Sida : prévenir et soigner au féminin

Sida : prévenir et soigner au féminin

Beaucoup de femmes méconnaissent les risques particuliers qu'elles courent face au virus du sida. Elles constituent pourtant une population exposée, de plus en plus touchée par l'épidémie.

L'épidémie de sida a changé de visage. Le virus (VIH) se transmet désormais majoritairement par voie hétérosexuelle, et la proportion des femmes contaminées n'a cessé de croître.

Parmi l'ensemble des personnes atteintes par le virus, 40 % sont des femmes. Et dans certaines tranches d'âge, l'état des lieux est particulièrement inquiétant : 68 % des 15-24 ans qui découvrent leur séropositivité sont des femmes.

Les associations tirent la sonnette d'alarme et agissent pour que la prévention et l'accès aux soins ciblent davantage la population féminine. Le préservatif féminin, encore trop cher et méconnu en France, fait l'objet de campagnes de promotion.

Oser imposer une protection contre le VIH

Beaucoup de femmes ont encore du mal à se prémunir contre le virus. La majorité d'entre elles ignorent le fait qu'elles constituent une population "à risque".

Il faut dire que, jusqu'à une date récente, quasiment aucune campagne n'a été organisée par les pouvoirs publics à leur intention, dans un contexte où, d'une manière générale, la vigilance par rapport au virus se relâche.

Une fois sur deux, lorsque l'homme refuse de mettre un préservatif, la femme accepte quand même d'avoir une relation sexuelle.

Sida : des risques à tous les âges

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la prise de risque n'est pas l'apanage d'adolescentes encore peu sûres d'elles et de leur sexualité, ni celui de femmes méconnaissant les règles de prévention à cause d'un faible niveau d'éducation et d'une moindre autonomie. Elle concerne au contraire une partie beaucoup plus large de la population féminine.

Et notamment après un divorce, beaucoup de femmes de 40 ou 50 ans n'osent pas exiger de leur partenaire qu'il mette un préservatif. Elles ont peur de paraître trop exigeantes et de diminuer leurs chances de séduction.

Sans oublier que, après de longues années de vie conjugale beaucoup de ces quadra et quinquagénaires n'ont tout simplement pas l'habitude de se sentir concernées par le VIH.

Situations précaires et exposition au VIH

Aujourd'hui, ce sont les femmes en situation précaire qui paient le plus lourd tribut à l'épidémie. Quant aux femmes immigrées, elles subissent de plein fouet la hausse des contaminations : en France, la majorité des femmes malades contaminées par le virus sont originaires d'Afrique sub-saharienne.

Pour des soins adaptés aux femmes

Les femmes n'ont pas focalisé l'attention des chercheurs et des laboratoires pharmaceutiques. Les effets secondaires des traitements au long cours (trithérapies, quadrithérapies) ont surtout été étudiés chez les hommes.

Au nombre de ces effets, on compte notamment les lipodystrophies (accumulation de graisse sur le thorax, les seins et le visage), qui modifient la silhouette, et que les femmes vivent particulièrement mal.

Beaucoup d'études restent également à mener pour l'élaboration de posologies plus adaptées à l'organisme féminin.

Les statistiques montrent aussi que, lorsqu'elles sont diagnostiquées séropositives, les femmes accèdent plus tardivement que les hommes au dispositif de soins. Un retard qui touche, là encore, en priorité les plus démunies.

Les femmes sont plus vulnérables aux MST

La femme est plus vulnérable que l'homme aux MST en général et au VIH en particulier. Au cours de relations hétérosexuelles, la transmission du virus du sida s'effectue plus facilement dans le sens homme-femme : le virus est en effet beaucoup plus présent dans le sperme que dans les sécrétions vaginales, et l'anatomie féminine offre une surface d'entrée plus étendue au virus.

La présence de petites lésions dans le vagin ou sur le col de l'utérus, ou bien l'existence d'une autre MST non détectée et pas soignée, ou encore le fait que la femme soit en période de règles constituent des circonstances qui aggravent encore les risques.

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