Choisir un amplificateur de sons

Choisir un amplificateur de sons
Quand l’audition s’use, l’«assistant auditif» permet de participer de nouveau à la conversation. - ©ThomasVogel

Les assistants d’écoute sont des appareils qui amplifient les sons. Vendus en pharmacie, ils sont réservés aux personnes gênées par une perte d’audition légère.

Plusieurs degrés de perte auditive

Entre 65 ans et 70 ans, l’acuité auditive baisse. Cela se traduit par exemple par une difficulté à suivre les conversations ou par une tendance à augmenter le volume de la télévision. La perte de perception des sons aigus affecte la compréhension de la parole. Une diminution de la perception des sons graves se traduit, elle, par une perte en volume. « Cette perte naturelle d’audition liée à l’âge, appelée presbyacousie, est due, chez 85% des plus de 70 ans, à une simple usure du système auditif », explique Maxence Petit, directeur de Sonalto, une entreprise créée en 2010 qui commercialise des amplificateurs de sons en France.

Les tests, gratuits, des fabricants de tels appareils confirment cette perte auditive dès lors que l’on ne répond pas, ou mal, à deux questions sur six. Avant d’acheter un tel équipement, vous pouvez prendre l’avis d’un médecin ORL et réaliser un audiogramme, car ces assistants d’écoute, dont le réglage est standard, peuvent s’avérer inadaptés à votre cas.

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Association France Presbyacousie

Une puissance d’amplification limitée

Pour être conformes à la législation, les assistants d’écoute ont une puissance maximale de 20 décibels. Leur technique consiste à booster le son par paliers. Des appareils de démonstration peuvent être essayés en pharmacie. Ensuite, l’assistant d’écoute est assimilé par le cerveau en moins d’une semaine.
– Le modèle Teo First de la société Tinteo fonctionne par paliers de 2,5 décibels. Il est doté d’une molette offrant deux positions, environnement calme ou bruyant. « Un boîtier porté à la ceinture contient le système d’amplification, jamais nocif pour l’oreille », ajoute Anne Touchain, directrice de Personal Sound, société qui commercialise des assistants d’écoute.
– L’appareil Octave de Sonalto, lui, est un contour d’oreille prêt-à-porter. « Il possède les mêmes composants que l’audioprothèse et un algorithme conçu pour amplifier uniquement les sons perdus, notamment dans les aigus », assure Maxence Petit.

Des caractéristiques variables selon l’appareil

Les assistants d’écoute sont garantis deux ans, et leur durée de vie, estimée à quatre ou cinq ans, dépend de leur entretien. Vendus sans prescription, ces appareils ne sont pas pris en charge par l’Assurance-maladie. Cependant, certaines mutuelles acceptent un remboursement partiel.
– Teo First de Tinteo fonctionne avec des écouteurs standards, équipés de mousses jetables, qui peuvent être changés ou échangés contre un casque. Le fabricant part du principe qu’ils ne sont utilisés que trois ou quatre heures par jour. Son boîtier contient une batterie rechargeable viable trois ans minimum, ce qui correspond au délai moyen d’appareillage avant de passer à l’audioprothèse. L’appareil coûte 229 € (pour une correction des deux oreilles).
– Octave de Sonalto revient à 598 € (pour deux contours d’oreilles). Une tige, fournie, permet de nettoyer le tube. Les embouts se lavent à l’eau savonneuse. Les piles disposent d’une autonomie de 150 heures (six à dix jours). La plaquette de 6 piles coûte 5,90 €.

Des audioprothèses pour les cas plus graves
Les personnes souffrant d’un problème d’audition plus lourd doivent se faire prescrire une audioprothèse, appelée aussi appareil auditif. Mais, selon Jean- Louis Horvilleur, audioprothésiste, administrateur de la Semaine du son, « c’est un non-sens d’appareiller une personne sans examen médical préalable. Au mieux on passe à côté d’un bouchon d’oreille, au pire d’un diagnostic vital ».
Ensuite, le réglage de l’audioprothèse est basé sur des connaissances techniques et l’écoute du ressenti de la personne, qui est appareillée du lever au coucher, ce qui n’est pas le cas pour les amplificateurs de sons. Cela s’accompagne d’une rééducation puis d’un suivi régulier de la personne, sur plusieurs mois, par l’audioprothésiste. Un petit peu trop d’aigus, et le son est agressif. Un petit peu trop de graves, et les voix résonnent...