Contraception : quelle alternative à la pilule ?

Contraception : quelle alternative à la pilule ?

Depuis 2013, une femme sur cinq a changé de contraception. La tendance aujourd’hui est de faire appel à des moyens contraceptifs sur mesure, respectueux des contre-indications.

L’enquête Fecond Inserm-Ined a mis en évidence en 2013 un recul de la pilule.

Malheureusement, il existe peu de méthodes efficaces sans hormone, sauf la contraception définitive et le stérilet au cuivre ", assure Élizabeth Paganelli, gynécologue.

Contraception : informer dès 15 ans

Les mères doivent aborder la question de la contraception avec leur fille pour éviter toute grossesse indésirable.

"Dès 15 ou 16 ans, un rendez-vous chez un généraliste, un gynécologue ou une sage-femme est à envisager en commun. La jeune fille recevra une information détaillée sur la pilule du lendemain et le préservatif pour l’utiliser à bon escient ", conseille Teddy Linet, gynécologue à Challans (85), qui précise qu’il n’y a pas d’examen gynécologique ou de palpation des seins.

Cette démarche ne précipite pas les premiers rapports, mais écarte le risque d’une interruption volontaire de grossesse traumatisante.

"C’est aussi le moment de pratiquer le vaccin HPV (remboursé à 70 % jusqu’à 19 ans) contre le cancer du col de l’utérus car le préservatif ne l’évite pas", ajoute Thierry Harvey, gynécologue à l’hôpital des Diaconesses, à Paris.

Informations sur la prescription de contraceptifs gratuits pour les moins de 18 ans et conseils sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) : planning-familial.org

Utiliser les patchs, implants, ou anneaux vaginaux

L’éventail des méthodes contraceptives est large.

"Le praticien doit les présenter en distinguant les méthodes efficaces – pilules de deuxième génération (Adepal ou Optidril, par exemple), patchs et anneau x contraceptifs – et les méthodes très efficaces à longue durée d’action : dispositifs intra-utérins (cuivre ou hormonal) ou implants Nexplanon ", résume Teddy Linet.

En absence de contre-indication, une pilule faiblement dosée en œstroprogestatifs (Optilova) ou microprogestative (Cérazette) convient.

Plus d'informations sur la contraception sur choisirsacontraception.fr, le site de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES).

Les contraceptifs à longue durée d'action

Pour les étourdies, un contraceptif à longue durée d’action – anneau vaginal, patch transcutané ou dispositif intra-utérin – semble plus indiqué.

Efficace sans avoir à y penser, l’anneau vaginal (œstroprogestatif), à placer soi-même dans le vagin, comme un tampon, protège quatre semaines. Sur ordonnance en pharmacie (16 € par mois, non remboursé).

Le patch contraceptif, à coller sur la peau du bas-ventre, des fesses ou à l’extérieur du bras, délivre des doses d’hormones (œstrogène et progestatif) qui protègent un mois. Délivré sur ordonnance en pharmacie, il coûte 15 € par mois (non remboursé).

L'implant contraceptif

L’implant contraceptif à base d’étonogestrel inhibe l’ovulation pendant trois ans. Inséré par le praticien sur la face interne du bras, sous anesthésie locale, le bâtonnet est retiré à la demande. Prescrit, posé et retiré médicalement, il coûte 106,44 € (remboursé à 65 %).

" En cas de rapports occasionnels ou de partenaires multiples, un contraceptif de type implant combiné à un préservatif masculin (qui protège des IST) fait l’affaire ", ajoute Teddy Linet.

Les stérilets

Les dispositifs intra-utérins en cuivre (DIU) agit comme des spermicides chimiques pendant dix ans. Les systèmes intra-utérins (SIU) au lévonorgestrel offrent une sécurité sur cinq ans (Mirena) ou sur trois ans (Jaydess).

Avantage : des règles peu abondantes et sans douleur. Adaptés à la morphologie des utérus, ces dispositifs s’adressent à toutes les femmes, qu’elles aient mis au monde un enfant ou non.

Le DIU au cuivre (30,50 €) ou les SIU Mirena (113,07 €) et Jaydess (102,19 €) sont posés et retirés médicalement. Vendus sur prescription, ils sont remboursés à 65 %.

Faire le point sur sa contraception à 35 ans

Il est bon de discuter d’un changement de contraception vers 35 ans car les contre-indications se profilent : risques cardiovasculaires, infarctus, AVC, phlébite.

Pour les femmes qui voudraient programmer une éventuelle grossesse, la contraception avec le SIU Jaydess ou l’implant Nexplanon offre une protection durant trois ans ; avec le SIU Mirena durant cinq ans ; avec un DIU en cuivre durant dix ans.

Les solutions de contraception définitives

La solution de la contraception définitive est choisie par 30 000 Françaises chaque année, dès lors que le couple a obtenu le nombre d’enfants désiré ou en l’absence de désir d’enfant.

La méthode étant irréversible, un délai de réflexion de quatre mois est imposé, au terme duquel il faut signer une confirmation écrite via un formulaire.

Deux techniques sont proposées, toutes deux remboursées à 65 % par l’Assurance-maladie, précise Teddy Linet : « L’obstruction des trompes par l’introduction de stents (Essure) ou la ligature des trompes par la pose de clips. »

Quelle contraception après 45 ans ?

Après 45 ans, une femme sur deux ne sera plus enceinte et les contre-indications s’accumulent.

Les couples stables peuvent adopter une contraception barrière – cape cervicale (60 € environ, non remboursé) ou diaphragme (45 € environ, remboursé sur la base de 3,14 €) –, renforcée par l’utilisation d’un préservatif masculin et/ou de spermicides en gel ou ovules (non remboursés).

Aux premières bouffées de chaleur, « un traitement hormonal substitutif (THS) peut prendre le relais », ajoute Thierry Harvey.

Contraception : 15 contre-indications à signaler

Ces cas de figure doivent être communiqués au médecin afin qu’il adapte ou change le mode de contraception, même temporairement.

  • J’ai plus de 35 ans.
  • Je fume.
  • J’ai des migraines ophtalmiques.
  • J’ai du diabète.
  • Je souffre de complications cardiovasculaires.
  • Un proche a présenté un trouble thromboembolique avant 50 ans.
  • Je prends des médicaments augmentant le risque de thrombose.
  • Je suis en surpoids (IMC > à 30 kg/m2).
  • J’ai un problème de coagulation sanguine (phlébite).
  • J’ai une pression artérielle ou un cholestérol élevés.
  • Je vais prendre l’avion (trajet de plus de 4 heures).
  • Je vais subir une intervention chirurgicale.
  • J’ai des règles abondantes.
  • Je souffre d’une anomalie utérine.
  • Je viens d’accoucher et j’allaite.