Le gouvernement veut relancer le carnet de santé numérique

Le gouvernement veut relancer le carnet de santé numérique
Le gouvernement veut relancer le carnet de santé numérique - @Ridofranz

Serpent de mer depuis 14 ans, le Dossier Médical Partagé revient sur le devant de la scène : le gouvernement l’a relancé le 6 novembre. Reste à savoir si les médecins l’adopteront cette fois-ci.

Le 6 novembre, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a relancé le Dossier Médical Partagé (DMP) en annonçant la création du carnet de santé numérique.

Sa fonction : centraliser les informations médicales des patients, comme les comptes rendus d’hospitalisation et de consultation, les résultats d’analyses biologiques, les radios, etc.

Ses objectifs : favoriser la coordination des soins entre professionnels de santé, entre médecine de ville et établissements de santé ou médico-sociaux. Améliorer la prise en charge des pathologies chroniques et le suivi médical des patients fragiles, enfants comme personnes âgées.

Ses caractéristiques : il est « gratuit, confidentiel, sécurisé » et non obligatoire.

Tout patient peut en ouvrir un sur dmp.fr ou auprès des agents des caisses d'assurance maladie, des établissements de santé ou des professionnels.

Le Dossier Médical Partagé a été longtemps attendu, maintes fois annoncé, maintes fois repoussé. Il doit devenir demain une évidence pour tous les Français, comme l’est devenue la carte Vitale, a commenté Agnès Buzyn.

En effet, le DMP remonte à 2004… à l’époque où Philippe Douste Blazy était ministre de la santé. Il a été testé dans neuf départements entre 2016 et 2018 sous le ministère de Marisol Touraine. Au final, 1,2 million de Français détenaient un tel dossier au début de l’été 2018. C'est loin de l'objectif de 40 millions de DMP ouverts d'ici à 5 ans inscrit dans un accord entre l'Assurance maladie et l'Union nationale des professionnels de santé (UNPS). 

Le gouvernement actuel souhaite donc créer un Espace Numérique de Santé qui accueillera le Dossier Médical Partagé, dans lequel le patient pourra :

  • consulter les données médicales le concernant, en provenance des professionnels de santé ;
  • scanner et ajouter lui-même des documents de son dossier médical « papier » (anciens compte-rendu, résultats d’examens, courriers …).

La question qui se pose est toujours la même : le DMP va-t-il cette fois-ci décoller ? Pour qu'il soit un succès, il faudrait qu'il rencontre l’adhésion des médecins, ce qui n’est pas gagné…, cet outil étant souvent jugé de leur part inadapté à leur pratique.

Pour renverser la tendance, l'Assurance maladie pourrait négocier avec eux des mécanismes d'incitation financière, comme elle l'a déjà fait avec les pharmaciens, qui toucheront un euro par DMP ouvert.

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