Comment prévenir les infections nosocomiales ?

Comment prévenir les infections nosocomiales ?

Les maladies qui se déclarent dans les établissements de soins suscitent autant d'interrogations que d'inquiétudes. Des mesures de prévention permettent le plus souvent de les éviter.

À l'hôpital, comme le rappelle la Fédération hospitalière de France, la propreté des mains du personnel soignant, le port de gants et de masques et la désinfection du matériel médical entre deux patients restent les principales mesures. Le patient est tenu, lui aussi, de prendre quelques précautions.

Une propreté minutieuse

30 % des infections nosocomiales pourraient être évitées si les règles d'hygiène étaient scrupuleusement respectées. À l'hôpital, comme le rappelle la Fédération hospitalière de France, la propreté des mains du personnel soignant, le port de gants et de masques et la désinfection du matériel médical entre deux patients restent les principales mesures. Le patient est tenu, lui aussi, de prendre quelques précautions.

Toute personne hospitalisée doit respecter les consignes qui lui sont données avant une opération : la douche antiseptique doit être prise de façon minutieuse, l'épilation de la zone opératoire ne doit pas être faite au rasoir mais avec une tondeuse afin d'éviter les coupures. Le patient doit aussi éviter de manipuler du matériel médical et conserver une bonne hygiène corporelle générale (les aides-soignantes ou infirmières y contribuent). Les visiteurs peuvent participer à la prévention en reportant, par exemple, une visite à une personne hospitalisée s'ils sont souffrants, afin de ne pas lui transmettre leurs germes.

Autres consignes de prudence

Autre point à connaître, les plantes en pot et les fleurs coupées ne sont pas les bienvenues dans un établissement de santé. Dans certains secteurs à risque, comme l'hématologie, la néonatalogie ou la réanimation, elles sont même interdites parce que des champignons et des bactéries sont présents dans la terre, et parce que des micro-organismes se développent dans l'eau.

Enfin, même si vous êtes pressé de vous rendre au chevet d'un malade, n'empruntez pas les ascenseurs réservés au personnel et aux malades. S'ils sont bien distincts, c'est pour permettre aux professionnels d'aller rapidement d'un service à un autre, mais également pour limiter les contacts entre les personnes opérées et les microbes de l'extérieur.

Prendre toutes ces précautions, c'est éviter des traitements antibiotiques lourds pour les personnes touchées. Sans certitude d'un rétablissement définitif dans les cas de contamination les plus graves.

Réanimation et chirurgie, les services les plus touchés

Les infections peuvent aussi être transmises par le matériel médical, comme un cathéter, une sonde urinaire ou un drain. Elles entraînent des maladies très diverses qui ne présentent pas le même caractère de gravité. 40 % d'entre elles sont des infections urinaires, certes peu agréables mais sans risque majeur.

En revanche, 20 % sont des infections pulmonaires ou des septicémies (infections du sang), qui peuvent entraîner la mort. C'est le cas chaque année pour 4 000 malades. Les services les plus touchés sont la réanimation (un tiers des contaminations) et la chirurgie (10 %). À l'inverse, les services de pédiatrie et de psychiatrie présentent moins de risques.

Des catégories de patients plus exposées

Chez les personnes hospitalisées, les malades âgés, immunodéprimés, les nouveau-nés (en particulier les prématurés) et les grands brûlés sont les premiers atteints. "Ces patients sont surveillés de près, assure le Dr Carbonne. Dès qu'ils ont une poussée de fièvre, on leur prescrit un traitement antibiotique. Mais se rajoute souvent chez eux le problème de la résistance bactérienne aux antibiotiques, ce qui complique leur guérison."

Certes, en médecine, le "risque zéro" n'existe pas. Mais 30 % des infections nosocomiales pourraient être évitées si les règles d'hygiène étaient scrupuleusement respectées.

Qu'est-ce qu'une infection nosocomiale ?

Une infection nosocomiale est une infection contractée au cours d'un séjour dans un établissement de santé. "L'infection est généralement considérée comme telle si elle apparaît au moins 48 heures après l'admission du malade, explique le Dr Anne Carbonne, médecin hygiéniste au Centre de coordination de lutte contre les infections nosocomiales de Paris. Si elle apparaît avant, on considère qu'elle était déjà présente lors de l'entrée dans l'établissement."

Mais d'où viennent ces microbes ? "De partout, assure-t-elle. À l'hôpital ou en clinique, les origines des germes (virus, bactéries) sont multiples. Les patients en constituent la première source. L'environnement peut être aussi en cause : l'air, l'eau, l'alimentation contiennent des germes qui ne sont, le plus souvent, pas dangereux dans les conditions normales de vie, mais qui peuvent provoquer des maladies parfois graves chez les patients fragiles."

Environ 7 % des personnes hospitalisées vont être victimes d'une maladie nosocomiale. La contamination peut se produire de différentes façons. Le patient peut être infecté par ses propres germes. Il peut aussi être contaminé par les germes d'un autre malade ou par ceux du personnel médical.

Recours et indemnisation

Si vous ou un de vos proches êtes contaminé, vous pouvez être indemnisé. La première démarche est d'apporter la preuve de l'infection. "Consultez votre médecin traitant ou prenez contact avec un médecin de la mission Information et développement de la médiation sur les infections nosocomiales (IDMIN) afin qu'il constate et identifie l'infection", recommande Loïc Ricour, directeur de l'IDMIN.

En parallèle, il vous faut récupérer votre dossier médical. Pour cela, vous devez en faire la demande par lettre recommandée au chef de service ou à la direction de l'établissement de soins.

"Une fois que vous aurez rassemblé tous ces papiers, vous pourrez saisir la commission régionale de conciliation et d'indemnisation (CRCI)", ajoute le directeur de l'IDMIN. L'association Le Lien (www.association-lien.org) peut vous accompagner dans vos démarches. Vous obtiendrez plus d'informations sur le site (www.infonosocomiale.com) ou par téléphone au 0 810 455 455 (numéro Azur, coût d'un appel local d'un poste fixe). Dans tous les cas, les victimes ou leurs ayants droit gardent la possibilité de saisir la justice.