Admission à l'hôpital : ce qui vous attend

Admission à l'hôpital : ce qui vous attend

Que vous arriviez à l’hôpital par les urgences ou que votre hospitalisation soit prévue, vous devez accomplir un certain nombre de démarches. Revue de détail.

Le patient a le libre choix de la structure où il va recevoir des soins, sous réserve de l’offre de proximité existante et de l’avis de son médecin traitant. Ce dernier a son réseau de chirurgiens en qui il a confiance. Le bouche à oreille ou les publications de classement des hôpitaux peuvent aussi guider le malade dans son choix.

Il est également possible de consulter le site ameli-direct.ameli.fr

Une fois que le patient a choisi l’établissement où il sera opéré, les rendez-vous s’enchaînent.

Plusieurs consultations préopératoires

L’intervention est le plus souvent précédée de plusieurs consultations préopératoires, auprès du chirurgien et de l’anesthésiste. Ce dernier va choisir le type d’endormissement (général, locorégional, péridural). C’est l’occasion de poser des questions.

Le matin même de l’opération, la visite préanesthésique permet de vérifier que le malade est à jeun et qu’aucun obstacle n’interfère avec l’intervention (fièvre, infection). Le patient découvre l’anesthésiste de garde, qui n’est pas forcément celui qu’il a rencontré précédemment.

Le bureau des admissions de l'hôpital : un passage obligé

Avant une hospitalisation, le patient doit se présenter au bureau des admissions avec un certain nombre de justificatifs, pour bénéficier d’une prise en charge de ­l’Assurance-maladie, puis de la complémentaire santé.

Le malade doit se présenter au bureau des admissions avec les papiers suivants :

  • la carte Vitale (penser à la mettre à jour) et l’attestation papier de Sécurité sociale ou l’attestation CMU ou l’attestation AME (aide médicale d’état) ; si vous ne possédez pas de carte Vitale, vous devrez fournir votre dernier bulletin de salaire si vous êtes salarié, votre attestation Pôle emploi si vous êtes demandeur d’emploi, votre titre de retraite si vous êtes retraité, etc.
  • une pièce d’identité ou carte de séjour ;
  • un justificatif de domicile récent ;
  • la carte ou l’attestation de complémentaire santé ;
  • le courrier d’introduction du médecin référent qui valide le parcours de soins ;
  • éventuellement la feuille d’accident du travail.

Ensuite, le service des admissions lui remet :

  • un bulletin de situation ou d’hospitalisation, faisant office d’arrêt de travail, qui doit être envoyé dans les 48 heures à l’employeur ou à Pôle emploi et à la caisse primaire qui verse les indemnités journalières maladie ;
  • un formulaire de désignation indiquant la personne de confiance qui va l’accompagner et, si besoin, prendre les décisions à sa place ;
  • un livret d’accueil.

Les malades sans couverture sociale doivent demander l’appui de l’assistante sociale au bureau des entrées. Elle les aidera à obtenir une attestation d’admission en urgence à la couverture maladie universelle (CMU) de base ou à l’aide médicale d’État (pour les sans-papiers).

Les malades aux ressources insuffisantes doivent demander la CMU complémentaire ou une prise en charge au titre de l’action sanitaire et sociale de leur caisse primaire. Une fois les formalités accomplies, le patient se voit remettre différents papiers, dont le livret d’accueil (article L. 1112-2 du Code de la santé publique).

Ne pas oublier de se munir des informations médicales utiles, même anciennes : résultats d’examens, ordonnances, radiographies, carte de groupe sanguin, etc.

Le livret d’accueil  à l'hôpital : une mine d’informations

Préoccupé par son état de santé, le malade ne voit pas toujours l’utilité du livret d’accueil. C’est pourtant là qu’est présentée l’unité de soins. Les règles de la vie en ­collectivité y sont rappelées : visites, bruits, hygiène personnelle, etc.

On y trouve aussi les principaux points de la Charte de la personne hospitalisée, qui énumère les droits des patients : droit à l’accès et à la ­qualité des soins, droit d’être informé et de participer aux décisions médicales, accès au dossier médical, secret médical, protection de l’intimité et de l’intégrité de la personne, droit d’expression et de recours, droit de quitter l’établissement après avoir signé une décharge.

Le livret contient également les coordonnées du bureau des usagers (boîte aux lettres, courriel, permanence), dont les représentants veillent au respect des droits des malades et à leur information sur les pratiques de l’hôpital.

Les urgences  : un cas à part

L’intervention peut être aussi décidée après un passage aux urgences. Accompagné par les pompiers, le Samu ou l’entourage, le patient est rapidement vu par une infirmière d’accueil et d’orientation.

Il attend ensuite dans un box l’examen clinique d’un médecin, puis, le cas échéant, qu’on procède à des examens complémentaires. Son dossier une fois réexaminé peut le conduire à une intervention. Quatre ou cinq heures se sont alors écoulées, quand ce n’est pas plus.

Promesse de campagne électorale, l’accès en 30 minutes à des soins spécialisés d’urgence sur l’ensemble du territoire est-il réalisable ? À l’heure actuelle, seul l’appel au 15, numéro d’urgence, offre de meilleurs délais, grâce à l’orientation du médecin régulateur du Samu vers tel ou tel service disponible. Les maisons pluridisciplinaires de santé pourraient à l’avenir permettre un ­désengorgement des urgences dans les soins de proximité.

Bon à savoir : le projet de loi santé qui sera discuté au Parlement au premier semestre 2015 prévoit un certain nombre de mesures dans l’intérêt des patients. Parmi elles, un service territorial de santé devrait être mis en place ; des « groupements hospitaliers de territoire » (incluant les établissements publics et privés) seraient ainsi rendus obligatoires afin de mieux mutualiser les moyens et d’élaborer un projet médical commun.

Autre mesure prévue dans le projet de loi : à la sortie de l’hôpital, chaque patient se verra remettre une « lettre de liaison » avec les praticiens de ville, et les malades chroniques devraient recevoir, de la part de leur médecin traitant, « un programme personnalisé de soins ».