Prévenir et traiter une intoxication alimentaire

Prévenir et traiter une intoxication alimentaire

Vomissements, diarrhées, maux de tête sont les principaux symptômes d'une intoxication alimentaire. Reconnaître ces manifestations fréquentes après les fêtes ou en été permet de mieux les traiter.

Les victimes d'un intoxication alimentaire sont contaminées par un germe présent dans leur alimentation.

Parmi les plus connus, on trouve les listeria et les salmonelles. Toutes les deux sont des bactéries naturellement présentes dans certains de nos aliments. À l'état de traces, elles ne présentent pas de risque pour le consommateur. Mais en se multipliant, elles peuvent provoquer de graves infections.

L'été est la saison de prédilection de ces intoxications, car la température élevée favorise le développement des bactéries. Celles-ci s'en prennent en priorité aux œufs, aux produits laitiers, aux fromages affinés ainsi qu'aux viandes.

Vomissements, diarrhée, fièvre, maux de tête…

Les symptômes surviennent dans les deux à trois heures suivant le repas. Ce sont :

  • des vomissements,
  • des diarrhées,
  • le mal de ventre,
  • parfois une fièvre élevée (39 à 40 °C) et des maux de tête. 

Dans un premier temps, mieux vaut ne pas prendre de médicaments antidiarrhéiques ou antivomitifs, car la diarrhée et les vomissements aident à expulser les bactéries de l'organisme.

Surveiller son alimentation

Il faut simplement imposer au système digestif un repos complet d'au moins vingt-quatre heures. Ce qui veut dire adopter un régime strict mais boire beaucoup d'eau minérale riche en sodium (type Vichy), pour compenser la perte en minéraux, mais aussi du bouillon et des boissons légèrement sucrées afin d'éviter la déshydratation.

Dès le lendemain, il est possible de s'alimenter, mais progressivement et en privilégiant des aliments peu agressifs pour le tube digestif, comme le riz, les légumes cuits, des biscottes, les purées de carottes et de pommes de terre et les bananes mûres.

Peu à peu, on peut revenir à un régime normal. Il est recommandé d'attendre le rétablissement total avant de consommer des aliments irritants, comme les fibres (crudités et céréales à grains entiers), les produits laitiers, les fritures, les charcuteries et les pâtisseries. Enfin, mieux vaut éviter pendant quelques jours l'alcool, les boissons à base de coca, le café, le thé et les épices.

Intoxication alimentaire : quand consulter le médecin ?

"Souvent, les symptômes s'atténuent dès le lendemain, puis disparaissent en deux à cinq jours sans intervention médicale. S'ils persistent et que le malade rejette tous les liquides qu'il tente de boire, mieux vaut consulter un médecin pour prévenir tout risque de déshydratation", conseille Béatrice de Raynal, nutritionniste à Paris.

Le médecin évalue le degré de gravité par un examen physique, des analyses de sang et d'urine. Dans les cas les plus graves, des échantillons des selles sont envoyés au laboratoire afin d'identifier la bactérie. Le médecin peut prescrire un antibiotique intestinal et des ralentisseurs du transit afin de juguler les selles liquides. En cas de douleurs, un antispasmodique complète le traitement. Avec celui-ci, tout doit rentrer dans l'ordre en quarante-huit heures.

Attention aux bébés et aux seniors !

Généralement sans gravité, les intoxications alimentaires peuvent se révéler dangereuses lorsqu'elles frappent les nourrissons, les enfants en bas âge et les personnes âgées, qui se déshydratent plus rapidement que les autres, leurs moyens de défense étant moindres.

Dès que ces symptômes se déclarent, mieux vaut consulter tout de suite un médecin. Si celui-ci estime que le risque de déshydratation est important, il peut proposer quelques jours d'hospitalisation. La réhydratation et le traitement médical sont alors administrés par voie intraveineuse.

Une attention particulière doit être apportée aux femmes enceintes, qui, une fois contaminées, peuvent craindre une infection généralisée, pire une méningite. Un suivi médical est indispensable. 

Allergie et intoxication : quelle différence ?

Une intoxication alimentaire est bien différente d'une allergie. La première résulte de la consommation d'une bactérie qui a contaminé nos aliments. Dans le cas d'une allergie, l'aliment est sain, mais l'organisme de la personne allergique ne le supporte pas et le perçoit à tort comme dangereux. Quand elle le consomme, l'organisme produit, pour se défendre, des anticorps spécifiques de l'allergie, qui déclenchent à leur tour des symptômes comme des plaques d'eczéma ou des problèmes respiratoires…

> Quelques conseils pour éviter une intoxication alimentaire

Respecter la chaîne du froid

Pour se prémunir contre ces intoxications, lorsqu'on fait ses courses, "il est recommandé de suivre un ordre précis, explique le Dr Saldman, médecin spécialiste en hygiène alimentaire à Paris. Mieux vaut commencer par les boissons et les produits d'épicerie sèche, car ils se conservent à température ambiante, ensuite les fruits et légumes, les aliments du rayon frais et enfin les surgelés, car ils ne tiennent que trente minutes en dehors du congélateur. Pour les ramener chez soi, il faut se munir d'un sac isotherme dans lequel on met les surgelés ainsi que les œufs, les laitages et les viandes."

Il est aussi important de ne pas ranger les aliments n'importe comment dans son réfrigérateur. Dans la partie la plus froide, comprise entre 0 et 4 °C (en règle générale, juste au-dessous du bac à glaçons), c'est la place des viandes, du poisson, des charcuteries, des petits plats faits maison, des barquettes traiteur et des laitages. Dans la zone intermédiaire, dont la température est comprise entre 4 et 6 °C, il faut entreposer les légumes et les fruits cuits, ainsi que les fromages affinés. La partie la moins froide du réfrigérateur est le bac à légumes pour les produits frais (6° environ).

Pour vérifier leur bon fonctionnement, on peut placer un "mouchard" dans le réfrigérateur et le congélateur : c'est une pastille de couleur qui se colle dans le fond du frigo. Si elle est verte, tout est parfait, mais si elle vire au noir, c'est que la température n'est pas bonne ou qu'il y a eu une coupure de courant. Il est alors recommandé de tout jeter.

Prendre garde à la cuisson et à la conservation des aliments

Pour éviter les intoxications alimentaires, le poulet et la viande hachée doivent toujours être bien cuits : la "maladie du hamburger" et la "maladie du barbecue", qui sévissent de juin à octobre, sont généralement dues à une cuisson insuffisante des viandes. Pour être sans danger, celles-ci ne doivent présenter aucune partie de couleur rosée.

Faites également attention aux restes. La viande, le poisson et les œufs crus sont extrêmement vulnérables aux bactéries. Pour les conserver, il est conseillé de les mettre dans une barquette d'aluminium avec couvercle, ou de les couvrir d'une feuille d'aluminium ou de cellophane, afin de les protéger de l'air, et de les consommer dans les vingt-quatre heures pour les produits crus, voire deux jours pour les plats cuisinés.

Attention ! Certains aliments doivent être jetés dès la fin du repas, au risque de devenir des bouillons de culture. C'est le cas de la mayonnaise "maison", des sauces, des huîtres ouvertes, des feuilles de salade mélangées à la vinaigrette et des glaces décongelées. Au moindre doute ou si l'aliment présente une odeur "bizarre", mieux vaut jeter le tout.

Manger à l'extérieur sans risque

La prudence s'impose pour les déjeuners à l'extérieur. Mieux vaut éviter de craquer pour deux boules de glace chez un vendeur en roulotte. "Une glacière ne maintient pas le même niveau de température en début et en fin de journée. Cela peut interrompre la chaîne du froid et accélérer la prolifération des bactéries", met en garde Béatrice de Raynal, nutritionniste à Paris.

Les pâtisseries à base de crème au beurre, les mille-feuilles ou les éclairs sont potentiellement dangereux. Mieux vaut choisir des tartes ou les viennoiseries. Attention aux salades toutes prêtes, comme le céleri rémoulade, ou aux salades de pomme de terre mélangées à des œufs et à de la mayonnaise.