Les nouvelles pratiques de la contraception en France

Les nouvelles pratiques de la contraception en France

Alors que Marisol Touraine vient d’annoncer qu’elle allait proposer la gratuité de la pilule contraceptive aux mineures de 15 à 18 ans, une étude fait le point sur les nouveaux usages de la contraception en France. Et montre que l’adoption de la pilule a faiblement régressé (-4,6 %) depuis le début des années 2000 au profit de nouvelles méthodes hormonales qui sont utilisées par 4 % des femmes.

Pour la première fois depuis l’adoption de la loi Neuwirth en 1967, une étude met en évidence une diminution de l’usage de la pilule chez les femmes en âge de procréer. C’est l’un des enseignements de l’étude Fecond menée en 2010 par l’Institut d’études démographiques (INED) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et dont les résultats ont été récemment rendus publics. Cette diminution, constatée depuis l’année 2000, intervient alors que d’autres méthodes contraceptives sont à la disposition des femmes : l’implant, le patch et l’anneau vaginal, et qu’elles peuvent depuis accéder à la contraception d’urgence sans ordonnance, et gratuitement pour les mineures.

La pilule en baisse, les méthodes hormonales en hausse

La pilule reste aujourd’hui la méthode de contraception la plus utilisée en France. Une femme sur deux en âge de procréer l’utilise en 2010. Les chercheurs avancent plusieurs explications à la chute constatée depuis 2000, chute compensée par les autres méthodes hormonales.

 

À quoi tient la baisse récente du recours à la pilule chez les plus jeunes, notamment les 20-24 ans ? Viendrait-elle d’une méfiance accrue envers les produits médicamenteux qui les conduirait à se détourner des méthodes hormonales ? Cette hypothèse ne saurait être écartée mais semble insuffisante.[…] La dégradation de la situation économique des jeunes femmes au cours des dix dernières années a peut-être eu une influence.

 

Ainsi, les jeunes femmes de 20-24 ans qui rencontrent une situation financière délicate et qui ne vivent plus chez leurs parents utilisent moins souvent la pilule (71 % contre 88 %).

Le préservatif en début de vie sexuelle

Les méthodes contraceptives utilisées par les Françaises apparaissent peu flexibles : le  préservatif est privilégié en début de vie sexuelle, la pilule adoptée dès que la vie sexuelle se régularise et le stérilet est encore peu utilisé – malgré les préconisations de l’Assurance maladie - alors que c'est l'un des moyens les plus plus efficaces et le plus souvent quand les couples ont atteint le nombre d’enfants qu’ils désiraient.

 

Le préservatif est utilisé par une majorité de femmes en début de vie sexuelle : plus d’une femme de 15-17 ans sur deux l’utilise comme méthode contraceptive (59 %), parfois en association avec la pilule (dans 15 % des cas). La proportion de femmes y ayant recours décline au fil de l’âge.

 

Autre enseignement de l’étude la proportion de femmes n’utilisant pas de moyens contraceptifs du tout alors qu’elles ne souhaitent pas avoir d’enfant est stable (environ 3% et seulement 0,9 % des 15-17 ans). Le recours aux autres méthodes (retrait ou méthodes des températures) est stable depuis 2000 et concerne aujourd’hui 6,2 % des femmes.

Les autres méthodes hormonales

  • L'implant est un petit bâtonnet cylindrique en plastique de 4 cm de long et 2 mm de diamètre qui contient le même type de substance que les pilules progestatives. Il s’insère sous la peau du bras au moyen d'une aiguille spéciale et sa durée d'action est de 3 ans. L'implant contraceptif est efficace à 99,9 %. Disponible en France depuis 2001, il est remboursé à 65 % par l'Assurance maladie.
  • Le patch est un timbre qui se colle sur la peau et qui contient une association similaire à celle d'une pilule combinée. Les deux hormones (l'estradiol et le progestatif) pénètrent dans le sang à travers la peau. Le patch est changé une fois par semaine durant 3 semaines et reposé après une semaine d’arrêt. Son efficacité est proche de celle des pilules oestro-progestatives mais il n’est pas remboursé par l'Assurance maladie.
  •  L'anneau vaginal est un anneau flexible en plastique poreux qui contient une association d'hormones (estrogène + progestatif). La femme l'insère au fond du vagin. Il s’utilise pendant trois semaines, suivies d’une semaine d’arrêt. L’anneau vaginal, aussi efficace qu’une pilule oestro-progestative, n’est pas remboursé par l'Assurance maladie.