Démarches, aides, accompagnement... Comment gérer son retour à la maison après une hospitalisation ?

10 min de lecture

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
© Ridofranz

Anticiper les démarches

Un passage à l’hôpital peut occasionner une perte d’autonomie, passagère ou durable, qui nécessite de penser le retour à domicile. De nombreuses aides peuvent être sollicitées, en anticipant leur demande lorsque cela est possible. Or, nous sommes peu nombreux à avoir ce réflexe.

« Chez Ressources mutuelles assistance (RMA), nous faisons le constat que seulement un tiers de bénéficiaires de complémentaires santé appellent nos services avant leur hospitalisation. Ce temps de latence entraîne un retard dans la mise en place de l’aide », explique Sophie Javelaud, directrice générale adjointe de RMA, un assisteur mutualiste spécialisé dans la santé-prévoyance et l’accompagnement psychosocial. « Toute personne qui entre à l’hôpital a droit à quelque chose. Mais si l’on ne s’est pas projeté avant, cela obligera à tout faire dans l’urgence », complète Karine Finet, assistante sociale depuis presque ving ans et fondatrice de l’agence Medicial. « Dans le cas d’une chirurgie programmée, on peut commencer à se renseigner dès la préadmission quand l’établissement la pratique. Sinon, mieux vaut ne pas attendre et entamer les démarches dans les 48 heures suivant l’hospitalisation dès lors que l’on sent qu’il va y avoir une problématique de perte d’autonomie », conseille-t-elle.

Se faire accompagner

Pour faciliter ses demandes, il est préférable d’emporter à l’hôpital un dossier comprenant notamment les copies de sa carte d’identité, de son dernier avis d’imposition, de sa carte de mutuelle et d’attestation de carte Vitale, ainsi que les coordonnées de son médecin-traitant. Les soins, traitements ou matériel médical dépendant d’une prescription du médecin bénéficient d’une prise en charge de la Sécurité sociale et des complémentaires santé. Les choses sont moins simples pour les services et prestations facilitant un retour à domicile après une hospitalisation, comme les aides pour le ménage, les courses ou la garde d’enfants ou encore l’aménagement de son logement. De multiples financeurs peuvent intervenir selon des critères principaux d’âge, de ressources et de perte d’autonomie. « Pour allouer certaines aides plutôt que d’autres, on tiendra compte des critères d’éligibilité et des besoins, mais également du caractère ou non d’urgence et de la capacité (ou la volonté) de la personne à avancer des frais », complète Karine Finet.

Pour se repérer parmi les différentes aides et pour les demander, se faire accompagner par un assistant social est primordial. « Certains dispositifs ne pouvant être mis en œuvre que depuis l’hôpital, la première chose à faire est de contacter l’assistante sociale de l’hôpital. À défaut, il ne faut pas hésiter à s’adresser au cadre infirmier », explique Sophie Javelaud. À la sortie de l’hôpital, on pourra se tourner vers différents organismes proposant un service d’accompagnement social, comme sa caisse de retraite ou de complémentaire retraite, certaines mutuelles, le centre communal d’action social (CCAS) de sa mairie ou, dans le cas d’une personne âgée, un centre local d’information et de coordination (CLIC).

En attendant d'adapter votre logement...

L’hébergement temporaire en établissement de soins ou en Ehpad constitue une alternative lorsque l’état de santé ne permet pas le retour immédiat à domicile ou qu’un délai est nécessaire pour organiser les prises en charge, les aides et les éventuels travaux d’adaptation du logement. Les coûts de ces structures sont en général pris en charge par l’Assurance-maladie, sous condition de détenir une prescription médicale. Le service social de l’hôpital pourra aider à trouver une place d’hébergement et à accomplir les démarches.

Les aides post-hospitalisation

Plusieurs aides peuvent être sollicitées pour le retour immédiat de l’hôpital, afin de faciliter la vie quotidienne pendant une durée temporaire.

Les mutuelles 

Elles constituent le tout premier interlocuteur vers qui se tourner. Le déclenchement de l’aide et les prestations servies dépendront du seul critère du contrat souscrit. « En dehors des contrats CMU-C ou ACS (complémentaire santé solidaire), toutes les complémentaires santé ont une garantie d’assistance. Sa prise en charge dépendra de la mutuelle, de la garantie choisie et des faits générateurs couverts. Certaines mutuelles, généralement assurantielles, n’interviendront, par exemple, qu’en cas d’hospitalisation imprévue ou d’une durée supérieure à quatre jours », expose Sophie Javelaud. Selon son contrat, les propositions sont variées : aide au ménage, aux courses, à la préparation de repas, téléassistance, soins de bien-être, etc. Les services sont assurés par des prestataires missionnés par la mutuelle, dans le cadre d’un conventionnement.

L’aide au retour à domicile après hospitalisation (ARDH) 

Accessible aux retraités du régime général et de certains régimes spéciaux et âgés d’au moins 55 ans, elle permet de financer des services d’aide à domicile, de portage de repas ou de télé-alarme et des petits travaux d’aménagement. Le bénéficiaire ne doit pas être affecté d’une perte d’autonomie trop importante et ne pas percevoir ou être éligible à d’autres aides, telles que la PCH ou l’APA (voir ci-dessous). « L’ARDH est un dispositif temporaire, d’une durée de trois mois maximum. Après la demande, qui est instruite par l’hôpital, une structure d’évaluation se rend au domicile de la personne et préconise un plan d’aide personnalisé », détaille Sophie Javelaud. Soumise à condition de ressources, l’ARDH peut prendre en charge entre 73 % et 90 % des coûts des prestations dans la limite d’un plafond de 1 620 euros.

L’aide au domicile des familles 

Accessible aux parents d’enfants de moins de 16 ans allocataires de la CAF ou de la MSA, sous condition de ressources, elle permet de financer pour une durée temporaire (pour les allocataires de la CAF, jusqu’à 500 heures pour des soins ou traitements de longue durée) une aide pour les tâches quotidiennes : ménage, soutien et activités auprès des enfants, démarches administratives, etc.

Les soutiens financiers en cas de perte d’autonomie durable

Lorsque le retour d’hospitalisation n’entraîne pas une fatigabilité passagère mais une perte d’autonomie durable, d’autres aides peuvent être déclenchées.

L’allocation personnalisée d’autonomie (APA)

Versée par les départements, elle est attribuée aux personnes âgées d’au moins 60 ans dont la perte d’autonomie est reconnue (Gir 1 à 4 de la grille Aggir). Elle permet de bénéficier d’une allocation régulière pour financer une aide à domicile. Son montant, de 1 732,34 euros par mois au maximum, dépendra du degré d’autonomie, du niveau de ressources et du plan personnalisé défini pour le bénéficiaire. Une aide ponctuelle peut également être accordée pour des aides techniques ou l’aménagement du logement. « Depuis le confinement, l’attribution de l’APA est plus rapide (de trois à six mois) car les retours d’hospitalisation sont priorisés. Mais le pendant est que les demandes concernant le réaménagement du logement prennent maintenant plus de temps », précise Karine Finet.

La prestation de compensation de handicap (PCH) 

Elle peut être demandée par les personnes de moins de 60 ans ou de 60 ans ou plus toujours en activité auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Son montant, qui dépend du niveau de ressources et des formes d’aides demandées, permet de financer différentes dépenses liées au handicap, telles que l’aménagement du logement ou du véhicule, ou une aide humaine pour les actes de la vie quotidienne. « La grande différence de la PCH avec l’APA, c’est qu’elle ne permet pas de financer une aide-ménagère pour l’entretien du logement. Il faudra pour cela trouver d’autres financements, tels que l’action sociale de l’Assurance-maladie », prévient Sophie Javelaud.

Les aides pour l’aménagement de son logement 

Elles peuvent intervenir en complément des autres financements pour lancer différents travaux d’adaptation de l’habitat : installation d’une rampe d’accès, d’une douche, d’un W.-C. rehaussé, etc. « Un des premiers partenaires pour anticiper l’aménagement de son logement est l’Agence nationale pour l’aménagement de l’habitat (Anah). Au-delà de l’aide au financement de travaux, elle peut aussi accompagner pour la recherche d’autres soutiens financiers et pour les démarches administratives. Outre les aides de l’Anah, il existe aussi l’aide “Bien vieillir chez soi” pour les retraités ou les aides d’Action logement », détaille Sophie Javelaud.

D’autres pistes à creuser

Si l’on n’entre pas dans les critères des aides principales pour financer un reste à charge ou un service non couvert, on peut se tourner vers les services d’action sociale de différents organismes. Ceux-ci étudient chaque cas en fonction des ressources et de paramètres qui leur sont propres. Parmi les interlocuteurs à qui s’adresser : son conseil départemental (par le biais du CCAS de sa commune ou la MDPH) et, en fonction de ses cotisations, sa caisse d’Assurance-maladie, sa mutuelle ou sa caisse de retraite ou de complémentaire retraite. « Selon la pathologie, ne pas hésiter à solliciter les associations. Dans certains départements, la Ligue contre le cancer peut aider à financer le portage de repas ou une aide-ménagère après une hospitalisation », complète Sophie Javelaud. Enfin, les diverses dépenses engagées bénéficient souvent d’un crédit d’impôt, « de 50 % pour les aides à domicile et de 25 % pour l’adaptation du logement. On y est éligible, même si l’on est non imposable », rappelle Karine Finet.

Les aides à solliciter pour financer son retour à domicile (hors action sociale)
NomFinanceurMontantDuréeConditions (âge)Conditions (ressources)Conditions (autonomie)Aides techniquesAide-ménagèreAdaptation au logement
ARDHCaisse de retraite Jusqu'à 620 €3 mois           x                x                x           x          x                x

APA

Département

Maximum :

1732,34 € /mois

           x                x                x           x          x                x
PCHDépartementSelon aides           x                x                x           x                 x
Mutuelles Selon contrat               x          x                x
Aide au domicile des famillesCAF ou MSASelon quotient familial Jusqu'à 400h (MSA) ou 500h (CAF)                 x            x 
Aides de l'AnahAnahJusqu'à 10 000 €                  x                                         x
Adaptation du logement au vieillissement Action logementJusqu'à 5 000 €           x                x                x                  x

 

A lire aussi