RSA, ASS : les minima sociaux permettent-ils de lutter contre la pauvreté ?

RSA, ASS : les minima sociaux permettent-ils de lutter contre la pauvreté ?
Emmanuel Macron à Paris, lundi 11 juin. - © Ludovic Marin – Pool New – Reuters

Emmanuel Macron a porté mardi une charge contre ces aides, à la veille d’un discours consacré à la politique sociale.

La charge d’Emmanuel Macron est-elle justifiée ? « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux, et les gens ne s’en sortent pas », a déploré mardi 12 juin à l’Elysée le président de la République, dans une vidéo diffusée sur Twitter par sa conseillère en communication, Sibeth Ndiaye, à la veille d’un discours consacré à la politique sociale. 

« Les gens pauvres restent pauvres, ceux qui tombent pauvres restent pauvres. On doit avoir un truc qui permet aux gens de s’en sortir. Par l’éducation… », a dit encore le chef de l’Etat, qui juge nécessaire de « prévenir la pauvreté et [de] responsabiliser les gens pour qu’ils sortent de la pauvreté ».

Des statistiques publiées par le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, dans un référé du 21 septembre 2015, donnent en partie raison aux critiques d’Emmanuel Macron. Les minima sociaux désignent notamment :

  • le revenu de solidarité active (RSA) ;
  • l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
  • l’allocation veuvage ;
  • l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ;
  • l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (Aspa), ancien minimum vieillesse.

Peu d’« insertion durable »

Ces aides « ne permettent pas aux allocataires » de mettre fin à « la situation de pauvreté », assurait Didier Migaud. Le premier président de la Cour des comptes soulignait « l’extrême faiblesse des taux de sortie des allocations au profit d’une insertion durable sur le marché du travail – de 2 à 4 % selon les minima sociaux ».

Il mettait aussi en avant, dans le document, l’« allongement continu de la durée de perception des allocations – à la fin de 2013, 88 % des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) percevaient cette allocation, et 52 % depuis plus de trois ans »

Les dépenses publiques liées aux minima sociaux, « hors coûts de gestion et dépenses d’accompagnement », ont bondi de 17,3 à 24,8 milliards € entre 2008 et 2014, en raison de la crise économique.

Des déclarations récentes de plusieurs membres du gouvernement laissent entrevoir une réforme des aides sociales.