Voyager avec un handicap

Handicap et tourisme ne font souvent pas bon ménage. Des solutions existent avec des voyagistes spécialisés, des entreprises de transports et des associations pour voyager en France ou à l’étranger. Explications.

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Trouver un hébergement accessible

La France demeure un élève moyen en Europe pour rendre accessibles aux personnes handicapées des sites de vacances. De nombreux propriétaires croient rendre leur logement accessible en installant une simple rampe d’accès, sans penser qu’une porte trop étroite ou une cuisine mal adaptée interdisent la vie au quotidien. Pour le handicap mental, trop peu d’hébergements sont sécurisés et comportent une cuisine, une salle de bains et des fenêtres que l’on peut verrouiller.

Cependant, certains organismes, comme les Gîtes de France ou Clévacances, mettent en avant, dans leurs critères de choix, la labellisation Tourisme et Handicap. Mis en place en 2003, ce label porte sur quatre familles de handicap (moteur, mental, auditif et visuel) et définit des critères d’aménagement.

Par exemple, un hébergement affichant un logo représentant un fauteuil roulant garantit, entre autres, des portes d’une largeur de 77 cm minimum ; le logo reproduisant le dessin d’un œil barré implique, lui, que les chiens d’assistance et les chiens guides soient acceptés sans surcoût.

Tous les types d’hébergements (hôtels, villages de vacances, maisons familiales, chambres d’hôtes, auberges de jeunesse, résidences de tourisme, locations de meublés et de gîtes, campings, etc.) peuvent recevoir ce label. Les établissements de restauration (restaurants, bars, etc.), les sites touristiques (monuments, musées, châteaux, jardins, etc.) ainsi que les sites de loisirs (parcs, salles de spectacle, etc.) également. En 2018, plus de 5 500 sites en étaient détenteurs, dont 2 260 qui l’ont obtenu pour les 4 familles de handicap.

Pour trouver un hébergement accessible selon vos besoins, rendez-vous sur le site de la direction générale des entreprises, www.entreprises.gouv.fr.

Plus original, l’échange d’appartement ou de maison permet de partir dans l’Hexagone ou à l’étranger à moindre coût en troquant avec d’autres personnes handicapées. La plateforme TaKahut, lancée en 2019, permet l’échange de logements accessibles entre particuliers à mobilité réduite (handicap moteur). La plateforme Homeexchange permet également l’échange de maisons entre personnes handicapées.

Prendre les transports avec un handicap

> Prendre le train

Pour se déplacer, la SNCF propose aux passagers handicapés une assistance gratuite à l’embarquement et au débarquement, avec le service Accès Plus (accessibilite.sncf.com) qui doit être réservé au moins quarante-huit heures avant le départ. Ce service est valable pour les voyages dans les trains nationaux (TGV, TGV Inoui, Intercités, Ouigo) et internationaux, ainsi que dans les TER en correspondance avec les trains nationaux. Il prévoit le portage d’un seul bagage, de 15 kilos maximum. Les voyageurs handicapés peuvent également bénéficier d’une priorité dans les files d’attente et de réductions spécifiques. S’ils possèdent une carte d’invalidité, et selon les mentions indiquées, l’accompagnateur peut profiter d’avantages tarifaires. Le service est ouvert tous les jours de 7 heures à 22 heures.

> Prendre l’avion

Depuis juillet 2008, un règlement européen impose aux compagnies aériennes de garantir aux personnes à mobilité réduite le même accès à bord qu’aux autres passagers (des exceptions sont possibles pour des raisons de sécurité ou si l’avion est trop petit). Elles doivent fournir une assistance gratuite dans les aéroports et à bord des avions, comme le transport des fauteuils roulants ou des chiens d’aveugle. Pour en bénéficier, mieux vaut prendre contact avec la compagnie, le vendeur de billet ou le tour-opérateur au moins 48 heures avant le départ.

Prise en charge des bagages, parcours facilité à l’aéroport, équipements spéciaux à bord… De la réservation à la sortie de l’avion, Air France propose, depuis 2001, son propre service gratuit d’assistance aux personnes handicapées ou à mobilité réduite. Baptisé Saphir, il est disponible au départ de la France métropolitaine, des départements d’outre-mer (Cayenne, Fort-de-France, Pointe-à-Pitre, La Réunion) et de 19 autres pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, Inde, Irlande, Italie, Luxembourg, Mexique, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède et Suisse). Pour plus de facilité, il est possible de demander une carte Saphir. Gratuite et personnelle, elle permet de ne pas avoir à décrire son handicap ou besoin à chacun de ses voyages. La demande d’assistance doit être effectuée au moment de la réservation du billet, au moins 48 heures avant le départ. Elle peut être effectuée auprès de Saphir, de l’agence de voyage ou directement en ligne sur le site airfrance.com.

> Prendre le bus

Les bus Blablabus (anciennement Ouibus) sont accessibles aux personnes à mobilité réduite et handicapées. Pour être accueilli et pris en charge par le personnel, il faut contacter le service client de la compagnie au moins 36 heures ouvrées avant le voyage au 01 71 53 01 80 (appel non surtaxé). Le fauteuil sera rangé en soute ou vous monterez à bord avec. Vous pouvez voyager avec votre chien guide ou d’assistance.

> Prendre un taxi

Concernant les déplacements en taxi, l’offre de véhicules adaptés pour accueillir des personnes à mobilité réduite est très hétérogène selon les villes. A Paris par exemple, deux sociétés de taxis en proposent : G7 et son service Access (01 47 39 00 91), qui compte plus de 120 véhicules équipés d’une rampe d’accès, et Taxi Parisien PMR. Les taxis sont disponibles 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et le prix de la course est identique à celui d’un taxi classique (selon la tarification préfectorale en vigueur applicable à tous les taxis parisiens).

Dans toute la France, le réseau Ulysse (ulysse-transport.fr) met à disposition, 7 jours sur 7, des véhicules aménagés pour les personnes en fauteuil roulant et propose des chauffeurs-accompagnateurs. Plus de 90 agences sont réparties sur le territoire national et à La Réunion.

> Louer une voiture

Le site Wheeliz permet aux propriétaires d’une voiture aménagée – avec une rampe et/ou un poste de conduite adapté – de louer leur véhicule directement à une autre personne en fauteuil roulant, partout en France, à partir de 45 euros par jour. L’assurance tous risques MAIF est incluse dans toutes les locations. En cas de panne ou d’accident, MAIF Assistance intervient 24 heures sur 24 pour dépanner le véhicule et prendre en charge les passagers.

Les personnes handicapées aussi peuvent barouder

Pour continuer ses balades en montagne aux côtés de son neveu myopathe, Joël Claudel a conçu un fauteuil mono-roue muni de brancards, appelé Joëlette. Il permet, avec l’aide de deux personnes, d’emprunter les sentiers de randonnée malgré un handicap moteur.

Grâce à cet appareil, depuis 32 ans, l’association Handi Cap Évasion organise, avec ses 400 accompagnateurs-porteurs bénévoles, 25 séjours proches de la nature, non seulement dans toute la France mais aussi dans les Carpates roumaines ou le djebel marocain (de 300 € à 600 € la semaine + 30 € d’adhésion).

Pour les amateurs d’exotisme, de nombreuses destinations vers l’étranger s’avèrent à portée de roue. Le Sénégal avec Ailleurs & Autrement ; le Chili et l’Argentine à découvrir avec Korke ; ou encore le Québec avec La Route accessible.

Demander des aides pour voyager

Pour compenser le surcoût lié à l’obligation d’être accompagné ou aux frais de transport, les personnes handicapées peuvent solliciter des aides auprès de plusieurs organismes :

df
Catherina Catsaros - Sarah Corbeel
Mis à jour le

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