Hospitalisation : l'information du patient

Hospitalisation : l'information du patient

Connaître le fonctionnement du service et le rôle du personnel soignant vous aidera à bien supporter le temps d’hospitalisation. N’hésitez pas à poser des questions !

Tout professionnel de santé a le devoir d’informer son patient afin de lui donner la possibilité de consentir à l’intervention ou au traitement en connaissance de cause. Si, malgré toutes ces explications, des incertitudes subsistent, il est conseillé de les noter et de poser les questions au moment de la visite ou des soins.

Afin de s’adresser au bon inter­locuteur, il est important de comprendre l’organisation du service où l’on est hospitalisé et le rôle de chacun des intervenants.

Médecin, infirmier, aide-soignant : à qui s'adresser ?

Un service hospitalier repose sur les épaules d’un chef de service qui dirige les praticiens hospitaliers : médecins seniors (assistants, chefs de cliniques, attachés, contractuels). Les internes sont des médecins en formation qui effectuent des actes sous la responsabilité d’un médecin senior. Les externes sont des étudiants. Les personnels se présentent au patient et doivent être ­identifiés au niveau de leur tenue (badge, fonction).

Côté personnel soignant, chaque service est coordonné par un cadre de santé, sorte d’infirmier en chef qui supervise le travail des infirmiers (IDE), généralistes ou spécialisés (anesthésistes, puéricultrices…) et des aides-soignants.

La visite médicale et les soins pratiqués le matin sont l’occasion de dialoguer avec les médecins et chacun des soignants, de poser des questions, de participer aux choix thérapeutiques, pour mieux ­adhérer au traitement.

Pour l’entourage présent l’après-midi, en général de 14 à 20 heures, les renseignements sont fournis au bureau des infirmiers, la plupart du temps situé à l’entrée du service. La prise de médicaments vers 19 heures peut aussi être le moment de dialoguer avec l’équipe des infirmiers.

Si la sortie risque de poser un problème, il faut solliciter l’assistante sociale. C’est le cas, par exemple, si le malade doit recevoir des soins de suite ou s’il est dans l’incapacité de rentrer à son domicile, du fait de son isolement ou de son manque d’auto­nomie, et doit bénéficier d’une aide ménagère ou familiale.

L’information échangée autour d’une intervention est primordiale pour le malade, constate Claire Compagnon, initiatrice des États généraux des malades atteints du cancer. La loi dit que cette information incombe au médecin, mais elle est donnée de préférence aux gens qui sont déjà mieux outillés pour l’obtenir et la comprendre. Pour un patient opéré, c’est le meilleur moyen de se reconstruire en tant qu’individu, de prévenir l’aggravation de son état, d’organiser son temps de vie après l’intervention.

La Maison des usagers, un médiateur avec l'hôpital

82 % des personnes hospitalisées ne connaissent ni la Maison des usagers, ni son représentant. Composée de membres des associations de patients, elle sert de médiateur avec l’hôpital.

Le malade peut lui communiquer ses observations sur les soins et l’accueil qu’il a reçus. Les coordonnées de cette commission figurent dans le livret d’accueil. Parfois, un bureau avec des permanents existe au sein de l’hôpital.

A l'hôpital, des solutions contre la douleur

Depuis la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades, toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager la douleur, celle-ci étant en toute circonstance « prévenue, évaluée, prise en compte » de façon à être traitée. Chaque patient reçoit un « contrat d’engagement contre la douleur » annexé au livret ­d’accueil.

Un Comité de lutte contre la douleur (Clud) répond dans chaque établissement à cette préoccupation par une meilleure méthode d’évaluation des douleurs aiguës et chroniques, ainsi que par une prise en charge médicamenteuse. Les patients sont incités à ne pas l’endurer sans la signaler.

Car, une fois installée, la douleur sera plus difficile à supprimer. Il existe des antalgiques à libération continue ou des pompes à morphine qui tiennent les douleurs à distance.

Dans le cas des enfants, tous les soins réalisés (piqûre, pose de cathéter, etc.) et pratiqués sans urgence doivent être précédés de la pose d’un patch anesthésiant. Les enfants peuvent, dès 4-5 ans, se situer sur l’échelle de la douleur à l’aide de jetons de 1 (faible) à 4 (forte). Chez les tout-­petits, elle est évaluée sur une échelle de ­faciès (prostration, pleurs, cris).

De même, si trop d’anxiété ou d’insomnie compromettent votre rétablissement, demandez un médicament relaxant à l’infirmier ou consultez le psychologue à votre disposition dans certains services ­(oncologie, cardiologie, etc.).

La prévention des infections nosocomiales

Comment comprendre qu’une fois entré à l’hôpital pour y être soigné, on puisse en ressortir plus malade encore, sous l’effet de maladies nosocomiales contractées le temps d’une intervention ?

Comme pour la douleur, chaque établissement doit posséder un Comité de lutte contre les infections nosocomiales (Clin), qui signale et analyse tout dysfonctionnement et met en place des actions de prévention. Le respect du lavage des mains étant primordial, le Clin vérifie, par exemple, le ratio entre les flacons de solution antiseptique utilisés et le nombre de patients.

Depuis 2004, on peut consulter le ­classement des établissements de santé dans ce domaine, grâce à l’indicateur Icalin des activités de lutte contre ces ­infections. En 2010, 92 % des établissements de santé se classaient dans les catégories A et B de cet indicateur.

On constate par ailleurs que les erreurs médicales lors d’opérations chirurgicales régressent. Le protocole de surveillance, appelé « check-list au bloc opératoire », obligatoire, a réduit de 30 % les complications ou erreurs. Avant d’être endormi, le patient – qui porte un bracelet nominatif – doit décliner son identité, indiquer l’opération prévue, le membre opérable, etc.

Cette pratique peut éviter la confusion du patient,  révéler l’oubli d’un traitement antibiotique préventif, une erreur de côté à opérer, une radiographie non réalisée et autant de déprogrammations d’interventions…