Alerte attentat : l’application SAIP va être remplacée

Alerte attentat : l’application SAIP va être remplacée
Le gouvernement va miser sur Facebook, Google et Twitter pour alerter la population en cas d'attentat. - © PashaIgnatov

Après plusieurs couacs, l’application mobile Alerte attentat du ministère de l’Intérieur sera abandonnée à partir du 1er juin. L’Etat va miser sur les géants d’Internet, Google, Facebook et Twitter pour diffuser ses messages d’alerte.

Lancée le 8 juin 2016 au début de l’Euro de football en France par le ministère de l’Intérieur, l’application mobile Système d’Alerte et d’Information aux Populations (SAIP) ne sera plus active à partir du 1er juin. Conçue pour prévenir les utilisateurs situés à proximité d’événements exceptionnels (alerte attentat, nucléaire, chimique, etc.), elle n’a pas prouvé son efficacité.

En deux ans, elle a été téléchargée seulement 900 000 fois, un chiffre très bas comparé à l’ensemble de la population française. Par ailleurs, elle a subi plusieurs dysfonctionnements. Le 14 juillet 2016, l’appli SAIP a envoyé une alerte trois heures après l’attentat de Nice qui a fait 86 morts et plusieurs centaines de blessés. Plus récemment, le 23 mars dernier, elle n’a pas été activée lors de la mortelle prise d’otages à Trèbes, dans l’Aube.

Dans un rapport publié en août 2017, le sénateur Jean-Pierre Vogel (Les Républicains) critiquait l’efficacité de l’appli SAIP. Il reprochait notamment que le système d’alerte ne soit accessible qu’aux smartphones évoluant sous Android et iOS, excluant les Blackberry et les téléphones fonctionnant sous le système d’exploitation de Windows.

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Facebook, Twitter et Google mis à contribution

Pour remplacer l’appli SAIP, le gouvernement a décidé de miser sur les réseaux sociaux. Il a signé des partenariats gratuits avec Facebook, Google, Twitter afin que soient diffusés plus largement les messages du ministère de l’Intérieur en cas d’attaque terroriste ou de catastrophe naturelle.

Facebook relaiera les messages du ministère de l’Intérieur en cas d’activation du dispositif « Safety Check ». Cette fonctionnalité d’alerte du réseau social permet aux internautes situés à proximité de la zone touchée par un attentat de signaler à leurs proches qu’ils sont en sécurité.

Sur Twitter, un bandeau délivrera des informations en haut du fil d’actualités de ses utilisateurs. Un compte Twitter @Beauvau_Alerte sera également activé à partir du 1er juin. En le suivant, les abonnés pourront recevoir les notifications d’alerte sur leur smartphone.

Sur Google, les messages officiels seront mis en avant lorsque l’internaute tapera des mots-clés en lien avec l’événement.

Enfin, pour ceux qui n’utilisent pas les réseaux sociaux, le gouvernement a signé des partenariats avec les entreprises françaises Vinci Autoroutes, la RATP, Radio France et France Télévisions pour diffuser les messages d’alerte.

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