50 ans : les dépistages recommandés

50 ans : les dépistages recommandés

La cinquantaine s’accompagne de bouleversements hormonaux et métaboliques qui requièrent un suivi du médecin. Un bilan médical et une série de dépistages sont conseillés.

Autant on consulte facilement un ophtalmologue quand sa vue baisse, un ORL quand on entend moins bien, autant il est rare de se rendre chez le médecin lorsqu’on se sent… en pleine forme. À moins d’antécédents personnels ou familiaux de diabète, d’hypertension, de troubles cardiaques.

Pourtant, autour de 50 ans, certains examens sont vivement recommandés, l’organisme n’étant plus aussi performant qu’à 20 ans. En cas de souci, un dépistage précoce est toujours garant d’un traitement plus efficace.

Le bilan médical

Après l’examen clinique (prise de la tension, palpation, auscultation), le médecin vous prescrit une analyse de sang avec recherche :

  • du taux de sucre (glycémie) pour dépister un diabète de type 2 ;
  • de cholestérol ;
  • de tri­glycérides ;
  • d’urée ;
  • de créatinine pour une éventuelle maladie rénale ;
  • de transaminases pour le fonctionnement du foie.

Selon Philippine Mauriac, médecin­ généraliste dans les Landes :

Ce bilan est important, ne serait-ce que pour avoir des valeurs de référence. Si tout va bien et que votre poids est stable, ce bilan sanguin ne sera renouvelé que tous les cinq ans. »

Au besoin, le médecin vous prodiguera des conseils d’hygiène et de diététique, et vérifiera votre consommation de tabac et d’alcool. Il pourra aussi vous orienter vers un dermatologue, votre peau devenant moins épaisse et plus sèche, pour vérifier d’éventuelles taches brunes ou de nouveaux grains de beauté.

Prise en charge de la ménopause

Un frottis de dépistage du cancer du col de l’utérus est recommandé tous les deux à trois ans jusqu’à 65 ans au moins.

Par ailleurs, un dépistage du cancer du sein par mammographie, tous les deux ans, en plus de la palpation des seins en consultation, est conseillé. Pour 1 000 femmes européennes soumises à ce dépistage entre 50 et 69 ans, sept à neuf décès sont évités.

Si vous souffrez de bouffées de chaleur et de sécheresse vaginale, ce sont sans doute les premiers signes de la ménopause. Le taux d’œstradiol (œstrogène sécrété par l’ovaire) s’effondre et provoque ces inconforts qui malmènent vos nuits, votre humeur et vos relations sexuelles.

Un traitement hormonal de la ménopause (THM) ou l’application de gels vaginaux vont vous soulager. Le THM a une efficacité reconnue « à la dose minimale », pendant la durée la plus courte possible – tant que durent les troubles.

Avec l’âge, les fuites urinaires au cours d’efforts sont souvent plus fréquentes. Les muscles périnéaux fondent, et la carence en œstrogènes contribue à diminuer leur tonicité, leur souplesse. Des séances de rééducation périnéale effectuée avec un kinésithérapeute ou une sage-femme sont bénéfiques – surtout si elles sont poursuivies à domicile.

Cancer de la prostate et du côlon : dépistages recommandés

71 500 nouveaux cas de cancer de la prostate sont diagnostiqués chaque année. Sa fréquence incite les médecins à prescrire un dosage sanguin de PSA (prostate specific antigene) à la cinquantaine, en complément d’un toucher rectal en cas de sur­exposition familiale. Un dosage supérieur à 4 ng/ml signe une éventuelle hypertrophie bénigne de la prostate.

Un urologue apportera un diagnostic précis et un traitement approprié. La généralisation du dépistage est pourtant rejetée par certains praticiens, qui déplorent de nombreux traitements entraînant des problèmes d’impuissance et d’incontinence, sans bénéfice réel.

Le cancer colorectal est souvent lié au passage de la cinquantaine. Avec 41 500 nouveaux cas et 17 500 décès chaque année, ce cancer est le deuxième par sa gravité. Pourtant, s’il est décelé et traité à un stade précoce, le taux de survie avoisine les 94 %.

D’où l’intérêt du dépistage rapide et gratuit proposé tous les deux ans, impliquant la recherche de sang dans les selles (Hémoccult) grâce à un kit fourni par votre médecin. En cas de doute, celui-ci vous prescrira une colo­scopie auprès d’un gastro-entérologue.

Cet examen, pratiqué sous anesthésie et pris en charge par l’Assurance-maladie, permet de localiser les polypes et de les retirer.

Un bilan osseux pour tous

À la ménopause, le déficit en œstrogènes accélère la perte osseuse, induisant un risque d’ostéoporose. Le Dr Mauriac précise :

Idéalement, au début de la ménopause, il faudrait mesurer la densité minérale osseuse (la solidité des os) par une ostéodensitométrie, à renouveler tous les trois à cinq ans. Mais cet examen n’est remboursé que chez les personnes à risque (antécédents de fracture, maigreur…). »

En vérifiant la taille de la patiente, on a déjà une idée de son état osseux : si elle a perdu quelques centimètres, l’examen se justifie. » Le cas échéant, la patiente bénéficie d’un traitement à long terme.

Les hommes, surtout au-delà de 70 ans, ne sont pas épargnés et bénéficient de traitements spécifiques. Apport de vitamine D et de calcium par l’alimentation ou la supplémentation, activité physique régulière… aident à entretenir la masse osseuse.

Le contrôle de l’hypertension

L’hypertension devient plus fréquente quand on vieillit. Une pression artérielle excessive provoque un rétrécissement définitif des artères, donc une moins bonne perfusion de tous les organes.

Insidieusement, l’hypertension favorise la survenue de maladies du cerveau, du cœur, des reins ou des artères, et elle s’aggrave faute de traitement.

Le seuil d’alerte a été abaissé. Au-delà de 14/9 (140/90 mmHg dans le sang), vous devrez modifier votre hygiène de vie, en perdant des kilos, en mangeant moins salé et en bougeant davantage. Si en trois mois cela ne suffit pas à normaliser votre tension, le médecin ajoutera un traitement médicamenteux.