Téléassistance, la sécurité à domicile

Téléassistance, la sécurité à domicile

300 000 personnes sont abonnées à un service de téléassistance. Ce lien leur permet d’appeler à l’aide à tout moment en cas d’urgence.

Au Royaume-Uni, environ 2 millions de personnes font confiance à une société de téléassistance, contre 600 000 en Espagne et 300 000 personnes en France. Ce système performant est appelé, en raison du vieillissement de la population, à se développer dans l’Hexagone.

Garder son indépendance grâce à la téléassistance

"Depuis mon accident cardiaque, il y a deux ans, je me sens vulnérable. Je n’ai cependant aucune envie d’aller en maison de retraite. Grâce à la téléassistance, je peux rester chez moi, garder mon indépendance. Je sais que je peux très vite appeler du secours, les urgences, ou encore mon fils ou ma fille. Je me sens moins inquiète", confie Henriette, 85 ans, qui ne quitte plus le petit bracelet qui la relie à un centre de téléassistance.

Sept jours sur sept, 24 heures sur 24, en cas de chute, de malaise, en raison d’une crise d’angoisse ou d’une simple envie de parler pour être rassuré, une pression sur le bouton d’un bracelet, d’un pendentif ou d’un porte-clés met l’abonné, via un transmetteur téléphonique, en relation avec un interlocuteur d’un centre de téléassistance. Il est inutile de composer un numéro sur son combiné téléphonique.

Une équipe pluridisciplinaire

Au bout de la ligne, des téléopérateurs analysent la nature des appels. La plupart des entreprises ont formé leur personnel à l’écoute. Ils sont en contact avec des assistantes sociales, des psychologues, des médecins (notamment des gérontologues), qui peuvent les conseiller, voire prendre le relais en cas de situation compliquée.

Selon les circonstances, les opérateurs préviennent un proche (un membre de la famille, un voisin…) qui dispose des clés du logement de l’appelant et désigné au moment de la souscription de l’abonnement. Ils peuvent aussi avertir le médecin traitant mentionné dans le contrat ou, dans les cas plus graves, le Samu ou les pompiers.

Prévue au départ pour les situations d’urgence, la téléalarme, rebaptisée téléassistance, ne concerne plus uniquement les personnes âgées ou handicapées qui souhaitent rester à leur domicile. Elle s’adresse aussi aux anxieux, aux personnes qui vivent dans un lieu isolé, aux convalescents qui sortent d’une lourde opération, aux enfants laissés ponctuellement sans surveillance, aux femmes enceintes…

Plusieurs formules d’abonnement au service de téléassistance

La formule la plus fréquente est l’abonnement à l’année, mais la souscription peut porter sur une durée plus courte, par exemple un à trois mois pendant la période estivale. Ainsi, les proches qui s’occupent de leurs parents âgés peuvent partir en vacances l’esprit plus tranquille.

"Aujourd’hui, la téléassistance s’oriente davantage vers la convivialité et l’accompagnement des abonnés que vers la gestion des urgences. Ainsi, 95 % des appels que nous recevons ne servent qu’à rassurer ou à dédramatiser une situation, explique Christophe Boutineau", président de Filassistance services.

"Très souvent, inconsciemment ou consciemment, les personnes appuient sur le bouton pour vérifier le bon fonctionnement du service, ajoute-t-il. En fait, elles ont juste besoin de parler et d’entendre le son d’une voix, ne serait-ce même que quelques secondes. Il s’agit d’abonnés qui souffrent de solitude. Ils n’ont parfois plus de famille, leurs proches habitent loin ou sont très occupés. Nous servons alors un peu de seconde famille."

Comparer les services

Certaines sociétés, comme Filassistance services, mettent leurs abonnés en contact avec des sociétés de services à la personne. Elles leur proposent aussi de suivre un bilan "prévention perte d’autonomie", de recevoir des conseils d’aménagement du logement, de participer à des ateliers sur la mémoire…

Aujourd’hui, l’offre de services de téléassistance se diversifie. Depuis plusieurs années, les collectivités locales (centres d’action sociale) et les associations opérant dans le secteur de l’aide à domicile ont investi le créneau de la téléassistance. Mais, le marché se développant, elles sont rejointes par des entreprises privées, souvent filiales de compagnies d’assurances, de mutuelles ou de banques.

Téléassistance : à quel tarif ?

S’abonner à un service de téléassistance revient entre 25 et 40 € par mois et par personne. Il s’y ajoute - souvent mais pas toujours - le coût de l’installation : de 30 à 60 € à la souscription. Lors de la demande de renseignements, posez des questions sur la qualification du personnel qui répond aux appels, vérifiez notamment si les téléopérateurs sont en contact avec un plateau médicalisé. Quel que soit l’abonnement souscrit, toutes les communications téléphoniques passées par le système de téléassistance restent à votre charge au prix fixé par votre opérateur.

Attention ! Chaque société choisit sa formule tarifaire : certaines facturent les appels au prix d’une communication locale, d’autres au prix d’une communication nationale ou encore au prix d’un numéro Indigo (trois paliers tarifaires entre 0,09 €/mn et 0,15 €/min depuis un poste fixe). De plus, les entreprises de téléassistance préfèrent généralement que leur système soit relié à une ligne téléphonique classique (de préférence, celle de France Télécom), réputée aujourd’hui plus fiable que les lignes ADSL ou câblées nécessitant un modem sensible aux coupures d’électricité et sujet aux pannes.

Attention aux frais de mise en service

Vous devrez également régler des frais de mise en service. Au moment de l’installation, faites procéder à différents essais dans toutes les pièces de votre logement, y compris dans votre jardin, les dépendances… Ne laissez pas partir l’employé sans être sûr d’avoir bien compris comment fonctionne votre équipement et renseignez-vous sur la maintenance et le contrôle du matériel.

Sachez également qu’au titre des dispositions fiscales concernant les services à la personne, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt égale à 50 % de vos dépenses d’abonnement.

Ce plafond de dépenses donnant droit à réduction d’impôt est porté à 15 000 € la première année au titre laquelle on demande à bénéficier de cet avantage fiscal. Il peut être porté à 18 000 € au maximum, avec la majoration de 1 500 € par enfant à charge ou rattaché, ou par membre du foyer âgé de plus de 65 ans. Si l’un des membres du foyer est titulaire de la carte d’invalidité ou perçoit une pension d’invalidité de 3ème catégorie par exemple, le plafond est porté à 20 000 €.

Un matériel très simple

Le déclencheur. C’est le dispositif d’alerte que l’abonné porte en permanence sur lui. Ce miniboîtier avec un bouton unique, alimenté par une pile d’une durée de vie de cinq ans, peut être enfermé dans un bracelet, un pendentif ou un porte-clés. Il ne craint pas l’eau, vous pouvez le garder sous la douche ou dans le bain. Dès que la personne appuie sur le bouton du déclencheur, un signal radio est envoyé au transmetteur. La portée de ce signal varie de 50 à 100 m (selon la configuration du logement et l’épaisseur des murs).

Le transmetteur. Installé à l’intérieur du logement et doté d’une batterie de secours, il est branché sur une prise téléphonique fixe et sur une prise de courant. Il est équipé d’un micro très sensible et d’un haut-parleur puissant. L’abonné peut dialoguer avec la centrale d’écoute, en mode mains libres, sans décrocher son téléphone.

Des aides des collectivités

Si vous êtes intéressé par l’installation d’un tel système, renseignez-vous auprès du centre communal d’action sociale de votre mairie pour savoir si vous pouvez bénéficier des services mis en place par la municipalité ou d’aides financières.

De nombreuses collectivités publiques locales (Régions, départements et communes) proposent à leurs administrés des offres de téléassistance limitées dans le temps (par exemple, en période de canicule) ou réservées aux bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), de l’aide ménagère, de l’aide sociale ou de la prestation de compensation. Le plus souvent, elles sous-traitent cette activité auprès des associations et entreprises spécialisées.

Si vous sollicitez une société privée, prenez le temps de comparer les tarifs et les services annexes offerts dans les différents types d’abonnements (portage de médicaments à domicile, envoi d’ambulance, dépannage du matériel, garde d’animal en cas d’hospitalisation…), la durée de l’engagement et le mode de résiliation.