toutefois toujours présent dans les cas de dérives sectaires », rappelle la Mivilude.

Les bons réflexes à avoir

Si vous devez voir un thérapeute, vérifiez au préalable s’il est bien inscrit sur le répertoire Adeli de votre région, garantissant les titres et diplômes des praticiens. L'annuaire est à consulter ici

Vous avez un doute à propos de telle ou telle pratique, d’un organisme ou d’un praticien, vous pouvez contacter la Mivilude sur cette page. Si vous subissez des comportements sectaires ou si une personne proche en est victime, agissez en sollicitant l’aide des associations suivantes :

  • Union nationale des association de défense des familles et de l'individu victimes de sectes 01 34 00 14 58
  • Centre contre les manipulations mentales 01 43 71 12 31
  • Association alerte faux souvenirs induits 06 81 67 10 55
  • Institut national d'aide aux victimes et de médiation 08 842 846 37 (numéro non surtaxé)
  • Centre national d'accompagnement familial face à l'emprise sectaire 03 20 57 26 77
df
Henri Presson
Publié le

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