Prévenir et traiter une intoxication alimentaire

Prévenir et traiter une intoxication alimentaire
Rois des tables de fin d'année, les fruits de mer, s'ils n'ont pas été acheminés et conservés correctement, peuvent provoquer de sévères intoxications alimentaires. - © Genekrebs

Vomissements, diarrhées, maux de tête sont les principaux symptômes d'une intoxication alimentaire. Reconnaître ces manifestations fréquentes pendant les fêtes ou en été permet de mieux les traiter.

Les victimes d'une intoxication alimentaire sont contaminées par un germe présent dans leur nourriture. Parmi les plus connus, on trouve les listeria et les salmonelles. Ces deux bactéries sont naturellement présentes dans certains de nos aliments. À l'état de traces, elles ne présentent pas de risque pour le consommateur. En grand nombre, elles peuvent provoquer de graves infections digestives.

Si l'été est la saison de prédilection de ces intoxications, car la température élevée favorise le développement des bactéries, la période des fêtes de fin d'année, avec ses huîtres, poissons et fruits de mer, n'est pas mal non plus. Les bactéries incriminées dans ces maladies se multiplient en priorité dans ces aliments : œufs, produits laitiers, fromages affinés, viandes, poissons crus et coquillages.

Quels sont les symptômes d'une intoxication alimentaire ?

Les symptômes surviennent dans les deux à trois heures suivant le repas. Ce sont :

  • des vomissements,
  • des diarrhées,
  • des maux de ventre,
  • parfois une fièvre élevée (39 à 40 °C) et des maux de tête. 

Dans un premier temps, il vaut mieux ne pas prendre de médicaments antidiarrhéiques ou antiémétiques, car la diarrhée et les vomissements aident à votre corps à se débarrasser des bactéries et toxines.

Que peut-on manger après une intoxication alimentaire ?

Le jour même et pendant au moins vingt-quatre heures, il faut simplement imposer au système digestif un repos complet en adoptant un régime strict et boire beaucoup d'eau minérale riche en sodium (type Vichy), pour compenser la perte en minéraux, mais aussi du bouillon et des boissons légèrement sucrées afin d'éviter la déshydratation.

Dès le lendemain, il est possible de s'alimenter, en petite quantité et en privilégiant des aliments peu agressifs pour le tube digestif : riz, légumes cuits, biscottes, purées de carottes et de pommes de terre et bananes mûres.

Peu à peu, on peut revenir à un régime normal. Il est recommandé d'attendre le rétablissement total avant de consommer des aliments irritants, comme les fibres (crudités et céréales à grains entiers), les produits laitiers, les fritures, les charcuteries et les pâtisseries. Enfin, mieux vaut éviter pendant quelques jours l'alcool, les boissons à base de cola, le café, le thé et les épices.

Intoxication alimentaire : quand consulter le médecin ?

"Souvent, les symptômes s'atténuent dès le lendemain, puis disparaissent en deux à cinq jours. S'ils persistent et que le malade rejette tous les liquides qu'il tente de boire, mieux vaut consulter un médecin pour prévenir tout risque de déshydratation", conseille Béatrice de Raynal, nutritionniste à Paris.

Le médecin évalue le degré de gravité de la maladie par un examen physique, des analyses de sang et d'urine. Dans les cas les plus graves, des échantillons des selles sont envoyés au laboratoire afin d'identifier la bactérie. Le médecin peut prescrire un antibiotique intestinal et des ralentisseurs du transit afin de juguler les selles liquides. En cas de douleurs, un antispasmodique complète le traitement. Avec celui-ci, tout doit rentrer dans l'ordre en quarante-huit heures.

> Quelques conseils pour éviter une intoxication alimentaire

Attention aux femmes enceintes, aux bébés et aux seniors !

Généralement sans gravité, les intoxications alimentaires peuvent se révéler dangereuses lorsqu'elles frappent les nourrissons, les enfants en bas âge et les personnes âgées, qui se déshydratent plus rapidement que les autres, leurs moyens de défense étant moindres. Dès que ces symptômes se déclarent, mieux vaut consulter tout de suite un médecin. Si celui-ci estime que le risque de déshydratation est important, il peut proposer quelques jours d'hospitalisation. La réhydratation et le traitement médical sont alors administrés par voie intraveineuse.

Une attention particulière doit être apportée aux femmes enceintes, qui, une fois contaminées, peuvent craindre une infection généralisée, pire une méningite. Un suivi médical est indispensable. 

Quelle différence entre une allergie et une intoxication ?

Une intoxication alimentaire est bien différente d'une allergie. La première résulte de la consommation d'un aliment contaminé par une bactérie. Dans le cas d'une allergie, l'aliment est sain, mais l'organisme de la personne allergique ne le supporte pas et le perçoit à tort comme dangereux. Le corps produit, pour se défendre, des anticorps spécifiques de l'allergie, qui déclenchent à leur tour des symptômes comme des plaques d'eczéma ou des problèmes respiratoires

Le respect de la chaîne du froid

Pour se prémunir contre ces intoxications, lorsqu'on fait ses courses, il est conseillé de n'acheter les aliments surgelés en dernier et de les rapporter dans un sac isotherme. On peut y conserver également les viandes, les œufs, les laitages. Une fois à la maison, il est important de ne pas ranger les aliments n'importe comment dans le réfrigérateur. Dans la partie la plus froide, comprise entre 0 et 4 °C , c'est la place des viandes, du poisson, des charcuteries, des petits plats faits maison, des barquettes traiteur et des laitages. Dans la zone intermédiaire, dont la température est comprise entre 4 et 6 °C, il faut entreposer les légumes et les fruits cuits, ainsi que les fromages affinés. La partie la moins froide du réfrigérateur est le bac à légumes pour les produits frais (6° environ). Et pour contrôler la température du rérigérateur et du congélateur, placez-y un thermomètre. S'il grimpe au-delà des températures recommandées, jetez !

Prendre garde à la cuisson et à la conservation des aliments

Pour éviter les intoxications alimentaires, le poulet et la viande hachée doivent toujours être bien cuits : la "maladie du hamburger" et la "maladie du barbecue", qui sévissent de juin à octobre, sont généralement dues à une cuisson insuffisante des viandes. Pour être sans danger, celles-ci ne doivent présenter aucune partie de couleur rosée.

Faites également attention aux restes. La viande, le poisson et les œufs crus sont extrêmement vulnérables aux bactéries. Pour les conserver, il est conseillé de les mettre dans un contenant avec un couvercle, ou de les couvrir d'une feuille de cellophane, afin de les protéger de l'air, et de les consommer dans les vingt-quatre heures pour les produits crus, deux jours pour les plats cuisinés.

Attention ! Certains aliments ne se conservent pas au-delà du repas, au risque de devenir des bouillons de culture. C'est le cas de la mayonnaise maison, des sauces, des huîtres ouvertes, des feuilles de salade mélangées à la vinaigrette et des glaces décongelées. Au moindre doute ou si l'aliment présente une odeur bizarre, mieux vaut jeter le tout.