Travail après la retraite : quelle sera le montant de la pension à l'issue du second passage à la retraite ?

Mon mari est né en août 1949, (engagé dans l'armée en 1968). Il touche une retraite de 2250 € + une pension de guerre de 160 €/ mensuelles depuis août 2002 (34 ans). Il a repris un travail dans le civil en septembre de la même année (septembre 2002). Son salaire est de 1350 €/ mensuel net (transport en commun). Il travaille encore aujourd'hui et je pense qu'il attendra d'avoir effectué 10 années pleines pour prendre sa seconde retraite, soit en 2012. Quelle sera alors le montant de cette dernière ? Et comment fonctionne le cumul de ses 2 retraites ? S'il venait à décéder, quel serait le montant de ma pension de réversion sachant que je n'ai jamais travaillé, que j'ai élevé 3 enfants, que je suis née en 1953 et que nous sommes mariés depuis 1973. Sur la pension de l'armée, il est déjà calculé les 10 % de bonification pour avoir élevé 3 enfants. Est-ce qu'elle sera également appliqué à la retraite dans le civil ? Notre patrimoine s'élève à la valeur de notre appartement (230 000 E) et 20000 E placés communément sur des livrets. Nous sommes mariés sous le régime de la communauté de biens

Réponse de l'expert

Lorsqu’une personne a travaillé dans des secteurs dépendant de différents régimes de retraite, on parle de "polypensionné". Chaque régime de base, auquel le futur retraité a cotisé pendant sa carrière, calcule la pension qu’il va verser et tient compte pour ce calcul : de la durée d’assurance totale, c’est-à-dire tous régimes confondus, afin de déterminer le taux de liquidation de la pension (taux plein ou taux minoré) ; de la durée d’assurance dans le régime lorsqu’une personne a travaillé dans des secteurs différents afin de déterminer le montant de la pension au prorata de la durée d’affiliation à ce régime.

Dans le cadre d’une carrière mixte, le régime compétent pour octroyer la bonification est le régime spécial (celui de l’armée ou de la fonction publique par exemple).

Après le décès du pensionné fonctionnaire ou militaire, la veuve ou le veuf ou un ancien conjoint, peuvent sous certaines conditions bénéficier d’une pension dite de réversion versée par l’armée. Le montant de cette pension correspond à 50 % de celle obtenue par le conjoint décédé ou qu’il aurait pu obtenir le jour de son décès. A cette pension s’ajoutent la moitié de la majoration pour enfants si le conjoint survivant remplit les conditions pour en bénéficier et, le cas échéant, la moitié de la rente viagère d’invalidité dont le conjoint décédé bénéficiait ou aurait pu bénéficier.

S’il existe un ou plusieurs conjoints divorcés remplissant également les conditions pour obtenir une pension de réversion, la pension est partagée entre le conjoint survivant et le ou les conjoints divorcés proportionnellement à la durée respective de chaque mariage. Si le conjoint est en concours avec un orphelin d’un premier mariage, dont la mère n’a pas droit
à pension de réversion, la pension est partagée en parts égales entre le conjoint et l’orphelin.

En vertu des articles L353-5 et suivants du Code de la sécurité sociale, dans le secteur privé salarié, le conjoint survivant a droit à 54% de la pension (retraite de base dont il bénéficiera dans le privé, basé sur le nombre total de trimestres cotisés dans tous les régimes mais au prorata des cotisations versées au régime CRAM) dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier l'assuré décédé. Ce montant est toutefois réduit si, en l'ajoutant aux autres ressources, on dépasse le plafond de ressources. De plus, pour bénéficier de la pension de réversion, le conjoint survivant doit bénéficier de revenus inférieurs à 18.428,80 € par an (montant 2010).

Il convient de noter qu’en matière de pension de réversion du secteur privé, les majorations pour enfants ne sont pas prises en compte dans le calcul de la pension.