Aides auditives : bien s’équiper à moindre coût

Aides auditives : bien s’équiper à moindre coût
Les appareils doivent être prescrits par un médecin pour être pris en charge par l’Assurance-maladie. - © snapphoto

Le coût des apparels auditifs, souvent élevé, dépend du modèle choisi. Leur prise en charge par l’Assurance-maladie varie en fonction de l’âge, du handicap et du type d’appareil.

En France, plus de 5 millions de personnes souffrent d’une perte de l’audition. Parmi elles, une majorité a plus de 65 ans. Mais cette gêne atteint également les plus jeunes, après un accident, une infection ou une longue pratique d’écoute musicale à un niveau sonore excessif. Désormais, pour corriger cette carence, il existe des dispositifs électroniques à la pointe de la technologie.

Vous pouvez commencer par un assistant d’écoute, c’est-à-dire un simple amplificateur de sons fonctionnant sur piles, qui augmente le volume sonore ambiant de 20 décibels (jamais plus). Il est vendu en pharmacie ou chez les opticiens, sans ordonnance. Le choix est vaste parmi les contours d’oreille et les modèles intra-auriculaires (dans l’oreille) : Alvis ALD 410, Audition Conseil Oïdo, Beurer HA50, Sonalto-Octave... C’est certes un moyen de se familiariser avec le port d’un appareil mais, attention, après les premiers conseils du vendeur, vous devez vous débrouiller seul avec le mode d’emploi, même s’il suffit de régler le volume. L’équipement des deux oreilles coûte de 10 à 300 euros (plus l’assistant d’écoute est discret, plus il est coûteux).

Si cette aide auditive de première intention ne suffit pas, il convient de consulter sans tarder un otorhinolaryngologiste (ORL) qui, après un bilan auditif, posera son diagnostic. Il vous prescrira le cas échéant une prothèse et vous orientera vers un audioprothésiste.

S’adresser à un bon audioprothésiste

Le choix d’un appareil auditif réglé sur les fréquences pour lesquelles vous avez perdu de l’acuité s’effectue uniquement sur ordonnance chez un audioprothésiste. Ce professionnel de santé diplômé a pour mission d’examiner vos conduits auditifs, de réaliser différentes mesures et de fournir l’appareil et les prestations de base et de suivi : prises d’empreinte des conduits auditifs, essais, réglages et ajustement de l’appareil.

Votre ORL peut vous orienter vers un professionnel avec qui il a l’habitude de travailler. Demandez aussi à votre complémentaire santé si elle est partenaire d’un réseau d’audioprothésistes : ceux-ci vous feront profiter de prix négociés et du tiers payant (vous ne réglez que le reste à charge).

Par ailleurs, des grandes enseignes spécialisées (Amplifon, Audika, Audition Conseil...), et même des marques d’opticiens, comme Alain Afflelou, Optical Center et Audio 2000, filiale d’Optic 2000, investissent le créneau rémunérateur des prothèses auditives, avec des audioprothésistes accueillant la clientèle dans leur boutique.

Autre possibilité, vous adresser à des indépendants, qui n’ont pas les moyens promotionnels des enseignes mais échappent à la pression de leurs politiques commerciales. « Ils représentent plusieurs marques d’équipements et ils sont souvent 10 à 20 % moins chers », affirme Pascal Storme, audioprothésiste chez Audition 59 à Cysoing (Nord).

De façon générale, ne vous laissez pas séduire par le bilan auditif offert puisque l’ORL l’aura déjà réalisé. Méfiance aussi sur prothèse (pour la seconde oreille). Elle n’est avantageuse que si la première n’est pas surfacturée. Quant aux bas tarifs mis en avant, il s’agit souvent de prix d’appel portant sur des articles ne correspondant pas forcément à votre besoin.

En revanche, la proximité du cabinet est un critère de choix important car, en phase d’adaptation, les rendez-vous pour des tests en situation (chez soi, dehors, etc.) s’étalent sur plusieurs semaines ou mois. Des contrôles de l’efficacité de l’appareillage sont aussi prévus au bout de trois mois, six mois et douze mois, et les vérifications ultérieures sont programmées au minimum une ou deux fois par an.

Les prothèses auditives sur mesure

Les appareils vendus par les audioprothésistes sont composés d’un microphone, d’un écouteur, d’un processeur (le cerveau du système), d’une batterie rechargeable ou d’une pile. Une quinzaine de marques (Bernafon, Hansaton, Oticon, Phonak, Sivantos, etc.) se disputent le marché des prothèses, et toutes les garantissent quatre ans. « Leur durée de vie est d’environ cinq ans, mais si on en prend soin, on peut les utiliser sans problème six à sept ans, voire plus », explique Pascal Storme.

Il existe trois grandes familles d’équipements.

Les contours d’oreille fonctionnant sur piles ou batteries. Les plus simples se composent d’un petit boîtier placé derrière l’oreille contenant tout le mécanisme. Les plus sophistiqués sont des microcontours d’oreille, avec un écouteur déporté à placer dans le conduit auditif et relié par un fil transparent au mécanisme dans le contour.

Les intra-auriculaires, dont tout le mécanisme miniaturisé se place à l’intérieur de l’oreille, fonctionnent uniquement sur piles. Leur manipulation demande une certaine dextérité et leur entretien doit être soigneux. Ils ne conviennent pas aux conduits auditifs trop étroits, aux fortes sécrétions de cérumen, aux oreilles trop poilues et aux surdités trop sévères.

À noter, les contours d’oreille et les intra-auriculaires se divisent en deux classes : les appareils classe 1, souvent moins puissants, avec moins de possibilités de connexion à un téléphone, une télévision ou un ordinateur, et les appareils classe 2 qui bénéficient des dernières avancées technologiques.

Les appareils à conduction osseuse, plus rarement prescrits, dissimulent les mécanismes dans les branches de lunettes qui s’appuient sur les tempes à l’arrière de l’oreille.

Une facture élevée

Le coût s’élève par oreille entre 700 euros pour un simple contour de classe 1 et 2 000 euros pour un intra-auriculaire de classe 2. Il est possible de payer cette somme de façon échelonnée, voire à crédit. Une fois les examens réalisés, l’audioprothésiste vous remet un devis normalisé qui, aux côtés du prix total et de la prise en charge par l’Assurance-maladie, détaille le prix de l’appareil proposé avec sa marque, le modèle, sa référence commerciale, sa classe 1 ou 2, et le coût des éventuelles options. Par exemple, comptez 200 euros environ pour un boîtier Bluetooth à brancher sur votre télévision, votre ordinateur, et connecté à votre prothèse auditive pour ne pas avoir à monter le son, ou 100 euros pour une assurance perte, vol, casse, valable quatre ans. Y figure aussi le prix des prestations d’adaptation indissociables de l’appareil et de suivi jusqu’à son remplacement. Vérifiez bien les petites clauses du devis concernant les frais éventuels en cas de perte d’une prothèse en cours de période d’essai ou en l’absence d’achat à l’issue des essais.

S’agissant des appareils fonctionnant avec des piles, sachez que plus celles-ci sont grosses, plus elles durent longtemps : quinze à vingt jours pour une utilisation de douze heures par jour, contre quatre à cinq jours pour les plus miniaturisées. Une pile coûte environ 1 euro (moitié moins dans certaines enseignes de grande distribution, sur des sites internet ou dans certains pays étrangers). Tablez en moyenne entre 50 et 120 euros par an.

Les contours d’oreille, notamment, peuvent aussi fonctionner avec des batteries à recharger sur un socle pendant la nuit. Elles se changent tous les six ans environ (30 euros une batterie). Quant à l’entretien (lingettes ou spray), il revient à environ 40 euros par an. Les prothèses auditives sont prises en charge par l’Assurance-maladie tous les quatre ans, à hauteur de 180 euros par oreille pour les plus de 20 ans (et 840 euros pour les moins de 20 ans). Les complémentaires santé ajoutent au minimum 120 euros par oreille (contrat de base), plus souvent autour de 700 ou 800 euros. Ces remboursements augmenteront jusqu’en 2021 pour annuler le reste à charge, dans le cadre de l’offre 100 % Santé pour les assurés ayant souscrit une complémentaire santé. Les piles sont remboursées par la Sécurité sociale à hauteur de 0,90 euro par pile, dans la limite d’un plafond annuel qui dépend du type de pile.

AuditionSolidarité pour aider les défavorisés

L’association AuditionSolidarité peut fournir gratuitement des dispositifs aux plus démunis. Des audioprothésistes bénévoles procèdent à une prise d’empreinte, réalisent l’embout, l’adaptent à l’appareil, affinent les réglages, fournissent un stock de piles pour six mois et assurent le suivi des patients par la suite.

Plusieurs missions par an sont organisées dans différentes villes de France.

L’association travaille à partir de prothèses qui leur ont été données (dons d’appareils auditifs inutilisés, par courrier : AuditionSolidarité, 1 impasse des Mésanges, 40180 Yzosse) ou chez un audioprothésiste solidaire (contacts sur Auditionsolidarite.org).

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