Améliorer son domicile pour bien vieillir chez soi

Améliorer son domicile pour bien vieillir chez soi

Décider de ne pas quitter son domicile, son quartier, ses amis, est un choix légitime. Car le logement que l’on habite souvent depuis de longues années est un lieu chargé d’histoire. Pour y rester dans de bonnes conditions, une réflexion s’impose.

Les gérontologues sont formels : un logement correctement conçu, avec son environnement humain et physique, constitue un formidable élément de prévention de la perte d’autonomie.

En effet, les années passant, notre champ d’action va se réduire. Il peut donc être utile d’anticiper ce nouvel état. Il existe aujourd’hui quantité d’astuces pour faciliter son quotidien et améliorer son intérieur.

Anticiper les réaménagements

À s’inscrire dans une telle démarche, on est forcément bénéficiaire ! En effet, le logement va gagner en confort et les occupants en qualité de vie. Qui plus est, ils auront la possibilité d’y rester plus longtemps. Enfin, plus les aménagements du logement sont anticipés, plus les occupants sont maîtres des choix qu’ils supposent.

Il arrive aussi un âge où l’on n’a plus le courage de se lancer dans de grands travaux. C’est entre 60 et 70 ans que tout se joue. C’est au moment où l’on est encore entreprenant physiquement et psychologiquement qu’il faut penser à adapter sa maison ou envisager de déménager vers un nouveau chez-soi.

Par où prendre le problème ? Il peut être bon de changer tout ce qui est d’ores et déjà vétuste. Il faut donc commencer par faire le tour de son logement en pensant à la pérennité de ses installations. Si on s’inscrit dans cette optique, les choses qui doivent être rénovées ou changées sautent aux yeux.

Poser un nouveau regard sur son logement

Les volumes

Il ne faut pas hésiter à supprimer ou déplacer une cloison pour gagner de l’espace et de la lumière, même s’il est nécessaire d’exécuter des travaux pour refaire l’entrée ou la cuisine ou transformer une chambre en bureau. On ne regrette jamais ce genre de transformation quand on vit toute la journée dans le même lieu.

Les fermetures

Les fenêtres doivent faire l’objet d’un soin particulier. Si elles gonflent en hiver et si leur ouverture est déjà difficile, ce sera quasi impossible avec moins de mobilité ou de force dans les poignets ! Un double vitrage isolant, au niveau thermique et phonique, s’avère incontournable lorsque l’on remplace ses vieilles fenêtres.

Le choix, aujourd’hui très large, doit privilégier la facilité d’ouverture. Comme il est indispensable d’aérer régulièrement et suffisamment son logement, autant que ce ne soit pas une corvée !

Les volets aussi sont importants. Ils doivent être faciles à actionner. La mise en place de volets à commande électrique peut alors être astucieuse. Ils doivent protéger du froid, de la chaleur et des cambrioleurs.

Se protéger des intrus

Ceux qui habitent une maison individuelle ne doivent pas hésiter à installer, aux points stratégiques, une cellule photoélectrique commandant l’éclairage extérieur. Très pratique pour savoir où l’on met les pieds le soir, ce dispositif est aussi utile pour contrôler qui entre dans l’allée.

Les occupants d’habitations isolées ou qui risquent d’être cambriolées peuvent faire installer une caméra et un système de vidéosurveillance. Il peut être utile de contacter un professionnel de la sécurité, de préférence affilié au GPMSE (Groupement professionnel des métiers de la sécurité électronique), et de se renseigner sur les matériels agréés par les assurances (label Apsad).

Se prémunir des chutes

Ce qu’il faut à tout prix éviter, c’est l’accident. On compte chaque année 3 millions de chutes chez les plus de 65 ans, qui se soldent par plus de 9 000 décès ! Près d’une chute sur quatre nécessite une intervention d’urgence et 25 000 personnes en garderont un handicap définitif. Il est donc impératif de réduire ce risque en effectuant de nouveaux aménagements dans son logement.

Les escaliers

Installer une rampe d’accès en bois, en alu, en cordage, est une solution simple pour anticiper le souci que représente l’escalier pour ceux et celles qui n’ont plus un bon usage de leurs jambes. De plus, il en existe de très esthétiques !

Dégager les endroits de passage

Le téléphone qui sonne, le carillon de la porte qui retentit, et voilà qu’on se précipite, sans vraiment faire attention. Le danger, c’est alors de se prendre les pieds dans les fils électriques, de buter contre une plante verte ou de se taper le tibia contre un petit meuble.

C’est ce qui est arrivé à Louise. Elle est tombée à cause des fils de sa télévision qui étaient sur son chemin. Depuis, elle ne jure que par les range-fils ! Il faut impérativement débarrasser le sol de tout obstacle. Il sera plus facile de passer la serpillière ou l’aspirateur, et cela réduira les risques d’accident.

Les sols

Les parquets, qu’ils soient vitrifiés ou cirés, sont très glissants. Il en est de même de certains linos et carrelages. Alors, gare aux chutes ! Il existe des carrelages antidérapants pour les espaces humides et il sera judicieux de poser une moquette rase dans les autres pièces, notamment les chambres. Elle présente le grand avantage d’amortir les chocs.

Concernant les marches et dénivelés, s’ils peuvent être aplanis, c’est mieux. Sinon, il est important qu’ils soient signalés par un revêtement ou une couleur différents.

Repenser le chauffage et l'électricité

Le chauffage et l’isolation

La chaudière, vieille de quinze ans ou plus, tiendra-elle encore le coup dans cinq ans ? C’est peut-être le moment d’opter pour un matériel aux normes et qui consomme moins d’énergie. Mieux chauffer va aussi de pair avec une amélioration de l’isolation : planchers, combles, murs…

Une pièce à la température également répartie et constante constitue un confort très appréciable, surtout lorsqu’on a des activités invitant à rester en place : la lecture, les maquettes, la peinture, la mosaïque, etc. De nouveaux matériaux ont fait leur apparition, plus efficaces, plus sains pour la santé, plus faciles à poser.

Si, en cinquante ans, on a gagné la bataille contre le froid, la chaleur a été la grande oubliée. Une nouvelle réglementation a été mise en place en 2000 pour les constructions neuves, mais que faire avec les bâtiments existants ?

On peut corriger les erreurs passées, lors d’une rénovation, par la pose d’un isolant extérieur sur les toits plats ou la suppression des moquettes trop épaisses. Avant de s’équiper d’un climatiseur, il peut être intéressant de penser à la VMC (ventilation mécanique contrôlée) ; bien réglée avec une surventilation nocturne, elle permet d’abaisser la température.

L’électricité

Il faut faire vérifier son installation par un spécialiste. Il suffit d’appeler EDF, qui dépêchera un technicien. S’il faut changer les interrupteurs, optez pour ceux qui ont une touche large, souple, et une forme biangulaire pour accompagner le geste. Inutile de les placer à 1,50 m du sol, à 80 cm c’est tout aussi bien. On peut ainsi les atteindre debout comme assis.

Réaménager les pièces de son logement

Les sanitaires

Question lavabos, ceux qui sont sur pied sont très peu pratiques. Mieux vaut installer une vasque sur un plan de toilette. On pourra y poser son verre à dents, ses produits de beauté, sa mousse à raser. Et le jour où il faudra faire sa toilette assis, cela permettra d’y poser également les bras et de glisser les jambes dessous. Les lavabos à hauteur réglable peuvent être une solution !

Pour la baignoire, préférer les moins profondes et celles qui possèdent des barres d’appui et des poignées pour se relever. Il en existe de plain-pied avec porte. Conçues au départ pour ceux qui ont une mobilité réduite, elles peuvent être également source de plaisir et de bien-être avec un système de balnéothérapie.

Quant à la douche, un rebord extra-plat (pas de franchissement important) ou, mieux encore, un bac à encastrer (sans aucun franchissement) présentent la meilleure accessibilité.

Autre point, la robinetterie. Que ce soit dans la cuisine ou la salle de bains, si les commandes des robinets ne sont pas souples et ne permettent pas un réglage précis, mieux vaut les changer. Les mitigeurs sont préférables aux mélangeurs, qui nécessitent l’usage simultané des deux mains. Les thermostatiques permettent aussi d’éviter tout risque de brûlure. Plus sophistiqués, mais aussi très pratiques, les robinets couplés à une cellule photoélectrique, qui se déclenchent dès que l’on approche les mains.

Enfin, il est important de sécuriser sa salle de bains en fixant des poignées sur le rebord de la baignoire et en y plaçant au fond - celui des douches ne sera pas oublié - un tapis antidérapant.

La chambre

C’est un lieu à ne surtout pas négliger, et pas seulement pour le sommeil. La qualité de la literie est importante. Pour un couple, le lit peut être à deux sommiers avec, pour chacun, un relève-buste et un relève-jambes : la hauteur peut aussi se commander électriquement. La table de chevet et la lampe doivent, quant à elles, être solides, stables et faciles d’accès.

Les appareils ménagers de la cuisine

La cuisine est l’endroit où il y a le plus d’accidents, ce qui n’est pas étonnant, car c’est souvent là que l’on s’active. Il est donc utile de vérifier l’accessibilité des armoires, du plan de travail, des prises de courant, des interrupteurs et des fenêtres.

En ce qui concerne le plan de cuisson, sauf pour les malvoyants, mieux vaut préférer les plaques vitrocéramiques, pour leur facilité d’entretien et la présence de témoins lumineux. Les fours indépendants qui s’ouvrent sur le côté, et non vers le bas, sont aussi plus sûrs et plus pratiques.

Où se faire aider et conseiller ?

Il y a encore peu de temps, les aides à l’amélioration du logement ne s’adressaient qu’aux personnes âgées dépendantes. Mais les pouvoirs publics sont arrivés à un constat simple : en un siècle, nous avons gagné douze ans d’espérance de vie et ces années n’allongent pas la période de dépendance. Elles la retardent. Une organisation cohérente des prises en charge se développe, principalement orientée vers le maintien à domicile.

Les centres locaux d’information et de coordination gérontologique (Clic) pour une première orientation

Il s’agit de guichets d’accueil de proximité, qui informent, conseillent et orientent les seniors à différents niveaux : habitat et environnement matériel, accès aux droits (aides au montage de dossiers de demande d’allocation de logement, de financement pour l’adaptation du logement, etc.), mais aussi vie sociale, santé et accès aux soins. Ils étaient au nombre de 25 en 2000, au moment de leur expérimentation, ils sont aujourd’hui plus de 500 répartis sur 93 départements.

Leur grand intérêt est de donner accès aux réseaux de la région. Point n’est besoin d’attendre la perte d’autonomie pour s’adresser à ces spécialistes. Ils en seront même ravis, car leur cheval de bataille est la prévention.

"Nous sommes avant tout des lieux d’écoute, précise Michel Leroux, responsable du Clic de Tours. Nous proposons des pistes pour réfléchir et/ou agir. Par exemple, des conseils liés à une envie de déménager de la ville à la campagne. Nous mettons alors la personne en garde contre les erreurs à éviter, comme de choisir un logement avec une volée de marches à l’entrée. Nous l’informons aussi sur le tissu des services d’aide disponibles dans le quartier. Et nous prodiguons des conseils techniques. Il existe tant d’astuces pour se faciliter la vie !"

Pour les personnes qui travaillent dans les Clic, améliorer son logement en vue d’une future dépendance est loin d’être un drame. "Prenez mon exemple, poursuit Michel Leroux, je suis petit. Est-ce si tragique ? Alors, c’est sûr : lorsque je veux changer une ampoule, je suis obligé de sortir l’escabeau. Mais cela ne m’empêche pas de le faire. J’ai mis au point une solution qui m’est propre. Quand on est âgé, pourquoi se priver de trouver des combines pour se rendre la vie plus confortable ?"

La liste des Clic par département est disponible sur le site du ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale.

Les Pact-Arim pour une expertise technique

Ce sigle compliqué cache un projet simple : Pact, pour "protection, amélioration, conservation, transformation de l’habitat" et Arim, pour "association de restauration immobilière".

Des experts en matière d’adaptation du logement (architectes, ergothérapeutes, etc.), qui connaissent parfaitement la problématique de la perte d’autonomie, peuvent valider un projet. L’association CAL (centre d’amélioration du logement) Pact-Arim de chaque département propose informations et conseils (pour ce qui est des travaux) ainsi qu’une aide pour la recherche de moyens.

Il est aussi possible de faire venir un ergothérapeute du Pact chez soi afin de recueillir un avis technique sur les changements à réaliser. Ce conseil sera peut-être payant (selon la nature des travaux), mais un tel investissement est largement rentable.

L’Anah pour le financement les gros travaux

C’est l’organisme à contacter pour les gros travaux. L’Agence nationale de l’habitat attribue des subventions pour améliorer le confort dans des logements privés. Elle ne prend pas en charge les travaux de petit entretien ou d’embellissement.

La nature des travaux doit permettre d’améliorer l’habitat en matière de sécurité, de confort, d’isolation acoustique, de salubrité, d’équipement, d’accessibilité et d’adaptation aux personnes handicapées.

Les travaux doivent également permettre d’économiser l’énergie. Il est nécessaire de satisfaire à certains critères pour bénéficier de cette aide. Il faut être propriétaire occupant, ou propriétaire bailleur si le locataire occupe le logement à titre de résidence principale. Des conditions de ressources sont aussi à respecter.

Enfin, il faut effectuer les travaux dans un logement achevé depuis au moins quinze ans, et occuper ou louer le logement après les travaux à titre de résidence principale (pendant six ans pour le propriétaire occupant et neuf ans pour le propriétaire bailleur). Les travaux doivent être réalisés par des professionnels.

Le montant de la subvention est variable : par exemple, pour des travaux lourds, il est de 50 % du coût des travaux subventionnables, plafonnés à 50 000 € pour les propriétaires occupants, soit une subvention de 25 000 € au plus ; pour les propriétaires bailleurs, il est de 35 % au plus du coût des travaux subventionnables (80 000 € par logement), soit une subvention maximale de 28 000 €. Enfin, il ne faut jamais commencer les travaux avant d’avoir obtenu l’autorisation de l’Anah.

Pour tous renseignements, s’adresser à la délégation départementale de l’Anah, à la direction départementale du territoire (DDT). Tél. : 0 820 15 15 15 (0,15 €/min).