Les pharmaciens vont pouvoir prescrire des médicaments

Les pharmaciens vont pouvoir prescrire des médicaments
Les pharmaciens ne peuvent actuellement pas prescrire des médicaments. - © Joachim Martin

Un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit d’expérimenter cette possibilité, s’agissant des médicaments pour lesquels une ordonnance est nécessaire.

Votre pharmacien va-t-il bientôt pouvoir vous prescrire des médicaments qu’il propose à la vente ? C’est le souhait de la députée La République en marche Delphine Bagarry, qui a déposé un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019. La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale l’a adopté mercredi 17 septembre.

Si le texte entrait en vigueur, la mesure doit être expérimentée pendant 3 ans à partir du 1er janvier 2019, dans 2 régions que le gouvernement déterminera par décret.

« Protocole médical et de coopération »

Les pharmacies d’officine auront la possibilité de dispenser « certains médicaments à prescription médicale obligatoire », prévoit l’amendement. Cette faculté devra nécessairement s’inscrire « dans le cadre d’un protocole médical et de coopération conclu avec le médecin traitant et les communautés de santé des structures d’exercice coordonnées ».

Le gouvernement a posé l’objectif d’ouvrir de 1 000 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) d’ici à 2022, pour que la France ne compte plus de médecin libéral « isolé », suivant le vœu du président de la République Emmanuel Macron.

Une « liste des médicaments »

Le décret délimitera « le champ et les modalités de mise en œuvre des expérimentations », selon l’amendement. Un arrêté contiendra la « liste des médicaments » concernés, indique l’exposé des motifs.

À l’issue de l’expérimentation, un rapport d’évaluation du dispositif doit être remis par le gouvernement au Parlement.

L’exposé des motifs évoque un exemple étranger. « En mars 2018, 20 % des officines suisses proposaient ce service aux patients », pour des pathologies telles que « la cystite, la conjonctivite ou l’eczéma par exemple ».

Delphine Bagarry espère désormais l’adoption de l’amendement en séance, c’est-à-dire dans l’hémicycle du Palais Bourbon. Cette élue de la majorité est médecin généraliste de profession.