Hôpital : votre arrivée aux urgences

Contrairement à l’imagerie populaire ou télévisuelle, l’arrivée aux urgences ne s’accompagne pas nécessairement de gyrophares. Dans tous les cas, les personnes qui entourent le patient sont sollicitées pour décrire son état.
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Si la personne est inconsciente ou choquée en arrivant à l'hôpital

Accident de la route, malaise cardiaque, chute grave, tentative de suicide, les causes d’entrée à l’hôpital dans un état inconscient ou un état de choc sont multiples. Dans ces cas-là, ce sont les pompiers ou le service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) qui se chargent du transport de la personne.

Quand un patient est pris en charge – que ce soit à partir de son domicile, du lieu d’un accident ou sur la voie publique –, il fait l’objet d’une "régulation" par le 15.

Les pompiers ou le SMUR conduisent donc le patient là où le 15 leur dit d’aller : soit l’hôpital le plus proche, notamment quand il y a urgence vitale, soit dans celui où il y a de la place, soit encore dans un établissement adapté au type de pathologie dont souffre le patient. Par exemple, celui qui dispose d’un service spécialisé dans la chirurgie de la main si des doigts sont sectionnés.

L’équipe d'urgence

À l’arrivée aux urgences, le patient reste sous la responsabilité des pompiers jusqu’à ce qu’un médecin l’examine. "Nous ne laissons jamais quelqu’un seul dans un couloir. Nous connaissons les équipes soignantes de l’hôpital et nous nous assurons toujours qu’un patient est vu par un membre de cette équipe avant de repartir", indique Jean-Yves Bassetti, médecin-colonel des pompiers de Montpellier.

En revanche, sauf dans le cas où l’état du patient nécessite une intervention immédiate, le patient, même amené inconscient ou polytraumatisé, devra attendre la disponibilité d’un médecin.

Si le patient a été pris en charge à son domicile, il faut savoir que l’équipe d’urgence a déjà effectué ce que Jean-Yves Bassetti appelle une "pré-hospitalisatioN". "Il s’agit de la première prise en charge, réalisée à partir d’un interrogatoire de la victime ou de son entourage. Dans le cas d’une intoxication, par exemple, nous ne partons pas sans connaître le produit qui a été absorbé. À partir de cette enquête médicale, nous rédigeons une fiche de liaison destinée à l’équipe hospitalière."

Des documents non obligatoires…mais souvent utiles






Hôpital : si la personne demeure inconsciente à l'arrivée

Lorsque le malade se présente spontanément dans un service d’urgences, il rencontre une infirmière d’accueil et d’orientation (IAO). C’est la première personne à laquelle il a affaire, la prise en charge administrative n’intervenant qu’après.

L’accueil infirmier a plusieurs buts.


Selon la situation du patient, l’infirmière d’accueil et d’orientation pose des questions sur ses antécédents médicaux et chirurgicaux. Elle peut également interroger sur la couverture vaccinale, ainsi que sur l’existence d’allergies ou d’un traitement médicamenteux.


L’attente aux urgences

Une fois ce premier tri effectué – et suivant la disponibilité des salles ou des médecins –, le patient est conduit dans une salle (ou box de soin) pour une prise en charge ou est dirigé vers la salle d’attente.

Dès que la salle appropriée se libère ou que le médecin est disponible, le patient est alors interrogé, soit par un étudiant en médecine (l’externe), soit par un interne de médecine générale ou de spécialité ou encore par un médecin urgentiste ou un senior.

Il faut alors joindre ce confrère, qui est peut-être auprès d’un patient, en consultation ou au bloc opératoire. Ceci explique que l’attente se poursuive parfois après le passage d’un médecin des urgences.

L’entretien dit de "régulation" avec un professionnel de la santé permet souvent de résoudre le problème ou d’être orienté vers une "maison médicale de garde" (solution intermédiaire entre la médecine de ville et l’hôpital), lorsqu’elle existe. Seulement 30 % des personnes arrivées en urgence ont composé le 15 avant.

L’attente aux urgences est sans doute une des causes de mécontentement et d’incompréhension les plus vives. Il est impossible d’évaluer le temps d’attente et de prendre ainsi "son mal en patience" car un nouveau venu peut passer à tout moment devant nous. Ensuite, la distorsion entre l’urgence ressentie par la victime d’une blessure ou d’un malaise et l’urgence constatée par les soignants provoque un sentiment d’abandon. Cet état psychologique amplifie les perceptions des symptômes et peut provoquer une sensation de panique. Pour lutter contre ces pensées désagréables, on se répétera que cette attente signifie aussi que notre état n’est pas trop grave.

L’accueil administratif

Selon l’organisation de l’établissement, le patient est accueilli par une secrétaire hospitalière ou un agent hospitalier qui lui demande une pièce d’identité, afin d’inscrire le patient dans un cahier qui est la main courante des urgences et, bien souvent, pour imprimer des étiquettes à son nom.

Une précaution pour identifier les radios ou les différents examens biologiques. Ces agents notent également le motif de la consultation pour orienter ensuite le patient vers le secteur chirurgical ou médical.

Pour les urgences dites "ressenties", qui relèvent de la consultation non programmée, les pièces à fournir sont les mêmes que pour une consultation. En revanche, pour les urgences vitales, les formalités administratives sont bien sûr simplifiées.

L’urgence psychiatrique

L’urgence en psychiatrie est définie comme "une demande dont la réponse ne peut être différée". Elle est liée à l’état du patient lui-même (état d’abattement extrême, délire, hallucinations, angoisse ou souffrance psychique extrême, état dépressif intense…) et à la notion de danger pour le patient ou pour son entourage (tentative de suicide, automutilation ou violence envers autrui ou envers l’environnement matériel…).

Si la personne n’a jamais été soignée, il faut appeler les pompiers (18), le Samu (15) ou, en cas de violence à autrui, la police (17). Si la personne dispose déjà d’un dossier dans un établissement, il vaut alors mieux s’adresser au service de psychiatrie où elle est suivie. Les pompiers et le Samu transporteront la personne au service d’urgence psychiatrique de l’hôpital le plus proche.

Si l’admission aux urgences doit être prolongée par une hospitalisation, il convient de rappeler que l’hospitalisation libre est la règle, comme pour tout malade, et que la personne peut décider de ne pas rester. Dans des cas très exceptionnels, quand le patient n’accepte pas son hospitalisation et qu’il présente un danger, la loi prévoit l’hospitalisation sur demande d’un tiers ou l’hospitalisation d’office, sur arrêté préfectoral, en cas d’atteinte à la sûreté des personnes.

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