Retraite : comment limiter la baisse de ses revenus ?

Retraite : comment limiter la baisse de ses revenus ?
Dans les villes et agglomérations, les seniors bénéficient de tarifs réduits dans les transports en commun. - © dglimages

Le départ à la retraite entraîne souvent une perte de revenus. Comment dépenser moins ou gagner davantage, tout en vivant aussi bien, et même plus astucieusement qu’avant ? C’est possible, surtout à l’heure d’internet et de l’économie collaborative.

DÉPENSER MOINS

Troquer ses deux voitures contre une seule et partager les frais


Si deux voitures se révèlent souvent utiles lorqu’on habite et qu’on travaille dans une région où les transports en commun font défaut, à l’heure de la retraite, une seule peut suffire. Pour réduire les dépenses du véhicule principal, pensez à covoiturer des personnes (BlaBlaCar, Covoiturage libre, Europe Carpooling...), des colis et des encombrants (Bring4you, Cocolis, Colis-Voiturage, dacOpack, Upick...). Attention, l’objectif est de partager les frais de certains trajets, pas de faire des bénéfices.

Cas pratique

Économies réalisées : 
6 470 euros la première année (1 270 euros par an ensuite), sans compter le covoiturage et la colivraison.

Revente d’une Twingo 2011 : 5 200 euros.

Assurance : 400 euros par an.

Contrôle technique : 30 euros en comptant un contrôle à 60 euros tous les deux ans pour les véhicules de plus de quatre ans.

Location d’un garage : 840 euros par an.

Covoiturage : 20 euros environ pour un trajet Nancy-Paris.

Colivraison : 30 euros environ pour le transport d’un four entre Sainte-Maxime (Var) et Lyon.

Revendre son logement pour un plus petit ou pour un aussi grand dans une région moins chère

La retraite, c’est parfois le temps de retourner dans sa région d’origine ou celle de ses vacances, voire de s’organiser pour déménager dans un logement moins cher et mieux adapté au foyer que les enfants ont généralement quitté.

La différence de prix peut être placée en petite partie sur un produit d’épargne disponible (livret A) et le reste sur une assurance-vie avec sortie en rente viagère ou en capital. Il est possible d’y piocher en cas de besoin.

Cas pratique

Économies réalisées : 110 000 euros.

Vente d’une maison : 420 000 euros à Orvault dans la banlieue nantaise.


Achat d’un appartement : 310 000 euros dans le centre de Nantes sur l’île Beaulieu.

Revoir tous ses contrats


En activité, souvent par manque de temps, on n’examine pas régulièrement ses contrats (assurance, téléphonie, internet, énergie, etc.). Pourtant, un nouveau contrat, voire un changement de compagnie, d’opérateur ou de fournisseur permet de réaliser de substantielles économies. Les professionnels ont en effet tendance à privilégier la captation de nouveaux clients grâce à des offres alléchantes au détriment des anciens clients, exclus des nouvelles conditions. Une fois à la retraite, il est conseillé de faire le tour de tous ses contrats. Et d’utiliser, pour les abonnements d’électricité et de gaz par exemple, le comparateur du médiateur national de l’énergie (Energie-info.fr ou 0 800 112 212, appel gratuit), qui indique, selon sa localisation et sa consommation, toutes les offres chiffrées du marché.


Cas pratique

Économies réalisées : à partir de 500 euros par an.


Assurance auto : lorsqu’on n’utilise plus son véhicule personnel pour ses déplacements professionnels et ses trajets quotidiens entre logement et lieu de travail, la garantie
 « usage privé » suffit. Elle coûte 30 % de moins qu’une garantie « usage privé et professionnel », soit 120 euros sur une prime annuelle de 400 euros.

Contrat de communication : regrouper ses abonnements internet-télévision-téléphone fixe, mais aussi téléphones portables du ménage, voire des enfants (3, 4 ou 5, selon l’opérateur) permet de réaliser une économie d’au moins 120 euros par an avec le Multi-Packs chez SFR ou les offres Open chez Orange.

Contrat de fourniture d’électricité, de gaz, ou de fioul : prévoyez 6 à 20 % d’économie en changeant de fournisseur ou, mieux encore, en achetant groupé (par exemple, avec l’UFC-Que Choisir mais aussi grâce aux initiatives de certaines municipalités). À la clé, au moins 260 euros par an en moins à débourser.

Rechercher les réductions senior

Sous conditions de ressources ou pas, chaque commune organise sa politique de tarifs réduits pour les seniors (plus de 60 ans ou de 65 ans, selon les cas) dans les transports en commun, les piscines mais, parfois aussi, dans des réseaux de commerçants, dans
 des associations (par exemple, avec la carte métropole Nice Côte d’Azur Senior Plus). Dans les salles de cinéma, les petits prix sont souvent réservés aux heures creuses, avant midi. Mais il est possible également de se faire une cure de cinéma pour 3 ou 4 euros la séance lors du Printemps du cinéma en mars, de la Fête du cinéma fin juin-début juillet, du Festival cinéma Télérama en janvier... Quant aux musées, ils préfèrent souvent attirer les jeunes par des tarifs attractifs plutôt que les seniors et réserver la gratuité aux personnes percevant des minima sociaux.

Cas pratique

Économies réalisées : environ 500 euros/an.

SNCF : 25 % de réduction garantis en deuxième classe et jusqu’à 40 % en première avec la carte Senior +, accessible dès l’âge de 60 ans, au prix de 60 euros par an ; les transports en commun offrent également des réductions, par exemple, jusqu’à 50 % à Lille et plus de 20 % à Perpignan.

Cinéma : 7,10 euros au lieu de 11,40 euros 
à l’UGC Bercy à Paris avant 11 heures ;
 8,50 euros au lieu de 10,80 euros pour les plus de 65 ans au Gaumont Pathé de Caen...

Piscines : − 50 % pour les plus de 60 ans dans les piscines municipales de Metz et de Nice...

GAGNER DAVANTAGE

Proposer une chambre, un espace de stockage, un jardin... 
Louer les chambres laissées vacantes par les enfants à des étudiants à l’année ou à des hôtes de passage (sur AirBnb, Gîtes de France...), est un bon moyen de renflouer ses caisses, mais aussi de rencontrer des voyageurs du monde entier. Avec, au choix, le statut de chambre d’hôte (avec petit déjeuner) ou de chambre privée (sans prestations). Si on n’a pas envie de partager sa maison avec d’autres personnes ou si la chambre n’est pas assez accueillante pour servir d’hébergement, la solution consiste à louer cet espace (ou un garage, un grenier, une cave) à des fins de stockage (Costockage, Homebox, Jestocke, etc.). De la même façon, un jardin peut accueillir un barbecue ou une fête (IziParty, Oh-my garden...)


Cas pratique


Gains réalisés : à partir de 500 euros par an.

Chambre chez l’habitant : 10 à 40 euros ou plus la nuit selon l’emplacement.

Stockage : 3 à 15 euros par m2 et par semaine.

Jardin : à partir de 10 euros l’heure.

Tirer profit de ses talents


Cuisine, bricolage, jardinage... pour ceux qui ont des talents, la retraite donne l’opportunité de les rentabiliser. Les cordons-bleus peuvent préparer des petits plats et les proposer, photos à l’appui, sur des sites comme Mummyz ou
 My Cuistot. À condition de respecter les chartes qualité et hygiène des sites et de donner ses dates de disponibilité. Quant à ceux qui savent changer un joint de robinet ou le flotteur d’une chasse d’eau, monter un meuble, fixer une tringle à rideaux, bêcher un jardin, planter des fraisiers, etc., qu’ils proposent leurs savoir-faire sur des sites comme Frizbiz, SuperMano, etc.


Cas pratique

Gains réalisés : à partir de 200 euros par an.

Petits plats maison : environ 5 à 8 euros par portion à emporter.

Bricolage-jardinage : environ 15 à 25 euros l’heure.

Louer son véhicule


Plutôt que de laisser sa voiture immobilisée dans le garage parce qu’on ne l’utilise qu’occasionnellement, on peut la louer à des particuliers. Des sites comme OuiCar, Deways, Drivy ou Koolicar proposent de mettre en relation loueurs et locataires particuliers.


Cas pratique

Gains réalisés : à partir de 200 euros par an. En fonction du modèle, de son ancienneté et de la période (semaine, week-end, pleine saison, etc.), comptez en moyenne au moins 3 euros l’heure et 10 euros la journée. Des gains auxquels il faut retirer 30 % au titre de l’assurance. Objectif : éviter de mettre 
en cause sa responsabilité en cas de sinistre et d’écoper d’un malus lors d’un accident causé par le locataire.

Exercer une activité d’appoint


Les jobs ne manquent pas pour ceux qui veulent travailler occasionnellement : dame de compagnie pour personnes âgées, garde d’enfants le soir, sortie de la crèche ou de l’école, garde ou sorties d’animaux, cours à domicile ou sur Skype, traduction de lettres, dépannage informatique, etc. À la différence d’un travail exercé à temps plein au moment de la retraite, cette activité se pratique souplement, au gré de son agenda. Des sites mettent en relation ceux qui offrent leurs services et les potentiels clients :

  • Yoopala, Babychou, Kangourou Kids, Kinougarde, Nounou-top, Zazzen... pour la garde d’enfants ;
  • Amimalin, Animaute, DogBuddy, Dogsitting, DogVacances, Holidog... pour la garde d’animaux ;
  • Acadomia, Adomlingua, Complétude, Cours Legendre, Kelprof, KeepSchool pour les cours particuliers ;
  • Jemepropose pour les petits travaux de traduction ;
  • YoupiJob pour des travaux d’informatique, faire la lecture à des personnes âgées, etc.

Cas pratique


Gains réalisés : à partir de 2 000 euros par an.

Babysitting : de 8 à plus de 10 euros l’heure.

Petsitting : 5 à 13 euros par jour, par animal, pour une garde chez le dogsitter ; 13 à 16 euros par jour pour une garde chez le client ; 
5 à 7 euros pour une promenade ou une visite (trente minutes).


Cours particuliers : 15 à 35 euros l’heure selon le niveau du professeur.

Traduction : à partir de 15 euros l’heure.

LES RÈGLES FISCALES DE L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE

Offrir ses services sur des sites internet impose de respecter la réglementation sociale et fiscale. Pour éviter le travail au noir, il faut soit être salarié par l’employeur, soit créer sa micro-entreprise et facturer ses services. Fiscalement, toute ressource doit être déclarée afin d’être imposée, le cas échéant. La seule exception tolérée concerne la fourniture d’un service quand on en bénéficie également et qu’on se contente donc de récupérer les frais directs : par exemple, le carburant et le péage pour le covoiturage ou le transport de colis. Les plateformes sont désormais tenues de communiquer, en janvier de chaque année, le volume d’affaires réalisé. L’instruction fiscale sur l’économie collaborative du 30 août 2017 rappelle que les revenus tirés des plateformes collaboratives sont dans leur très grande majorité soumis à l’impôt, qu’ils soient réguliers ou occasionnels.

Et aussi sur Dossier familial