Vieillir chez soi sereinement en se faisant aider

Vieillir chez soi sereinement en se faisant aider

Rester chez soi est un souhait partagé par bon nombre de personnes âgées. C’est une réalité quand on peut faire appel à des aides diverses, mais aussi quand on adapte son espace de vie à ses nouvelles contraintes. À condition d’avoir une longueur d’avance sur ses besoins futurs.

Ceux qui peinent pour courir derrière leur petite-fille dans les escaliers, qui ont du mal à se relever de leur fauteuil, qui se sentent malhabiles pour attraper les objets, doivent se ménager et savoir s’écouter. Inutile de tester ses limites pour se prouver que l’on est "encore capable de".

En deux mots : il faut accepter de se faire aider, même si cela coûte ! Il est plus que temps de se laisser "bichonner" par ses proches, de déléguer certaines tâches fatigantes avant même de ne plus pouvoir les effectuer.

Suivre la mode du service à domicile

À l’heure où les jeunes les plus alertes commandent leurs bouteilles de lait et d’eau sur Internet sous prétexte que "c’est trop lourd", il ne faut plus hésiter à faire appel à des services à domicile. Internet est devenu la plate-forme de ces nouvelles offres, qui proposent des gammes de services très variées : du portage de médicaments aux services de coiffure, en passant par l’urgence optique, les analyses médicales et la lecture à domicile.

Certains sites sont à caractère social, d’autres relèvent plus d’une logique commerciale. Il existe aussi des associations ou des organismes d’assistance qui poursuivent le même objectif : faciliter la vie à domicile, aider les gens à se sentir bien chez eux.

Appeler SOS bricolage

Quand on ne peut plus monter facilement sur une échelle, poser un lustre, accrocher les rideaux, voire même laver les vitres ou s’occuper de son jardin, que faire ? De nombreuses associations d’aide à domicile ont adjoint un service petit bricolage et jardinage à ceux du ménage et de l’accompagnement de la personne.

On peut aussi faire appel directement à une personne ou une entreprise de son choix. L’intérêt est de pouvoir les régler à l’aide d’un chèque emploi-service universel, qui donne droit à une réduction d’impôt de 50 %, dans la limite de 12 000 €. Depuis le 1er octobre 2008 les particuliers employeurs peuvent adhérer au Cesu bancaire directement sur www.cesu.urssaf.fr. A noter : pour les déclarants de 2010 qui ont pour la première fois utilisé des chèques emploi service en 2009, le plafond donnant droit à réduction d’impôt est de 15 000 €.

L’avantage fiscal ne doit pas faire oublier qu’il faut toujours mettre en concurrence plusieurs prestataires et surtout demander des devis ! Les entreprises de dépannage rapide sont souvent très coûteuses !

A noter : le plafond de dépenses donnant droit à réduction d’impôt est porté à 15 000 € la première année au titre laquelle on demande à bénéficier de cet avantage fiscal. Il peut être porté à 18 000 € au maximum, avec la majoration de 1 500 € par enfant à charge ou rattaché, ou par membre du foyer âgé de plus de 65 ans. Si l’un des membres du foyer est titulaire de la carte d’invalidité ou perçoit une pension d’invalidité de 3ème catégorie par exemple, le plafond est porté à 20 000 €.

L’esthétique à domicile

Les services de coiffure à domicile se développent de plus en plus, aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine. Cela évite de sortir et permet de prendre soin de sa personne et de son hygiène… pour un surcoût en général très modique. Mais pourquoi ne pas faire venir aussi pédicure, manucure ou esthéticienne ? Il suffit souvent de demander pour donner aux professionnels l’idée d’offrir ce service !

Faire ses courses en ligne

Grâce à Internet, il est désormais facile de se faire livrer tout ce que l’on ne veut plus porter. Ces cybermarchés, comme on les appelle, proposent exactement les mêmes produits que ceux des supermarchés traditionnels : épicerie, produits frais, surgelés, viande, produits laitiers…, à des prix souvent très attractifs. Les paiements sur ces sites sont tous sécurisés.

Parmi les sites Web les plus connus, on trouve www.houra.fr, www.auchandirect.fr, www.ooshop.com et www.telemarket.fr. Pour aider à choisir son supermarché, deux sites Web (www.megacourses.com et www.supermarche.tv) permettent de comparer les prix et les services, et de se renseigner sur la zone de livraison. Celle-ci concerne la plupart du temps les grandes villes.

Aide à domicile, pour le quotidien

Avec l’avancée en âge, les tâches quotidiennes peuvent devenir de plus en plus difficiles à effectuer. À partir de 65 ans, des aides spécifiques sont possibles, comme les aides à domicile ou la téléalarme.

Une aide à domicile (officiellement, on ne dit plus aide ménagère) est une personne qui, dans le principe, apporte d’abord une assistance matérielle. Elle aide à entretenir la maison, à faire les courses, la lessive. Elle peut aussi préparer les repas, effectuer quelques démarches administratives simples et courantes, et accompagner la personne chez le médecin ou même chez le coiffeur.

Mais c’est aussi une présence, quelqu’un avec qui on peut faire un brin de causette. Il peut être rassurant de savoir qu’elle passera tel jour, à telle heure, surtout lorsque l’on vit seul(e). La fonction de l’aide à domicile est bien distincte de celle de l’aide-soignante ou de l’infirmière, car elle ne prodigue pas de soins.

Elle ne se réduit pas non plus à une aide "ménagère", sa mission va au-delà. Elle est aussi une conseillère, capable d’apporter un soutien psychologique et moral. Sa qualification est sanctionnée par un diplôme d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS), qui remplace le Cafad (certificat d’aptitude aux fonctions d’aide à domicile).

Le portage des repas

Ce service est réservé aux personnes qui ne peuvent sortir de chez elles ou qui ne peuvent plus cuisiner, soit pour une courte durée (le temps d’un rétablissement après une hospitalisation, par exemple), soit pour une durée plus longue.

Les repas sont livrés à partir d’un foyer-restaurant, d’une maison de retraite ou de toute autre structure de restauration collective. Le coût est partagé entre la collectivité locale et la personne en fonction de ses revenus. Une partie peut aussi être prise en charge par l’aide sociale.

Se renseigner auprès de sa mairie, de son centre communal d’action sociale ou de l’assistance sociale du secteur.

L'Aspa, sous conditions de ressources

Les conditions de ressources détermineront la nature et le montant de l’aide. On peut bénéficier de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) si l’on a au moins 65 ans (ou entre 60 et 62 ans selon la génération si l’on est inapte au travail, par exemple) et si ses ressources annuelles sont inférieures à 8 907,34 € pour une personne seule et 14 181,30 € € pour un couple depuis le 1er avril 2011 (allocation logement et retraite du combattant non comprises).

Cette aide n’est accordée que si l’on ne perçoit pas déjà l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Elle prend en charge l’aide à domicile qui vient pour des tâches d’entretien courant, des soins d’hygiène sommaire, des courses, des démarches simples que l’on ne peut plus accomplir. Que l’aide à domicile soit prise en charge par l’aide sociale ou partiellement par la caisse de retraite, une participation financière pourra être demandée.

Il convient en premier lieu de s’adresser à la mairie, qui, selon les ressources du demandeur, le dirige soit vers le service social (centre communal d’action sociale), soit vers une association d’aide à domicile, soit vers la caisse de retraite. Les sommes versées par l’aide sociale pourront être récupérées sur la succession si cette dernière (on parle ici d’actif net successoral) atteint un total de plus de 39 000 €, et seulement sur la part de succession supérieure à ce montant.

Si les ressources sont supérieures au plafond de l’aide sociale, la prise en charge se fait par une association ou un service d’aide à domicile. En principe, la personne âgée finance elle-même le service d’aide à domicile et bénéficie d’une réduction d’impôt de 50 %, mais elle peut aussi obtenir une participation financière de la caisse de retraite.

Il est bon de savoir qu’après 70 ans on peut demander à être exonéré des cotisations patronales en tant qu’employeur d’une aide à domicile. Se renseigner auprès de l’Urssaf.

Faut-il souscrire une "assurance-dépendance" ?

L’assurance-dépendance est un contrat d’assurance mis en place pour couvrir les frais futurs liés à la dépendance. Car, que l’on décide de rester chez soi ou de payer une maison de retraite, pallier la perte d’autonomie coûte cher. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) prend certes en charge une partie de ces frais (rémunération des intervenants à domicile, règlement des frais d’accueil temporaire ou d’accueil de jour, des dépenses de transports, d’aides techniques), mais elle ne couvre pas l’ensemble des dépenses supplémentaires auxquelles il faut faire face.

Son montant est aussi fonction des ressources. Plus ces dernières sont élevées, plus l’APA est faible. Il peut donc être intéressant de souscrire un contrat d’assurance-dépendance, d’autant que son apport est cumulable avec l’APA. Mais tout dépend de la définition exacte du risque couvert, car, si celui-ci ne survient pas (ce qui est souhaitable), vous perdez tout l’argent que vous avez versé.

La majorité des assureurs prennent en compte les quatre actes de la vie courante qui sont s’alimenter, s’habiller, se laver et se déplacer. L’assurance se déclenche quand on ne peut plus faire, de manière autonome, trois de ces actes, mais ce n’est pas une règle générale. Il faut donc bien se faire expliquer les clauses du contrat.

Reste ensuite le prix. Plus la souscription intervient tardivement, plus les cotisations sont élevées. On peut souscrire entre 50 et 75 ans. Passé cette limite, les assureurs deviennent très frileux. Il en est de même pour les profils à risque (pathologie déjà avérée). Par ailleurs, les contrats prévoient souvent un délai d’attente de un à trois ans entre la signature et la mise à disposition de la rente.

Sécurité avec la téléassistance ou la téléalarme

Vivre chez soi en toute tranquillité est une priorité absolue. Mais lorsque l’on vit seul, cette autonomie nécessite de prendre des dispositions pour pouvoir faire face aux urgences : une angoisse, une chute, un danger. Une technique s’est imposée en France, la téléalarme. Grâce à un boîtier, ce service relie, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, les abonnés à une centrale d’écoute. Il garantit une intervention rapide. Sous des termes très voisins, on trouve aussi des services dits de télésécurité, de téléassistance, de télécontact et de télévigilance.

D’un point de vue technique, tous les systèmes se ressemblent. Ils se composent de deux appareils :

  • un transmetteur, branché sur une prise téléphonique et sur une prise électrique, qui est relié à une centrale d’écoute ;
  • une télécommande portable, un petit boîtier qui peut prendre aussi la forme d’un pendentif ou d’un bracelet.

En cas de chute, par exemple, appuyer sur le bouton de sa télécommande (sans avoir à décrocher un combiné) déclenche aussitôt un appel à la centrale d’écoute (dans les 20 à 40 secondes). Grâce à un micro très sensible situé sur le transmetteur, la personne peut parler et entrer en contact, où qu’elle se trouve, avec le chargé d’assistance. Celui-ci cherche une solution rapide au problème en appelant le proche dont l’adresse lui aura été communiquée. Si le contact n’est pas établi avec cette personne, l’intervention d’urgence (Samu ou pompiers) est immédiatement déclenchée vers le domicile.

Les frais d’installation (location du matériel et fonctionnement du service) sont parfois offerts par certaines municipalités aux personnes âgées de plus de 65 ans qui ne dépassent pas un certain plafond de ressources (fixé par chaque mairie) et qui présentent un certificat médical justifiant le bénéfice de cette prestation.

Les services, mis en place par des sociétés privées, des associations ou même l’assurance-maladie, sont tout à fait abordables. Le coût de la téléassistance peut également être pris en charge, partiellement ou totalement, dans le cadre de l’APA, par des caisses de retraite ou des mutuelles. Les services de téléalarme font aussi partie de certains contrats de compagnies d’assurances.

Hébergement : des solutions alternatives

En matière d’habitat pour les seniors, des solutions existent qui sont à mi-chemin entre le maintien à domicile et la vie en institution. Il est bon de commencer à y penser quand il s’agit de trouver un autre chez-soi qui permette de préserver son autonomie tout en étant entouré.

Les foyers-logements

C’est un mode d’hébergement collectif connu qui a vocation à accueillir des personnes âgées plutôt valides, ou au moins capables de vivre de manière habituelle dans un logement indépendant. Les retraités disposent d’un petit logement avec cuisine et salle de bains. Ils ont à leur disposition des services communs payants : restaurant, services ménagers, services paramédicaux, animations et activités diverses. Bon nombre de foyers-logements sont rénovés, mieux aménagés, et correspondent davantage à la vie d’aujourd’hui. Il peut être intéressant de les visiter.

Les résidences avec services

Elles accueillent des personnes âgées en leur proposant des appartements de confort (type F1, F2 ou F3). Cette formule d’hébergement s’adresse essentiellement à des personnes autonomes, valides ou semi-valides. Les retraités peuvent acheter ou louer un appartement dans un ensemble hôtelier spécialement conçu et équipé pour leur fournir des prestations adaptées à leurs besoins : restauration en salle à manger ou à domicile, bar, bibliothèque, salle de spectacle, animations, etc.

Maisons de plain-pied dans une résidence, type "Les Senioriales"

Il s’agit d’un nouveau concept d’habitat en accession pour jeunes seniors. Situé dans le sud de la France, c’est un ensemble de maisons pour seniors indépendants, avec club-house et autres services plutôt "haut de gamme".

Les Cicat, pour des aides techniques

Dans le cadre de la politique du maintien à domicile, un certain nombre de personnes (ingénieurs, ergothérapeutes, industriels, gérontologues, handicapés, etc.) ont réfléchi à des aménagements particuliers et à des milliers d’objets capables de faciliter la vie quotidienne.

Les centres d’information et de conseil sur les aides techniques (Cicat) constituent un réseau de professionnels regroupés en 24 associations au sein d’une fédération (leurs adresses sont disponibles sur le site Web www.fencicat.fr). Leur rôle est de conseiller les personnes qui souhaitent adapter leur intérieur à un handicap. Il ne faut pas se laisser impressionner par l’étiquette "handicap" : la télécommande de la télévision a été conçue initialement pour les handicapés moteurs. Or, aujourd’hui, personne n’imagine s’en passer.

Les Cicat peuvent être des mines d’idées et de conseils. Certains disposent d’un hall d’exposition ou d’un appartement modèle qui permet de visualiser en grandeur nature les solutions proposées par l’ergothérapeute et les éventuelles contraintes liées à leur aménagement.