Faut-il faire confiance aux médicaments génériques ?

Faut-il faire confiance aux médicaments génériques ?

Le Pr Régis Poujet, auteur du Guide des médicaments génériques, nous explique pourquoi on peut se fier à ces produits.

Quand les médicaments génériques sont-ils apparus ?

Ces médicaments vendus non plus sous le nom de la marque mais sous le nom de la molécule ont été autorisés et inscrits dans le Code de la santé publique en 1996.Longtemps boudés par les français, les génériques se sont fortement développés en France depuis 2002 grâce aux efforts conjugués des professionnels de santé et de l'Assurance Maladie. Pour conforter ce développement, les organisations représentatives des pharmaciens et l'Assurance Maladie ont signé un accord le 6 janvier 2006 avec comme objectif un taux de pénétration des génériques de 70 % à fin 2006.

Pourquoi les génériques sont-ils moins chers ?

Il s'agit de médicaments élaborés à partir de formules connues depuis plus de vingt ans et dont le brevet est tombé dans le domaine public.Leur prix de vente supporte des coûts de fabrication, mais plus aucuns frais de recherche et développement, ni de lancement.

Sont-ils aussi efficaces que les médicaments vendus sous une marque ?

Les génériques sont constitués exactement du même produit chimique que leurs équivalents de marque. C'est-à-dire qu'ils contiennent strictement les mêmes molécules actives, dosées dans les mêmes proportions.Ils produisent donc les mêmes effets sur l'organisme. Seuls les excipients (le support neutre) peuvent être différents. Mais, dans la pratique, il n'existe pas beaucoup de formules d'excipient possibles.On utilise généralement de l'amidon, parfois du glucose, du fructose, du sodium ou de l'éthanol. Des matières premières très simples, présentant la même qualité qu'il s'agisse de génériques ou non.

Risque-t-on plus d'effets secondaires avec des génériques ?

Non. Même si, le plus souvent, ce ne sont pas les mêmes laboratoires qui mettent au point les médicaments de marque et les génériques, tous les chimistes savent qu'il n'existe pas cinquante façons de produire un médicament. La fabrication en tant que telle n'est pas du tout un processus compliqué. On trompe les gens en laissant croire que, parce qu'il s'agit d'un laboratoire plus prestigieux, le médicament sera plus sûr.

Quelques équivalences courantes

Aspégic (antidouleur) > Acide acétylsalicylique

Clamoxyl (antibiotique) > Amoxycilline

Doliprane (antidouleur) > Paracétamol

Primpéran (stimulant de la muqueuse intestinale) > Métoclopramide

Advil (antidouleur) > Ibuprofène

Fludex (diurétique) > Indapamide

Spasfon (antispasmodique) > Phloroglucinal

Débridat (antispasmodique) > Trimebutine