Aides auditives : retrouvez une bonne ouïe au juste prix

Récupérer une bonne audition à l'aide de ces appareils est un investissement en temps et en argent. Nos conseils pour faire le tri parmi les centaines de modèles existants et trouver l'accompagnement approprié.

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© peakSTOCK

Sur les 6 millions de personnes touchées par une baisse d’audition en France, près de la moitié renoncerait à s’équiper en raison du coût élevé des aides auditives selon l’Inspection générale des affaires sociales. « Il existe aussi un frein psychologique, surtout dans le cadre de la presbyacousie – la baisse de l’audition due à l’âge – qui intervient à partir de 50 ans, car l’appareillage auditif est un marqueur du vieillissement ou du handicap », souligne Patrick Tonnard, de chez Audika. Mais attention : « ne pas corriger son audition entraîne des problèmes d’isolement voire de dépression sans oublier les soucis cognitifs qui peuvent se développer, le cerveau n’étant pas stimulé ». Pas à pas, voici comment trouver prothèses à vos oreilles et à votre budget.

Sélectionner l'audio-prothésiste pour un suivi au long cours

Aller consulter un ORL pour poser un diagnostic puis pousser la porte d’un audioprothésiste doit être le réflexe à adopter dès les premières manifestations d’une perte d’audition. « L’oreille est un système qui transforme une information vibratoire en information électrique, mais quand ce système devient déficient, tout le réseau de nerfs et de neurones s’atrophie ou se désorganise, explique Anne Marchand, audioprothésiste chez Amplifon. D’où l’importance de réagir au plus tôt pour maintenir en activité les structures nerveuses et corticales. »

N’hésitez pas à visiter plusieurs enseignes, de préférence près de chez vous, en vue de faire jouer la concurrence, et surtout pour confier votre ouïe à un professionnel avec lequel vous vous sentirez en confiance. « Au début, je voulais simplement entendre à nouveau et j’ai sous-estimé l’importance d’un bon audioprothésiste qui appréhende les réglages adaptés à chaque pathologie, nous confie Sidonie, touchée par une otospongiose. Mes premiers réglages ont été faits sans transition avec ma surdité, et le fait de tout entendre à nouveau a provoqué une surcharge sonore que j’ai très mal supportée et qui m’a dégoûtée de porter des appareils. »

« C’est comme de l’horlogerie, une mécanique de précision, remarque Jean-Pierre, appareillé depuis ses 30 ans : en général, il convient de revoir son audioprothésiste, pour ma part une dizaine de fois, avant d’être parfaitement à l’aise, jusqu’à presque oublier qu’on porte ces appareils. »

Tout bon audioprothésiste doit réaliser un contrôle à l’issue d’un mois d’essai gratuit pour vérifier qu’il n’y a pas de souci d’utilisation ou de manipulation, puis un autre à trois mois afin de constater l’adaptation du cerveau et évaluer le besoin de procéder à l’équilibrage des appareils. Ensuite, une visite semestrielle est indispensable.

Des aides pour financer les appareils des actifs

Pour s’équiper d’appareils dernier cri, Jean-Pierre s’est fait aider financièrement en tant qu’actif de moins de 60 ans. « J’ai demandé une carte d’invalidité auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), qui est la condition sine qua non pour faire une demande de Prestation de compensation du handicap (PCH). Cette aide corrélée à celle accordée par l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph, soit 700 € pour une prothèse, 1 400 € pour deux) et au remboursement de ma mutuelle et de la Sécurité sociale, m’a permis de couvrir l’intégralité du montant de mes appareils, soit 4 200 €. » Ce type de coup de pouce est aussi accessible aux professionnels libéraux, commerçants, artisans, salariés de la fonction publique (auprès du Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique, FIPHFP) ou aux actifs de moins de 75 ans qui remplissaient les conditions pour en bénéficier avant leurs 60 ans. Renseignez-vous auprès de votre MDPH.

Choisir des prothèses adaptées à votre mode de vie

Pour corriger les pertes auditives, il existe trois formes d’appareils. D’abord les intra- auriculaires, de tout petits appareils moulés sur mesure dans le conduit auditif, « ils répondent à une motivation de discrétion puisqu’ils peuvent être invisibles, précise Patrick Tonnard. En contrepartie, ils nécessitent un entretien plus rigoureux, mais ne conviennent pas aux conduits auditifs trop petits ».

Ensuite les mini-contours très discrets, composés d’un petit boîtier placé derrière le pavillon et d’un écouteur à mettre dans le conduit, « ils permettent de corriger les pertes d’audition plus importantes et peuvent être rechargeables, ce qui lève la contrainte d’un changement de pile par semaine », indique Patrick Tonnard.

Enfin, plus gros, le contour d’oreille, lui, s’adapte à des pertes auditives très importantes, ainsi qu’aux personnes âgées puisqu’il est plus facile à manipuler. « Le choix dépend aussi de l’anatomie du conduit, notamment la qualité du cartilage (très souple ou dur), des pathologies passées, de la perte d’audition et de l’âge de la personne », précise Anne Marchand. L’erreur à éviter est d’aller au moins cher, comme Sidonie, qui a vite déchanté : « c’était en réalité de simples amplificateurs de sons, on se retrouve à tout entendre trop fort : je peinais à écouter la personne qui me parlait en face, mais j’entendais un éternuement dans la pièce d’à côté. »

« La malaudition est une problématique où il ne convient pas de penser économies, mais confort de vie, ce qui passe par des appareils “intelligents”, qui s’adaptent à l’environnement pour offrir le meilleur résultat possible », conseille Jean-Pierre, qui incite à réaliser un comparatif, devis à l’appui, les tarifs pouvant parfois varier de plusieurs centaines d’euros sur des modèles similaires à prestations égales (garantie, suivi, etc.).

Avec le 100 % Santé, un reste à charge de 0 euro pour les petits budgets
 20202021
Prix max. de vente des appareils de Classe I1 100 €950 €
Base de remboursement de la Sécurité sociale (Classes I et II)350 €400 €
Remboursement de la Sécurité sociale (Classe I et II, 60 %)210 €240 €
Reste à charge max. pour des Classe I après intervention complémentaire santé responsable750 €0 €
Remboursement max. des Classe IISelon les garanties de la complémentairePlafonné à 1 700 € (Sécu + complémentaire)

Favoriser les options et fonctionnalités qui vous seront utiles

Le prix des prothèses auditives fait le grand écart avec une fourchette allant de 900 euros dans le moyen de gamme à 2 000 euros par oreille à équiper, « il intègre à la fois l’appareil et la prestation délivrée au patient pendant toute la durée de vie de la prothèse, évaluée à cinq-six ans », insiste Patrick Tonnard.

Si les modèles d’entrée de gamme n’offrent qu’un nombre limité de canaux de réglage et deux à trois options, comme la position T, qui permet de capter les sons diffusés dans les lieux publics équipés (cinéma, théâtre, musée...) ou la compatibilité avec une application mobile pour effectuer certains réglages, plus on monte en gamme, plus les fonctionnalités proposées sont nombreuses : réglages à distance par l’audioprothésiste, amplification sélective des sons automatique, étanchéité...

« La grande tendance est aux appareils rechargeables grâce à des boîtiers dédiés (environ 200 euros, mais non remboursés), détaille Anne Marchand. Une option qui va de pair avec la fonction “streaming” permettant de connecter ses aides en Bluetooth à son smartphone (pour recevoir ses appels notamment), à son baladeur numérique ou à sa télé, et les transforme en oreillettes qui corrigent aussi l’audition. »« Leur avantage, est la quantité de réglages qu’on peut faire soi-même, explique Sidonie : écouter un son apaisant ou anti-acouphènes, éteindre le micro pour ne pas percevoir les bruits extérieurs, ou la fonction Restaurant afin de ne pas entendre les sons de la salle, mais juste les personnes en vis-à-vis. »

Attention, toutefois, tous les smartphones ne sont pas compatibles, certaines prothèses ne fonctionnant pleinement qu’avec les iPhones d’Apple. L’accès à ces bijoux de technologie est conditionné à la prise en charge par votre complémentaire, « quelques-unes remboursent extrêmement bien, cela permet d’aller sur du haut de gamme si votre reste à charge est faible », conseille Patrick Tonnard.

« Quand envisager un renouvellement ? »

L'avis d'Anne Marchand, audioprothésiste chez Amplifon

Au-delà de la garantie fournisseur, le suivi prothétique tous les six mois se poursuit. En cas de panne, il s’agit d’examiner s’il est pertinent de changer d’aides auditives. L’occasion de vérifier que l’appareil amplifie aussi bien qu’avant, qu’il n’y a pas de distorsion ou si le porteur ne ressent pas davantage de gêne dans un environnement bruyant. Il est possible de les réparer puisque les fabricants s’engagent à fournir des pièces détachées pendant dix ans, mais ces appareils n’étant plus sous garantie fabricant au-delà de quatre, les réparations sont donc à la charge de l’utilisateur ensuite. Nombreux sont ceux qui préfèrent ainsi renouveler leur équipement, notamment pour bénéficier des dernières avancées technologiques, et d’un timbre plus naturel.

Obtenir la meilleure prise en charge

Votre budget est contraint ? Pour vous équiper ou renouveler vos appareils, attendez le 1er janvier 2021, date à laquelle la réforme « 100 % Santé » sera pleinement effective, avec un reste à charge nul après intervention de l’Assurance- maladie et de votre complémentaire santé « responsable ».

Il faudra pour cela choisir parmi les orthèses de « Classe I » dont le prix sera plafonné (voir tableau) et qui répondront au cahier des charges fixé par le gouvernement : notamment douze canaux de réglage, quatre ans de garantie, trois options au minimum (système Bluetooth, anti-larsen, réduction de bruit...). « Il s’agit d’appareils de gamme moyenne des années passées qui restent corrects, mais ne bénéficient pas des dernières évolutions techniques ni de toutes les options », prévient Anne Marchand. « Techniquement, ils répondent aux besoins essentiels d’audition, renchérit Patrick Tonnard, la personne va mieux entendre, mieux comprendre dans un endroit calme, mais la qualité ne sera pas optimale dans un environnement bruyant. »

Par contre, les appareils à prix libre, les Classe II, verront leur remboursement global limité à 1 700 euros par oreille. Si les garanties offertes par votre complémentaire sont aujourd’hui plus généreuses et que vous visez des aides auditives haut de gamme, l’intérêt d’acquérir votre équipement avant le 31 décembre 2020 prend alors tout son sens. À moins que vous ne puissiez bénéficier d’aides complémentaires

Bon à savoir : les devis des audioprothésistes doivent désormais intégrer une offre 100 % santé, même si le client n'est pas demandeur. A noter : on ne peut se faire rembourser son équipement tous les quatre ans.

 

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