Comment aider une victime de violences conjugales ?

Vous devez réagir rapidement si l'une de vos proche est concernée par des violences conjugales. Demandez-lui ce que vous pouvez faire pour l'aider. Soyez à son écoute sans la juger. Il est avant tout très important de la mettre en confiance. Et contactez le 3919, le numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés.

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4mn de lecture
Témoin de violence conjugale, aidez la victime à signaler les faits
© Monsieur ZUT-Lila Pik

Le 11 décembre 2019, Aurélien Pradié, le rapporteur de la commission mixte paritaire sur les violences au sein des familles déclarait à l'Assemblée nationale : «Le 10 octobre dernier, je décomptais à cette tribune le nombre de femmes tuées par leur compagnon dans notre pays. Elles étaient alors 117. Si je devais faire ce décompte aujourd’hui, j’égrènerais les morts jusqu’à 142. À ce rythme-là, dans quelques mois, mes quelques minutes de temps de parole n’y suffiront plus ».

Parler et maintenir le lien

> Même s’il peut être difficile de recueillir la parole d’une victime de violences conjugales (votre enfant, une soeur, une amie…), ne tentez pas d’apporter une solution, ce n’est pas ce qu’elle vous demande. Seulement une écoute attentive et empathique. Bannissez toutes les phrases qui commencent par « il faut » partir, le quitter, porter plainte… Dites-lui simplement que vous la croyez. Pensez à la valoriser, car elle ressent sûrement une perte d’estime d’elle-même : elle a le courage de parler, de vous faire confiance…

> N’émettez aucun jugement de valeur. Raccrochez-vous à la loi. Les insultes, les coups, la privation des ressources du foyer, de ses papiers, de travail, les relations sexuelles non consenties… tout cela est pénalement répréhensible. C’est la meilleure des attitudes à adopter. Présentez-lui le 3919, numéro d’écoute national Violences Femmes Info, appel gratuit et anonyme dont le numéro n’apparaît pas sur les factures.

Rassembler des preuves

> Il est important de faire constater les blessures par un médecin, à l’hôpital de préférence. Votre proche n'est peut-être pas prêt à utiliser ces certificats médicaux mais, plus tard, ces pièces pourraient être essentielles pour prouver les violences subies. Au minimum, prenez des photos, si possible avec un journal daté à côté. Imprimez les SMS, mails, etc. de menaces ou d’insultes reçus. Enfin, rédigez spontanément une attestation pour indiquer les faits auxquels vous avez assisté ou que vous avez constatés personnellement (Cerfa n° 11527*03 disponible sur Service-public.fr).

Porter plainte

> Ne brusquez pas la victime : elle sait qu’elle doit porter plainte, mais souvent, elle ne peut pas encore agir. C’est généralement après des années d’emprise qu’elle trouve la force de faire valoir ses droits, lorsqu’elle est prête à partir. Si possible, accompagnez-la dans cette démarche quand elle s’en sent capable.

Préparer un départ

> Mieux vaut ne pas partir dans l’urgence, pour pouvoir s’organiser. Proposez-lui de conserver chez vous des documents importants, comme la copie du livret de famille, les justificatifs de ressources, les pièces d’identité, la carte grise, le carnet de santé, les preuves des violences collectées, le double des clés.

> Conseillez-lui d’ouvrir un compte bancaire à son nom, afin de recevoir ensuite les aides financières, de se rapprocher d’une association pour se mettre en attente d’un hébergement temporaire. Le jour du départ, elle doit être accompagnée car les victimes tuées le sont souvent au moment de la séparation. L’auteur voit « son objet » lui échapper. La crise est forcément violente.

Obtenir une ordonnance de protection

> Deux procédures en justice peuvent être lancées.

  • La première au pénal, après un dépôt de plainte, qui peut aboutir à une condamnation, tel un sursis avec mise à l’épreuve et interdiction de s’approcher de la victime.
  • La seconde au civil par le juge aux affaires familiales (JAF) en demandant une ordonnance de protection avec le Cerfa n° 15458*02 (sur Service-public.fr). Le JAF pourra préciser lequel des époux, concubins ou partenaire continuera à résider dans le logement et il statuera sur les modalités de prise en charge des frais. Il interdira à l’auteur des violences d’entrer en relation avec la victime, les enfants et il se prononcera sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale.

GRENELLE : 5 ANNONCES DU PREMIER MINISTRE

Lors du lancement du Grenelle contre les violences conjugales, le 3 septembre dernier, Édouard Philippe a annoncé plusieurs mesures de lutte.

• 1 000 nouvelles places d’hébergement et de logements temporaires à partir du 1er janvier 2020.

• L’accès des femmes victimes. à la garantie Visale (garantie locative) pour trouver un logement plus facilement.

• La mise en place d’un bracelet électronique antirapprochement, 48 heures après le prononcé de la mesure par le juge pénal ou le juge aux affaires familiales.

• La limitation de l’exercice de l’autorité parentale du parent violent.

• La possibilité, partout en France, de déposer plainte dans les hôpitaux lorsqu’une victime se rend aux urgences pour coups et blessures. 

 

df
Rosine Maiolo
Publié le

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