Médicaments : comment acheter sur Internet

Médicaments : comment acheter sur Internet

La vente en ligne de certains médicaments ne nécessitant pas d’ordonnance est désormais sécurisée. À condition d’aller sur des sites autorisés.

Les sites de pharmacies en ligne autorisés

Seuls les pharmaciens possédant une pharmacie "réelle" peuvent y adosser une pharmacie sur le Web. Le pharmacien doit être diplômé et obtenir l’agrément de l’Agence régionale de santé (ARS) de son secteur.

L’ordre des pharmaciens tient la liste à jour des pharmacies en ligne sur www.ordre.pharmacien.fr. À la mi-août 2013, on en dénombrait 44, classées par région.

Pour plus de visibilité, un logo européen leur sera bientôt attribué. Par ailleurs, il est aujourd’hui interdit aux pharmacies de se regrouper, comme le souhaite le site 1001pharmacies.com, qui a déposé un recours "pour discrimination" devant le Conseil d’État.

Les médicaments vendus sur Internet

Les médicaments d’automédication en accès libre et ceux "non soumis à prescription médicale obligatoire" et servis en petit conditionnement de sept jours. Au total, plus de 4 000 médicaments sont proposés sur les sites autorisés.

L’Agence du médicament estime "qu’ils peuvent être utilisés sans intervention d’un médecin pour le diagnostic, l’initiation ou la surveillance du traitement". A contrario, des médicaments comme le Viagra, vendus sur prescription, ne sont pas disponibles sur Internet. Lorsqu’ils y sont proposés, ce sont des produits de contrefaçon !

Qui peut acheter des médicaments sur Internet ?

Seules les personnes âgées d’au moins 16 ans peuvent acheter en ligne les médicaments d’automédication ou délivrés sans prescription. Leur identité est vérifiée à la commande, car il faut ouvrir un compte personnel en indiquant ses nom et prénom, sa date de naissance, son adresse électronique ainsi que sont état de santé.

Aucun médicament ne peut être délivré si le questionnaire est incomplet. Chaque compte recense les commandes passées.

L’achat de médicaments est-il limité en quantité ?

La réglementation prévoit que "le volume de la commande se fait dans la limite d’un mois de traitement à posologie usuelle. La quantité maximale correspond au traitement aigu. Au-delà, la commande se bloque" (arrêté du 20 juin 2013, J.O. du 23).

En clair, la commande se limite à "une boîte ou un mois de traitement, jusqu’à deux mois pour un client habituel qui fournit les explications". Au-delà, il faut présenter une ordonnance.

Les conditions de vente en ligne de médicaments

Elles s’approchent le plus possible du conseil en officine : secret professionnel, indépendance du pharmacien qui peut refuser la délivrance d’un médicament contraire à la santé de l’acheteur, explications sur la posologie, les effets secondaires. Le site ne tolère ni publicité, ni forum de discussion.

Quant au prix, il est fixé à la discrétion du pharmacien et affiché en euros TTC de manière claire, lisible et sans ambiguïté. Un prix trop bas doit éveiller des soupçons de contrefaçon. Les frais de livraison sont indiqués à part sur la commande.

Comment s’organise la livraison ?

Elle est sous la responsabilité du pharmacien qui organise son acheminement au domicile de l’acheteur. La facture comporte le nom et l’adresse de la pharmacie qui a dispensé les médicaments.

Le malade peut aussi passer prendre sa commande à l’officine. Dans ce cas, son dossier pharmaceutique peut être mis à jour comme si l’achat venait d’avoir lieu.

Attention à la contrefaçon de médicaments

La moitié des médicaments falsifiés ou contrefaits sont vendus en ligne, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Des trafiquants russes ou polonais repèrent et investissent des sites de pharmacie dont le nom est abandonné, quand ils n’en créent pas de toutes pièces, pour écouler des produits illégaux », explique Isabelle Adenot, présidente de l’ordre des pharmaciens.

Pas moins de 9,8 millions de faux médicaments ont été saisis dans le monde à la suite d’une vaste opération de contrôle en juin 2013, dont 812 000 en France, et plus de 9 000 sites illégaux ont été fermés.

L’ordre des pharmaciens, qui opère une veille sur les sites en ligne, a entamé des poursuites contre 11 sites illégaux en France et en a signalé 40 à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaeps).