Étudiants : comment se faire soigner gratuitement ?

Étudiants : comment se faire soigner gratuitement ?

Beaucoup d’étudiants renoncent à consulter, faute de moyens. Pourtant, à l’université, des centres de santé reçoivent gratuitement. Petit guide des services.

Sur les 2,4 millions d’étudiants en France, seuls 18 % d'entre eux déclarent utiliser les services universitaires de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS) pour se soigner sans débourser.

Une affiliation à la Sécurité sociale dès l’entrée en fac

Les élèves et étudiants de l’enseignement supérieur, âgés de 16 à 28 ans, doivent s’affilier à la Sécurité sociale étudiante (213 € pour 2014-2015) et choisir une mutuelle étudiante  : la LMDE ou la Smerep.

Pour les étudiants de 20 à 28 ans, la Sécurité sociale étudiante est obligatoire et payante (sauf pour les boursiers)  ; avant 20 ans, elle est souvent gratuite.

Les mutuelles gèrent, du 1er octobre au 30 septembre, les remboursements Sécu et la part complémentaire. Cette couverture se prolonge un an en fin de cursus, au titre du maintien des droits.

Au-delà, il faut se tourner vers la CMU (couverture maladie universelle) en l’absence d’autre protection sociale, voire la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) en cas d’isolement et de grande précarité (formulaires téléchargeables sur ameli.fr).

Les étudiants qui travaillent en CDI ou CDD sur l’année, au moins soixante heures ou 60 Smic par mois (ou cent vingt heures par trimestre), en sont dispensés. La caisse primaire d’Assurance maladie (CPAM) de leur domicile les prend en charge et les rembourse.

Le choix du médecin référent

L’étudiant déclare un médecin " référent " : celui qui s’occupe de sa santé sur son lieu d’études en SUMPPS ou son médecin traitant (généraliste ou spécialiste) s’il ne déménage pas (voir ameli-direct.ameli.fr). 

Dès lors, les consultations et les soins (prestations en nature) sont pratiqués sans avance de frais sur présentation de la carte Vitale et de la carte de mutuelle.

En ville, les consultations sont remboursées au taux habituel (70 % de 23 €, soit 16,10 €), le reste à charge (6,10 €) étant réglé par la mutuelle. C’est cette dernière option qui s’ouvre aux élèves de l’enseignement supérieur qui poussent la porte d’un généraliste ou d’un spécialiste.

Une visite avant la fin de la 3e année

Les SUMPPS animent un programme de prévention.

 L’étudiant est reçu au plus tard avant la fin de sa 3e année pour une visite obligatoire et gratuite, explique Marie-Françoise Nicolas, directrice adjointe du SUMPPS Bretagne occidentale.

L’infirmier fait le point sur le mode de vie du patient et ses éventuels points faibles (sommeil, alimentation, addiction, etc.). Puis l’intéressé rencontre un généraliste pour un examen clinique et la vérification de ses vaccinations.

Les inscrits en filière dite "à risque" – médecine, biologie, kinésithérapie, etc. – bénéficient d’une visite annuelle gratuite, au cours de laquelle leur couverture vaccinale est vérifiée, et si besoin complétée.

Des consultations en individuel

Bon nombre de SUMPPS proposent des consultations individuelles, avec ou sans rendez-vous en présentant sa carte Vitale, sa carte d’étudiant, sa carte de mutuelle, et, pour les étudiants étrangers, un certificat européen ou provisoire.

L’éventail des soins diffère selon les campus : dentaire, optique, nutrition, gynécologie, etc. En contrepartie d’une cotisation de 5,10 €, l’étudiant peut, en toute confidentialité, passer une visite en médecine du sport, se faire vacciner ou rencontrer un généraliste, en bénéficiant du tiers payant (sans avance de frais).

Le généraliste pour se soigner au quotidien

  • Pourquoi consulter  ? Les généralistes consultent dans les SUMPPS, une porte facile à pousser pour les inscrits et les élèves d’établissements privés ayant signé une convention.
  • Examens et soins : examens cliniques, avec ou sans ordonnance, et vaccinations sont assurés. Le vaccin sera apporté par l’étudiant (prescription possible par un médecin du service).
  • Des certificats sont délivrés : pour un travail, la pratique d’un sport, l’aménagement des conditions d’études en cas de handicap, le maintien d’une bourse pour raison médicale, un stage à l’étranger.
  • Coûts : l’intéresse ne débourse rien pour la consultation de 23 €, en justifiant de ses cartes d’étudiant, Vitale et mutuelle.
  • Délais : le SUMPPS est souvent ouvert du lundi au vendredi, de 9 à 18 heures, avec des plages horaires libres. Mais mieux vaut prendre rendez-vous pour être reçu dans les ­quarante-huit heures.
  • Autres filières de soins : les centres de santé, les centres médico-sociaux municipaux, les infirmières scolaires, pour les élèves du supérieur.

Chez le dentiste avant d'avoir mal

  • Pourquoi consulter  ? « C’est la douleur qui pousse à prendre rendez-vous », explique Stéphane Exshaw, directeur du centre médical et dentaire Viala à Paris. Un traitement préventif est préférable.
  • Examens et soins : traitement de caries, détartrage annuel. Plus rarement, il faut soigner les dents du fond (molaires, dents de sagesse), en extraire une ou poser une couronne.
  • Coûts : les soins conservateurs aux tarifs conventionnels sont remboursés par la Sécu (à 70 %). Avec une mutuelle, l’intéressé n’avance rien. Les couronnes sont à prix plancher (de 500 à 600 €), avec un même remboursement qu’en cabinet.
  • La mutuelle est indispensable pour le reste à charge (garantie dentaire).
  • Délais : de quinze jours en général, ils peuvent être raccourcis en cas d’urgence.
  • Autres filières de soins : le Pass dentaire pour les plus démunis (Lorient, Bordeaux, Metz, Montauban, Paris, Poitiers, Saint-Denis, Strasbourg). Et les services d’odontologie hospitalo-universitaires (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Paris, Toulouse, etc.).

L'urologue pour mieux vivre sa sexualité

  • Pourquoi consulter  ? « Ce sont des infections sexuellement transmissibles (IST), des troubles de l’érection, des ­douleurs qui amènent les jeunes à ma consultation, énumère Michel Schouman, urologue-sexologue. C’est pourquoi ils sont peu nombreux. »
  • Examens et soins : pour faire tomber l’anxiété, il faut vérifier les troubles supposés par un examen clinique, complété par une échographie si nécessaire. De simples conseils d’hygiène, le rappel du préservatif sont le plus souvent prodigués.
  • Coûts : la consultation d’un spécialiste conventionné (25 €) est remboursée à 70 % par la Sécu, le reste par la mutuelle.
  • Délais : prévoir une semaine.
  • Autres filières de soins : les centres de santé (municipaux) ou l’hôpital reçoivent en consultation spécialisée (tarif conventionnel). Un premier
  • centre de santé sexuel a ouvert à Paris, le Centre 190 dans le XXe, qui suit les personnes homosexuelles pour des dépistages et des soins.

Le psychologue pour une écoute anonyme

  • Pourquoi consulter ? Vos études s’enlisent, votre vie quotidienne pose problème, votre avenir vous inquiète… Tournez le dos à l’isolement en vous appuyant sur un psychologue.
  • Examens et soins : en une seule consultation ou à l’occasion d’un suivi régulier, le psychologue vous informe et vous oriente si nécessaire vers
  • les structures extérieures existantes, en toute confidentialité.
  • Coûts : la consultation est gratuite dans un service de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS).
  • Délais : consultation sur rendez-vous pris au secrétariat du SUMPPS. Accueil et écoute sans rendez-vous.
  • Autres filières de soins : centres médico-psychologiques, urgences psychiatriques (24h/24), SOS Amitié (accueil téléphonique 24h/24 et sos-amitie.com), SOS dépression (01 40 47 95 95 et sos.depression.free.fr).

Contacts utiles

  • Tabac info service : 0 825 309 310 (0,15 € TTC/min).
  • Drogues info service : 0 800 23 13 13 (gratuit).
  • Alcool info service : 0 811 91 30 30 (prix d’un appel local).
  • SOS viols : 0 800 05 95 95 (gratuit).
  • SOS homophobie : 0 810 108 135 (prix d’un appel local).
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