Se soigner au juste prix

Se soigner au juste prix

Consultations, examens frais d’optique ou dentaires… coûtent de plus en plus cher. Pourtant, se faire soigner sans débourser un sou… ou presque, c’est possible.

Plus de 213 000 médecins libéraux exercent en France, partagés presque à égalité entre généralistes et spécialistes. Les trois-quarts d’entre eux sont des médecins conventionnés de secteur 1 (sans dépassement d’honoraires). Plus de 1000 centres de santé, offrant un large éventail de soins dans un même lieu, appliquent les tarifs conventionnés.

Des écoles ou universités, qui forment les futurs praticiens, accueillent également des patients. C’est la garantie d’une meilleure prise en charge par les organismes sociaux. Quant aux opérations de dépistage, elles sont gratuites, tout comme le suivi de la santé des enfants et des mères, à condition d’utiliser les services de la protection maternelle et infantile.

Je cherche un médecin sans dépassement

Le site de l’Assurance-maladie recense l’ensemble des médecins et personnels paramédicaux (infirmières, kinésithérapeutes, etc.) qui exercent sur le territoire. Consultez www.ameli.fr (cliquer sur ameli-direct: choisir un médecin, un hôpital…) et renseignez le nom ou la spécialité du médecin, la ville ou la région. Vous obtenez l’adresse et le secteur d’activité (1 ou 2) du médecin généraliste, spécialiste ou personnel paramédical ainsi que les bases de remboursement des actes accomplis.

Vous présentez au médecin votre carte Vitale pour que la consultation soit télétransmise à la caisse primaire d’Assurance-maladie (CPAM) et vous réglez la consultation. Tarif en secteur 1 : 23 € pour un généraliste et 25 € pour un spécialiste.

Avantage. Grâce à la carte Vitale, le remboursement est automatiquement effectué sur le compte de l’assuré, sur la base de 70 % (moins 1 € retenu sur chaque consultation ou acte), soit 15,10 € chez un généraliste et 16,50 € chez un spécialiste. Au-delà, la complémentaire santé rembourse la différence selon le contrat souscrit.

Je me fais soigner par des étudiants

Dans les villes universitaires, on peut changer de lunettes, recevoir des soins dentaires, ou des soins de pédicure et de podologie à moindre coût, voire gratuitement. Seule contrainte : se plier au calendrier de l’année universitaire et accepter des délais de rendez-vous.

Ces consultations sont dispensées dans les écoles et universités qui font travailler leurs étudiants en cours de cursus, sous la direction d’un professeur. Ainsi, le magasin d’application d’optique du lycée Fresnel, à Paris (XVe), agréé par la Sécurité sociale, reçoit sur rendez-vous pour la réalisation de verres, monture et lentilles par des élèves en BTS, sous la responsabilité de professeurs.

Informez-vous auprès de votre CPAM ou dans les pages jaunes aux rubriques universités, instituts, écoles. Selon la filière de soins, vous bénéficierez des tarifs de secteur 1, de prix réduits sur le matériel (monture et verres à - 20 ou - 30 % au magasin Fresnel), ou de soins gratuits (pédicure, podologie).

Avantage. Les soins payants et agréés par l’Assurance-maladie sont remboursés comme dans le circuit traditionnel. La complémentaire santé intervient ensuite selon le contrat.

Je bénéficie d’un examen gratuit tous les cinq ans

Chaque assuré a droit, pour lui-même et ses ayants droit, à un examen de santé gratuit tous les cinq ans. Cet examen est offert en priorité aux bénéficiaires du RSA et de la CMU, aux chômeurs, aux 16-25 ans en stage de formation, aux 60-75 ans, aux retraités exposés à l’amiante et à la poussière de bois au cours de leur vie professionnelle, aux personnes invalides ou handicapées et allocataires d’une rente accident du travail.

Un courrier de votre caisse vous y invite, mais vous pouvez aussi en faire la demande à votre CPAM ou, pour les ressortissants du secteur agricole, de 16 à 74 ans, auprès de leur bureau de la Mutualité sociale agricole (MSA).

L’examen de 2 h 30 environ se décompose en trois temps :

  • l’analyse du questionnaire qui vous a été adressé avec la convocation à l’examen ;
  • les analyses biologiques (sang, urine, etc.) et les tests de vue, d’audition, de capacité respiratoire, réalisés par une infirmière ;
  • l’examen clinique effectué par un médecin.

Avantage. Les résultats sont envoyés à l’assuré et, avec son accord, à son médecin traitant. Si un suivi médical s’impose, la consultation chez le médecin est entièrement prise en charge par l’Assurance-maladie.

Je cherche un centre de santé

À vocation mutualiste ou municipale, ces centres pluridisciplinaires (médecine générale, spécialisée, analyses, radiographies, soins infirmiers…) sont ouverts à tous. C’est le cas des centres MGEN réservés initialement aux enseignants ou des centres de santé municipaux destinés d’abord aux habitants des villes. Tous proposent le tiers payant.

Les adresses des centres de santé mutualiste sont disponibles sur www.centres-sante-mutualistes.fr et celles des centres municipaux dans l’annuaire médical www.allo-medecins.fr, en cliquant sur le département, puis la ville. Les tarifs pratiqués sont ceux du secteur 1, sans dépassement.

En dentaire, les prothèses et appareillages, l’orthodontie, la parodontologie, voire l’implantologie sont proposés au meilleur prix.

Avantage. Les patients mutualistes bénéficient de la dispense d’avance de frais sur les actes courants, la mutuelle intervenant directement auprès de l’Assurance-maladie. Grâce au tiers payant, les autres patients ne déboursent que le ticket modérateur (7,90 € sur 23 € de consultation).

Je participe aux opérations de prévention

Parallèlement au bilan de santé, des opérations de santé publique gratuites – dépistage du cancer du sein, colorectal, du col de l’utérus – sont proposées sous certaines conditions. Pour en savoir plus tapez : www.ameli-sante.fr (allez dans Offres de prévention de l’Assurance-maladie).

De même, le réseau de la protection maternelle et infantile prend en charge les femmes enceintes et les enfants jusqu’à 6 ans (www.allopmi.fr). Les 6-18 ans, eux, sont invités tous les trois ans à un rendez-vous de prévention dentaire. Les soins sont pris en charge sous certaines conditions (www.mtdents.info).

Les retraités peuvent bénéficier d’un bilan individuel de prévention financé par l’action sociale des caisses de retraite complémentaires Agirc-Arrco, suivi si nécessaire d’ateliers ou activités diverses. La MSA propose aussi, aux personnes de 55 ans et plus, les ateliers du Bien Vieillir, sur des thématiques telles que : « Pas de retraite pour la fourchette, bouger c’est la santé » ; « Faites de vieux os », etc.

Avantage. Ces bilans et ateliers sont proposés moyennant une faible participation, de 15 € pour le bilan des caisses Arrco-Agirc et de 20 € pour sept sessions de la MSA.