Retraite : reconstituez votre carrière

Retraite : reconstituez votre carrière

Salarié dans le secteur privé, vous vous interrogez sur vos droits à la retraite. Pour en savoir plus, vous pouvez demander votre "relevé de carrière".

Bien avant votre départ à la retraite, il est essentiel de reconstituer l’historique de votre vie professionnelle.

Une démarche incontournable qui vous permet de vérifier le montant de la pension que vous percevrez et de décider du moment opportun pour quitter la vie active.

Vous devez, pour cela, obtenir votre "relevé de carrière". En pratique, le plus souvent, c’est votre caisse de retraite qui se chargera de vous contacter.

Le compte individuel retraite

Durant votre carrière, vos employeurs successifs ont adressé à leur caisse de retraite une déclaration sur les rémunérations que vous avez perçues et les cotisations que vous avez versées. Ces informations ont été reportées sur un compte, votre "compte individuel retraite". Votre relevé de carrière en est le fidèle reflet.

Le relevé recense les éléments nécessaires au calcul de votre pension

Il comporte ainsi tous les éléments nécessaires au calcul de votre pension.

Il retrace notamment vos périodes connues d’activité ou d’inactivité (chômage, maladie…), sans tenir compte toutefois de l’année en cours. Il mentionne également le nombre de trimestres que vous avez validés par année et le montant de vos salaires soumis à cotisation dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.

Des informations à contrôler

Vous devez contrôler autant que possible l’exactitude de ces informations. À l’aide des documents qui sont en votre possession (bulletins de salaire, attestations de chômage, de maladie, etc.), assurez-vous que l’ensemble de ces données ne comporte aucune erreur.

Pensez à vérifier tout particulièrement les années pour lesquelles vous ne totalisez pas quatre trimestres. Avez-vous travaillé ? Tous vos trimestres ont-ils été pris en compte ?

Cotiser suffisamment pour valider un trimestre

Pour qu’un trimestre soit validé au titre de l’assurance-vieillesse, il faut avoir cotisé, au cours de l’année civile, sur un salaire égal à 200 fois au moins le Smic horaire en vigueur au 1er janvier de l’année (soit 1 886 € en 2013).

La réforme des retraites votée le 26 novembre 2013 par les députés prévoit d'abaisser ce plafond à 150 fois le Smic horaire (1 414,5 €).

Valider des périodes non travaillées

Il est à noter que certaines périodes non travaillées, dites "assimilées", peuvent, sous certaines conditions, être validées gratuitement. Il s’agit notamment des périodes pendant lesquelles vous avez :

Ces périodes ont pour effet d’augmenter votre durée d’assurance-vieillesse, mais pas votre salaire annuel moyen.

Vérifier les salaires et les majorations

N’oubliez pas de contrôler :

- les montants des salaires annuels qui sont reportés : un montant dérisoire doit vous alerter ;
- les majorations de trimestres qui vous sont accordées. Une majoration de durée d’assurance est accordée aux mères et, sous certaines conditions, aux pères :

  • pour les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2010, 3 majorations sont accordées. La mère assurée sociale a droit, pour chaque enfant, à une majoration de quatre trimestres pour la maternité. S’y ajoutent 4 trimestres par enfant pour son éducation, accordés au père ou à la mère, sous réserve de désigner le bénéficiaire dans un certain délai. Enfin, 4 trimestres de majoration au titre de l’adoption sont accordés à l’un des parents ou répartis entre eux.
  • pour les enfants nés ou adoptés avant le 1er janvier 2010, les majorations sont accordées à la mère, sauf si le père prouve qu’il a élevé seul l’enfant et sous réserve d’en faire la demande dans un certain délai.

La majoration de durée d’assurance pour enfant ne peut toutefois pas se cumuler, pour un même enfant, avec celle attribuée au titre d’un congé parental. La solution la plus favorable est retenue.

Une majoration pour les parents d'enfant handicapé

Enfin, si vous avez élevé un enfant qui bénéficiait de l’Allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et de son complément, vous avez également droit à une majoration de durée d’assurance, dans la limite de huit trimestres.

Actualiser le relevé de carrière

Si vous notez des erreurs ou des oublis sur votre relevé de carrière, contactez votre conseiller retraite. Pour être rétabli dans vos droits, vous devrez fournir un certain nombre de justificatifs (bulletins de salaire, attestations de chômage, livret militaire…). Notez qu’à partir de 54 ans, vous pouvez procéder directement à la régularisation de votre situation sur le site www.lassuranceretraite.fr (grâce à un code confidentiel).

Vérifier le relevé de carrière

Sachez enfin que pour votre "retraite complémentaire", les régimes obligatoires vous envoient chaque année un relevé de points qu’il vous appartient de vérifier.

À partir de 57 ans, vous avez la possibilité de contacter la dernière caisse à laquelle vous aurez cotisé, pour reconstituer votre carrière. Vous serez alors fin prêt pour formuler la demande officielle de votre retraite, quatre mois avant son point de départ.

Les futurs retraités mieux informés

Depuis 2010, tous les assurés reçoivent une estimation du montant de leur retraite à 55 ans, puis tous les cinq ans jusqu’à l’âge de leur départ. L'"estimation indicative globale" (Eig) retrace en effet les droits acquis auprès des différents régimes d’affiliation et donne une estimation du montant de la retraite (de base et complémentaire).

La dernière réforme des retraites prévoit un nouveau dispositif d'information : quel que soit votre âge, vous pourrez consulter en ligne et à tout moment votre relevé de carrière actualisé. La date d'entrée en application de cette mesure n'est pas encore connue.