Toutes les mammographies se valent-elles ?

Toutes les mammographies se valent-elles ?

Le dépistage à l’échelle nationale permet de bénéficier d’une mammographie gratuite, tous les deux ans. Mais cet examen peut aussi se pratiquer de façon individuelle, sur ordonnance d’un gynécologue ou d’un généraliste.

Un diagnostic précoce permet de détecter des cancers ou des lésions de petites tailles, le plus souvent passées inaperçues à la palpation.

Les mammographes, appareils de dépistage performants

Plus de 95 % des lésions du sein peuvent être diagnostiquées par des appareils agréés, appelés mammographes, contrôlés tous les semestres pour plus de fiabilité. Ils utilisent de faibles doses de rayons X.

Dans leur grande majorité (80 %), ces appareils sont numériques, c’est-à-dire qu’ils sont pourvus d’un ordinateur intégré pour agrandir les images et les stocker. Le reste est analogique (film négatif).

La dernière génération d’appareils est équipée de tomosynthèse (vision en 3D), une technologie permettant d’explorer le sein strate par strate afin de détecter des lésions au milieu de tissus normaux, mais ces appareils ne sont pas encore agréés.

Une radio du sein de face, l'autre oblique

La radio du sein consiste à prendre deux clichés, l’un de face et l’autre en oblique. Plus on diminue l’épaisseur de la glande, plus on réduit la dose de rayon X, tout en améliorant le contraste de l’image.

Le sein est donc pressé entre la plaque de compression en plastique et le plateau porte-film. L’opération dure quelques dizaines de secondes, l’appareil étant configuré pour libérer automatiquement le sein une fois le cliché effectué.

Toute la glande doit être visible sur le cliché, c’est le travail de positionnement du manipulateur radio. Attention, les femmes porteuses d’implant mammaires doivent le signaler au technicien afin qu’il prenne les précautions nécessaires et réalise des clichés adaptés.

Le dépistage gratuit, de 50 à 75 ans

Un dépistage gratuit, déployé sur tout le territoire, est proposé à toutes les femmes de 50 à 75 ans.

Elles reçoivent de la part de l’Assurance-maladie une invitation, tous les deux ans, leur indiquant les centres de radiologie agréés. Le bon de prise en charge et la carte Vitale doivent être communiqués au radiologue.

Il est recommandé aux patientes de présenter les précédents clichés lorsqu’elles en ont.

Certaines mammographies sont difficiles à interpréter. Il est utile de procéder à des comparaisons avec d’anciens clichés, explique le Dr Fabienne Scetbon, radiologue à Paris. 

"Et l’examen des seins (coloration de la peau, souplesse à la palpation, pression des mamelons, examen des creux axillaires à la recherche de ganglions) est indispensable, poursuit-elle. Il peut être complété de nouveaux clichés et de l’échographie pour des seins denses".

Une deuxième lecture, dans les 8 à 10 jours

Les résultats sont expliqués oralement à la patiente et les clichés envoyés à une structure départementale pour une seconde lecture par un autre radiologue.

 Une fiche est jointe mentionnant les renseignements cliniques et le diagnostic, signalant, par exemple, un amaigrissement important ou un handicap (paralysie de l’épaule), utiles au second radiologue qui ne voit pas l’intéressée .

La deuxième interprétation est effectuée dans un délai de huit à dix jours. 6,4 % des anomalies sont découvertes lors de cette seconde lecture.

Si les conclusions sont normales, la patiente recevra son dossier sous trois semaines. Dans le cas contraire, elle sera à nouveau reçue par le premier radiologue qui réalisera un complément d’examen.

La mammographie bilatérale est entièrement gratuite (et facturée à l’Assurance-maladie 66,42 €). Seule l’échographie est facturée à la patiente, avec ou sans dépassement, et remboursée par l’Assurance-maladie puis la complémentaire santé.

Le dépistage individuel , prescrit par le médecin

À la différence du dépistage national, toute femme suivie par un médecin (généraliste, obstétricien, gynécologue) peut se voir prescrire une mammo­graphie dès la quarantaine.

Les médecins décident de cet examen en tenant compte de certains critères  :

  • augmentation des cancers du sein chez les jeunes femmes,
  • difficulté de poser un diagnostic après la palpation de seins denses,
  • âge souvent tardif des premières grossesses,
  • antécédents familiaux ou mutations génétiques (la mammographie est alors couplée à une IRM).

Dans le cadre de la médecine privée, les femmes appartenant à la tranche d’âge des 50-75 ans sont suivies de façon rapprochée tous les ans ou tous les dix-huit mois.

Passé 75 ans, la mammographie reste utile, car elle est souvent le seul contrôle réalisé chez des femmes à la retraite qui se rendent peu chez le médecin pour des raisons financières , note le Dr Fabienne Scetbon.

Le coût d'un examen individuel

La lecture des clichés est effectuée par un seul radiologue. Si la lecture est normale, les clichés sont rendus à la patiente pour un suivi ultérieur. Si la lecture présente des anomalies, le gynécologue et le radiologue décident d’examens complémentaires.

L’examen individuel dans un cabinet de radiologie coûte 66,42 €, si le radiologue appartient au secteur conventionné. S’il fait partie des 15 % de praticiens non conventionnés, il peut s’autoriser un dépassement d’honoraires.

Le ticket modérateur est réglé par la patiente, la complémentaire santé remboursant le reste et le dépassement honoraire selon les modalités prévues dans le contrat de la mutuelle.

L’échographie pour améliorer la lecture

Dans le cadre du dépistage national, une échographie peut être demandée par le premier radiologue en complément de la mammographie si la densité du sein l’impose , explique Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues.

C’est parfois le cas après la ménopause ou pour les femmes sous traitement hormonal substitutif. Tous les clichés passent entre les mains du deuxième lecteur. Cette investigation utilise les ultrasons non irradiants.

Réalisé dans le cadre de la médecine privée, cet examen est généralement facturé sans dépassement (85 % des radiologues sont conventionnés) et l’Assurance-maladie le rembourse à 60 %.