Plan biodiversité, ce qu’il faut retenir

Plan biodiversité, ce qu’il faut retenir
Plan biodiversité, ce qu’il faut retenir - @Freder

Le 4 juillet, le gouvernement a présenté son plan interministériel de la biodiversité. Une série de mesures ont été annoncées pour stopper l’extinction de masse des oiseaux, des abeilles et des mammifères. Morceaux choisis.

Edouard Philippe, Premier ministre, et Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, ont présenté le 4 juillet leur plan de reconquête de la biodiversité, qui implique tous les ministères.

Les faits sont là. Nous sommes face à une extinction de masse du vivant, dont les oiseaux, les abeilles, les mammifères sont à la fois les témoins et les victimes silencieuses. Le monde se rétrécit, la biodiversité aussi et avec elle, nos espoirs », commente Nicolas Hulot.

L’objectif est que d’ici 2020, soit au moment où la Chine accueillera la « COP biodiversité », la France soit prête à enclencher au niveau mondial une dynamique comparable à celle qu’elle a engagée dans la perspective des accords de Paris sur le climat », explique Edouard Philippe.

Voici les principales mesures inscrites dans ce plan issu du premier Comité interministériel pour la biodiversité, qui se réorganisera chaque année pour assurer leur suivi.

Renforcer l’intégration de la nature en ville

Trois français sur quatre vivent en ville. Au-delà de sa fonction récréative, la nature en ville permet de lutter contre les ilots de chaleur, prévenir les inondations et d’améliorer le cadre de vie.

Objectif : d’ici à 2020, atteindre 1 arbre pour 100 habitants et 40 % de surfaces végétalisées à l’échelle de la commune.

Comment ? En déployant les démarches vertueuses des collectivités locales sur tout le territoire et en soutenant la réalisation de 600 nouveaux Atlas de la biodiversité communale (ABC). Ces derniers permettent à des communes d’identifier les enjeux de la biodiversité sur leur territoire et de les aider à agir en les intégrant dans leurs actions et stratégies.

 

Réduire la pollution lumineuse

L’éclairage public et l’illumination des bâtiments ont des effets négatifs sur de nombreuses espèces d’insectes, d’oiseaux et chiroptères : ils réduisent leurs espaces d’évolution et d’alimentation, et augmentent parfois les risques de mortalité.

Objectif : limiter l’impact des 11 millions de points lumineux.

Comment ? En définissant un indicateur unique d’évaluation de la pollution lumineuse et en élaborant d’ici à fin 2018 une règlementation s’appliquant en agglomération, hors agglomération et dans les espaces protégés.

 

Stopper l’étalement urbain

La destruction des espaces naturels est due à la construction de maisons individuelles, de zones commerciales et d’infrastructures de transports et logistiques.

Objectif : faire en sorte que chaque fois qu’une surface est artificialisée la même superficie soit rendue à la nature après.

Comment ? En inscrivant dans la loi l’obligation pour les collectivités de lutter contre l’étalement urbain et en permettant aux préfets de suspendre les autorisations commerciales à l’extérieur des centres-villes à redynamiser.

 

Zéro plastique dans les océans

La quantité de plastique dans les cours d’eau et les océans continuent d’augmenter. Au niveau mondial on estime que 5 à 13 millions de tonnes de plastique rejoignent chaque année les océans.

Objectif : mobiliser tous les Français pour que plus aucun plastique ne soit rejeté dans les océans d’ici à 2025.

Comment ? En interdisant au 1er janvier 2020 les pailles et les bâtonnets en plastique à usage unique. Les sacs plastique, les cotons-tiges et les micro-billes dans les produits de beauté sont déjà interdits.

 

En finir avec décharges sauvages

Chaque année, 80 000 tonnes de déchets sont abandonnées dans la nature, dans des zones accessibles au public ou sur des terrains privés avec ou sans le consentement du propriétaire.

Objectif : lutter contre ces dépôts qui peuvent entraîner la pollution des sols et des cours d’eau.

Comment ? En réalisant un état des lieux et en renforçant des outils de contrôle et de sanction mis en œuvre par les collectivités locales.

 

Protéger les pollinisateurs

Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en 15 ans.

Objectif : supprimer certaines pratiques agricoles intensives, notamment celles ayant recours à l’utilisation de pesticides.

Comment ? Interdire les principaux usages du glyphosate d’ici trois ans au plus tard et d’ici cinq ans pour l’ensemble des usages, et les néonicotinoïdes (famille de pesticides particulièrement toxiques pour les insectes) à compter du 1er septembre 2018.

 

Accompagner les agriculteurs

La transformation des pratiques agricoles doit faire de la biodiversité une alliée de la production agricole.

Objectif : développer les pratiques issues de l’agro-écologie, c’est-à-dire renforcer la biodiversité des sols, en reconstituant des mares, des haies, ce qui permet de protéger l’agriculture des conséquences du changement climatique et de l’aider à lutter contre certains ravageurs.

Comment ? En rémunérant les agriculteurs qui mettent en place des actions de protection de la biodiversité. En doublant en 4 ans la surface agricole utilise en agriculture biologique afin qu’elle atteigne 15 %, et en multipliant par 50 le nombre d’exploitations agricoles labellisées HVE (haute valeur environnementale), avec un objectif de 50 000 exploitations en 2030 contre 1 000 aujourd’hui.

 

Donner une respiration à la nature

Depuis un siècle, la France cherche à protéger la nature en lui réservant des espaces permettant de se régénérer.

Objectif : renforcer les espaces protégés.

Comment ? En créant, en 2019, un 11e parc national à la frontière entre Champagne-Ardenne et Bourgogne afin de protéger les forêts de feuillus de plaine. Le dernier parc créé, celui du parc national des Calanques, date de 2012. En créant ou en étendant d’ici la fin du quinquennat 20 réserves naturelles nationales, dont au moins deux en outre-mer.