Du bon usage des maisons du handicap

Du bon usage des maisons du handicap

Guichets d’accompagnement, de conseil et d’accès au droit, les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) centralisent et simplifient vos demandes et vos démarches.

Créées en 2005, les maisons du handicap sont présentes dans chaque département. "Il s’agit de proposer aux personnes handicapées et aux familles un lieu d’écoute et de conseil qui soit proche, accessible, disponible et compétent. L’objectif est également de centraliser les démarches pour qu’il n’y ait qu’un seul dossier à remplir et qu’une seule décision globale à prendre", explique Patrick Gohet, ancien délégué interministériel aux personnes handicapées.

Une palette de services

"Guichet unique", cette structure est compétente pour toute demande en lien avec votre handicap ou celui de votre enfant. Vous vous adresserez à elle pour :

  • solliciter l’octroi de prestations (allocation d’éducation de l’enfant handicapé, prestation de compensation du handicap…) ;
  • demander l’attribution de cartes spécifiques (d’invalidité, de stationnement pour personnes handicapées…) ;
  • poser vos questions sur le suivi scolaire (ou la formation) de votre enfant handicapé ;
  • revendiquer une aide pour votre recherche d’emploi ou d’orientation vers une entreprise ;
  • obtenir des renseignements sur une structure d’accueil adaptée à vos besoins…

De manière plus générale, ces maisons du handicap ont vocation à assurer l’accueil, l’accompagnement et le conseil des personnes handicapées et de leurs familles, dès l’annonce du handicap et tout au long de son évolution. Elles les soutiennent dans l’établissement d’un véritable projet de vie en leur apportant des réponses adéquates à leur situation (médicale, financière, personnelle…).

Saisine et formalités

Commencez par retirer un dossier directement à votre MDPH. Si toutefois vous vivez à l’autre bout du département, vous pouvez obtenir ce document au centre communal d’action sociale de votre mairie ou le télécharger sur le site Internet de votre département. Une fois en possession de ce dossier, vous devrez remplir une fiche d’identification, décrire votre projet de vie et compléter un ou plusieurs formulaires (selon vos demandes).

N’hésitez pas à vous faire aider par vos proches et par un membre de la MDPH. Dans les Hauts-de-Seine, par exemple, "un premier niveau d’accueil est prévu pour le retrait des dossiers et les renseignements sur le suivi des demandes", explique Gillian Chaussat, responsable de l’équipe mobile de la prestation de compensation du handicap au sein de la MDPH.

Les réponses aux questions plus pointues sont, dans un deuxième temps, assurées par un travailleur social. Attention ! Si vous sollicitez le renouvellement d’une carte ou d’une prestation, pensez à déposer votre dossier de préférence six mois avant la date d’échéance, pour éviter l’interruption de vos droits. Dans les autres cas, vous pouvez formuler votre demande à tout moment.

Des acteurs professionnels à votre service

Après le dépôt de votre dossier, une équipe pluridisciplinaire, composée notamment de personnels médicaux et de travailleurs sociaux, vous rencontrera afin d’établir un plan personnalisé de compensation tenant compte de votre projet de vie. Il comprendra des propositions de mesures de toute nature, et concernera notamment vos droits et vos prestations. Vous disposez alors de quinze jours pour faire connaître vos observations. Puis votre dossier sera transmis à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), qui statuera sur l’ensemble de vos demandes.

À défaut de réponse dans les quatre mois, votre requête est censée être rejetée. Toutefois, pas d’affolement : en pratique, il arrive que la commission prenne du retard et ne respecte pas les délais. Sachez par ailleurs que certaines demandes sont classées prioritaires.

"Pour les personnes atteintes de pathologies chroniques évolutives, ayant besoin d’une tierce personne rapidement, le dossier peut être étudié dans les quinze jours suivant son dépôt", explique Gillian Chaussat. Enfin, vous pouvez toujours contester la décision de la commission. Dès que vous en avez connaissance, vous disposez d’un délai de deux mois pour former votre recours (toujours devant la CDAPH).

État des lieux

En place théoriquement depuis le 1er janvier 2006, les maisons départementales des personnes handicapées ont fait l’objet de plusieurs bilans, tant à l’initiative d’associations qu’à celle de la Délégation interministérielle aux personnes handicapées. Résultat : bien mais peut mieux faire. En ligne de mire notamment le retard dans le traitement des demandes ou le manque de compétences de certains agents dévolus aux missions d’accueil.