Soins dentaires : le prix du sourire

Soins dentaires : le prix du sourire

Au-delà de leur coût élevé, plombages, couronnes et autres implants peuvent provoquer des allergies. Petite mise en bouche des avantages et inconvénients des différentes méthodes qui redonnent aux dents leur éclat.

Obturation de carie, traitement de racine, prothèse… Les matériaux utilisés par le chirurgien-dentiste pour nous soigner ­évoluent sans cesse.

Comme tous les « dispositifs médicaux » (termes utilisés pour les prothèses et autres appareils implantés dans le corps humain), ils sont soumis au marquage CE, dont les exigences ont été rappelées en mars 2010 quand a éclaté l’affaire des prothèses mammaires PIP.

Cette norme est censée garantir la sécurité de tout ce qui nous est mis « en bouche », mais elle n’écarte pas le risque individuel. Dans tous les cas, il est conseillé de demander à son dentiste la provenance des ­produits qu’il utilise. Paul Cattanéo, chirurgien-­dentiste à Paris souligne :

« Lors de la première consul­tation, un questionnaire médical permet de signaler tout problème de santé, notamment les allergies au nickel qui se manifestent par des irritations dans la bouche, de l’urticaire ou un œdème du visage. Pendant les soins, il est important d’indiquer au dentiste ce qui nous gêne : sensation désagréable dans la bouche, douleurs, inflammation.

Caries : les amalgames ont du plomb dans l’aile

L'amalgame composé d’un alliage ­d’argent, d’étain et de cuivre associé à du ­mercure malaxé est une pâte grise. Celle-ci ­permet d’obturer ­facilement la cavité des caries et présente l’avantage d’être extrêmement résistante.

Problème : l’amalgame a été récemment mis en cause parce qu’il contient du ­mercure, un métal lourd, mauvais, voire dangereux, pour ­l’organisme (affections ­neurologiques, maladie de Parkinston, etc.). C’est surtout lors de la pose et de la dépose que les poussières  de mercure se diffusent dans l’organisme. Par précaution, il ne doit pas être utilisé : 

  • chez la femme enceinte
  • les personnes sensibles ou allergiques à l’un de ses composants
  • à proximité d’autres obturations ou couronnes métalliques, pour éviter les risques de corrosion.

Coté 14,30 € par l’Assurance-­maladie, il est pris en charge à 70 %.

Les composites mieux tolérés

Matériau plus récent à base de particules de quartz, de silice et de zirconium, il remplace petit à petit les amalgames. Bien toléré et plus discret, puisqu’il se fond avec la couleur de l’émail, il a d’abord été réservé aux dents de devant. La mise au point de ­composites plus résistants permet maintenant de les utiliser également pour les dents postérieures. Ils sont en moyenne facturés en moyenne 30,77 € (prix issus du site dentalespace.com).

Coté 16,87 € par l'assurance-maladie, ils sont pris en charge à 70%.

Ces chères nouvelles techniques

Derniers venus, les ciments verres ionomères, libèrent en continu du fluor, ce qui favorise la prévention des caries. Ce traitement est esthétique et bien ­toléré par la dent et la gencive.

Hélas, cette technique n’est pas encore référencée par l’Assurance-­maladie et les tarifs sont librement fixés par les chirurgiens-dentistes. D’où un coût élevé à la charge des patients.

Pour les caries importantes, les inlays-onlays permettent de reconstituer la dent en deux séances, à l’aide d’un petit bloc en composite, en céramique ou en métal, confectionné au laboratoire, puis collé ou scellé dans la dent. Cette technique, fiable et ­durable, reste onéreuse : 400 € environ, remboursés sur la base de 70 % de 40,97 €.

La gomme naturellement isolante

Lorsque la carie a atteint le « nerf » de la dent, la seule option reste de la « dévitaliser » : éliminer la pulpe contenant le nerf et les vaisseaux, nettoyer et désinfecter la ou les racines, puis obturer le canal avec un matériau étanche pour éviter des infections. Le praticien utilise un ciment canalaire de comblement et de la gutta-percha, une gomme isolante issue du latex naturel. Aucune intolérance sur le plan médical n’a été signalée.

Le couronnement des dents fragiles

Après sa dévitalisation, la dent est devenue fragile et cassante. Il est donc nécessaire de la couronner pour la protéger. Il en va de même pour les dents « vivantes » fragilisées. Du fait des différents types de couronnes proposés, il est important d’évaluer avec son dentiste le pour et le contre de chaque matériau, compte tenu de ses éventuels problèmes de santé et… de ses possibilités financières.

Il faut en effet garder en tête que l’Assurance-maladie ne rembourse cette prothèse qu’à hauteur de 70 % de 107,50 € (soit 75,25 €).

La couronne nickel-chrome

Le nickel-chrome, un matériau non précieux, est réputé pour sa solidité. Inconvénient : il provoque parfois des irritations. Les dentistes la proposent aussi en chrome-cobalt, mieux toléré pour un prix similaire (de 330 à 500 €). Ou, mais c’est plus rare aujourd’hui, en or jaune, bien toléré (de 400 à 700 €).

La couronne céramique

Elle est réalisée sur un support métallique (nickel-chrome, or, titane, de 500 à 1 200 €) ou en céramique (de 600 à 1 500 €). Plus esthétique, celle-ci est utilisée pour les dents « du sourire », mais aussi de plus en plus pour les prémolaires et molaires. Paul Cattanéo précise :

« Sa durée de vie est comparable à celle d’une couronne métallique, soit en moyenne dix ans, . En terrain allergique, il faudrait privilégier les couronnes “tout céramique”.

Bridge et implant, des remplaçants qui le valent bien

Quand il n’est pas possible de conserver une dent trop abîmée, le dentiste l’extrait. Il faut la remplacer pour garder une bonne mastication et éviter que les autres dents ne se déplacent pour combler l’espace. En l’absence de racine, impossible de réaliser une couronne ; reste la solution du bridge ou de l’implant.

Le bridge fait le un pont

Pour remplacer une ou plusieurs dents manquantes, le dentiste s’appuie sur les dents voisines, si elles sont suffisamment solides. Les matériaux utilisés sont les mêmes que pour les couronnes. Le prix varie selon le nombre de dents à remplacer.

  • Pour un bridge de trois éléments (deux dents piliers et un élément intermédiaire), l’­Assurance-maladie rembourse le patient sur la base de 70 % de 279,50 €, alors que la facture du praticien varie de 750 à 1 150 €.

L’implant prend racine

La ou les racines naturelles sont remplacées par une racine artificielle implantée dans l’os. Cet implant en titane, qui s’intègre progressivement à l’os du maxillaire, servira de support à la nouvelle dent. Après quelques mois, on peut mettre en place un pilier implantaire qui supportera la prothèse en céramique.

  • Le prix total oscille entre 1 900 à 2 300 €, et aucun remboursement n’est à attendre de l’Assurance-­maladie.