Retraites : ce que prévoit Emmanuel Macron

Retraites : ce que prévoit Emmanuel Macron
Le chef de l'Etat veut créer un système de retraite unique. - © AndreyPopov

Début 2018, le nouveau président de la République s’attèlera à son projet de réforme des retraites. Il souhaite remplacer les 37 régimes actuels par un régime unique dit de « retraites par points ».   

Aujourd’hui, le système de retraite français est complexe. Il y a le régime général pour les salariés du privé, les régimes des fonctionnaires, ceux des indépendants ainsi que les divers régimes spéciaux (SNCF, RATP, Banque de France, marins, clercs, Comédie française…). En tout, 37 caisses de retraite coexistent, réparties entre régimes de base et complémentaires. S’ils comportent des différences, les réformes successives ont tendu à les rapprocher.

Le système actuel repose sur trois principes :

  • il est obligatoire : dès lors que vous travaillez, vous cotisez pour la retraite ;
  • il fonctionne par répartition : « le montant total des cotisations versées chaque année sert à payer les pensions des retraités, la même année », explique le ministère de l’Economie ;
  • il est « contributif » : quand vous arrivez à la retraite, la pension versée est calculée en fonction du montant total des cotisations, proportionnelles à vos revenus.

Qu’envisage Emmanuel Macron ?

Le nouveau chef de l’Etat ambitionne de créer un système de retraite unique : chaque euro versé donnera les mêmes droits à la retraite, que l’on soit salarié du privé, fonctionnaire ou indépendant. « Le fait de changer d’activité ou de secteur sera sans effet sur les droits à la retraite », expliquait Emmanuel Macron dans son programme. L’idée est de simplifier et d’en finir avec les inégalités engendrées par le système actuel dans les âges de départ et le montant des pensions.

Son système sera semblable à celui des « comptes notionnels » appliqués en Suède (une variante du régime à points). L’actif accumulera un capital virtuel, sur lequel seront versées toutes ses cotisations (régime de base + complémentaire). Chaque année, elles seront « revalorisées en fonction de la croissance des salaires ». A l’âge de la retraite, les droits accumulés seront convertis en une pension, à l’aide « d’un coefficient de conversion » prenant en compte l’âge de départ et l’espérance de vie de chaque génération au moment du départ. La durée de cotisation n’aura donc plus d’importance puisque seul le « capital virtuel » sera pris en compte pour déterminer le montant de la pension.

Le système continuera à fonctionner par répartition. Le chef de l’Etat ne compte pas toucher à l’âge légal de la retraite, fixé à 62 ans.

Le système pénalisera-t-il les accidents de carrière ?

Non, les avantages accordés à ceux qui ont dû interrompre leur carrière (les chômeurs, les mères de famille) ne seront pas remis en cause. Si la notion de durée de cotisation disparaît, l’avantage se traduira non pas par des trimestres mais par un montant supplémentaire versé sur le capital virtuel, par exemple.

Quand la réforme pourrait-elle s’appliquer ?

Si vous êtes à cinq ans du départ en retraite ou moins, vous ne serez pas concerné par la réforme. En revanche, si la réforme est votée en 2018, les autres basculeront dans le nouveau régime, pour les trimestres à venir. Une période de transition sera nécessaire pour appliquer pleinement la réforme. Durant la campagne, Emmanuel Macron parlait d’un basculement étalé sur dix ans.

Retrouvez les autres mesures phares du nouveau président de la République :