Retraite : combien toucherez-vous ?

Retraite : combien toucherez-vous ?
L’assurance retraite retient les salaires bruts soumis à cotisations des 25 meilleures années de votre carrière. - © Darkcloud

En plus de la retraite de base, versée par le régime général de la Sécurité sociale, les salariés perçoivent une pension du régime complémentaire des salariés, l’Arrco. S’y ajoute une troisième pension, pour les cadres, versée par l’Agirc. 

Calculer sa retraite de base

Votre retraite de base repose sur les trois éléments suivants :

  • votre salaire annuel moyen (SAM) ;
  • le taux de votre retraite (T) ;
  • votre durée d’assurance dans le régime des salariés rapportée à la durée d’assurance considérée comme normale pour toucher sa retraite en entier – ou non proratisée –, appelée durée de référence.

La formule de calcul est donc la suivante : SAM × T × durée d’assurance au régime général/durée de référence

Évaluez votre salaire annuel moyen. L’assurance retraite retient les salaires bruts soumis à cotisations des 25 meilleures années de votre carrière, à condition qu’au moins un trimestre ait été validé pour chaque année. On fait donc la somme de vos 25 meilleurs salaires annuels bruts et on divise le tout par 25. Pour faire ce calcul, vos salaires sont revalorisés pour tenir compte de l’inflation. Ils ne sont retenus que dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale. Ainsi, si vous gagnez plus que le plafond, on n’en tiendra pas compte pour le calcul de votre retraite de base, mais cela vous permettra d’acquérir des points auprès de l’Agirc.

Estimez le taux de votre retraite. Le taux de votre retraite dépend de deux éléments : l’âge auquel vous prenez votre retraite et le nombre de trimestres accumulés. Il est compris entre 37,5 % et un maximum de 50 %. Si vous ne remplissez pas ces conditions, le taux de votre retraite sera inférieur à 50 %, par application d’une décote. Vous obtenez le taux de 50 %, appelé retraite à taux plein, dans les cas suivants :

  • si vous faites liquider votre pension à l’âge du taux plein, soit 67 ans pour les assurés nés à partir de 1955 ;
  • si vous faites liquider votre retraite avant cet âge mais justifiez de la durée d’assurance requise pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

En dehors de ces cas, certains assurés peuvent également prétendre à une retraite à taux plein, dès 62 ans, même s’ils n’ont pas la durée d’assurance requise. Il s’agit notamment des personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ou ont été reconnues inaptes au travail, des assurés ayant un taux d’incapacité au moins égal à 50 % et des mères de famille ouvrières (c’est-à-dire qui ont élevé au moins 3 enfants, justifiant de 30 années de durée d’assurance et de 5 années de travail manuel ouvrier dans les 15 années précédant la liquidation de la pension).

Quantifiez votre durée d’assurance. Le montant de votre retraite tient également compte de votre durée d’assurance dans le régime des salariés. Si vous n’avez pas atteint la durée de référence, votre retraite est réduite au prorata du nombre de trimestres qui vous manque pour atteindre la durée de référence. La durée de référence exigée est désormais égale à la durée d’assurance requise pour le taux plein. Par exemple, un assuré né en 1955 doit à la fois justifier d’une durée d’assurance tous régimes confondus de 166 trimestres pour bénéficier du taux plein et de 166 trimestres validés dans le régime général pour percevoir sa retraite en entier.

Cas pratique. Jacques, né en 1955, a un salaire annuel moyen de 20 000 €, une durée d’assurance tous régimes confondus de 166 trimestres. Il a validé 120 trimestres dans le régime des salariés et 46 trimestres dans celui des commerçants (RSI). Compte tenu de sa durée d’assurance, il peut prétendre à une retraite à taux plein (50 %). Mais comme il ne dispose que de 120 trimestres dans le régime général, sa retraite de salarié sera proratisée en fonction du nombre de trimestres manquants et calculée de la manière suivante : 20 000 € × 50 % × (120/166) = 7 229 €. Il aurait perçu 10 000 € par an s’il avait accompli toute sa carrière dans le régime des salariés. Mais en contrepartie, il percevra en plus une retraite de commerçant pour les 46 trimestres cotisés dans ce régime.

Calculez la décote. Si vous ne remplissez pas les conditions pour bénéficier d’une retraite à taux plein, votre retraite est minorée par l’application d’une décote. Son taux est fixé à 1,25 % par trimestre manquant pour les assurés nés à partir de 1953 (il est de 1,5 % pour les assurés nés en 1951 et de 1,375 % pour ceux nés en 1952 qui n’auraient pas encore fait liquider leur retraite). Pour le calcul des trimestres manquant, on retient soit le nombre de trimestres qui vous manque pour atteindre la durée d’assurance requise pour le taux plein, soit le nombre qui vous fait défaut pour atteindre 67 ans, sachant que la solution retenue est celle qui est la plus avantageuse pour vous.

Cas pratique. Danièle, née en 1955, prend sa retraite à 62 ans avec 156 trimestres validés dans le régime général. Il lui manque 20 trimestres pour atteindre 67 ans, mais seulement 10 trimestres pour atteindre les 166 requis. La décote est calculée sur la base de ces 10 trimestres manquants. Son coefficient de minoration est de 12,50 (10 × 1,25 %). Le taux de sa retraite est calculé de la manière suivante : 50 % − (12,50 % × 50 %) = 43,75 %. Avec un salaire annuel brut de 20 000 €, sa retraite sera de : 20 000 × 43,75 % × (156/166) = 8 223 € par an.

Obtenir une retraite complémentaire

En plus du régime de base, tous les salariés cotisent à un régime de retraite complémentaire obligatoire, l’Arrco. Les cadres sont obligatoirement affiliés, en plus de l’Arrco, à un autre régime complémentaire qui leur est réservé : l’Agirc.

Pour l’instant, les règles de liquidation des retraites des régimes complémentaires sont les mêmes que celles du régime de base, mais elles pourraient changer. Dans cette éventualité, à partir du moment où vous faites liquider votre retraite de base à taux plein – que soit à partir de 62 ans avec la durée d’assurance requise ou à 67 ans, quelle que soit votre durée d’assurance –, vous pouvez également obtenir vos retraites complémentaires Arrco et Agirc, le cas échéant, sans abattement.

Pour calculer leur montant, vous devez multiplier le nombre de points acquis dans chaque régime tout au long de votre carrière professionnelle, par la valeur du point au jour où vous demandez le versement de vos retraites. Cette valeur, qui est en principe revalorisée chaque année, est gelée depuis le 1er avril 2013. Elle est actuellement fixée à 1,25 € à l’Arrco et à 0,43 € à l’Agirc. Par exemple, si vous avez obtenu 6 000 points à l’Arrco, vous pouvez prétendre à une retraite de 7 500 € par an, à condition d’avoir obtenu votre retraite de base à taux plein.

Si vous ne pouvez pas prétendre à une retraite de base à taux plein, votre retraite complémentaire sera également minorée par application d’un abattement viager définitif. Son taux dépend soit de votre âge, soit du nombre de trimestres qui vous manque pour atteindre la durée d’assurance requise pour une retraite à taux plein. C’est la solution la plus avantageuse qui est retenue.

Cas pratique. René, né en 1955, souhaite prendre sa retraite à 62 ans. Il a 156 trimestres au lieu des 166 requis : il lui manque 10 trimestres pour atteindre la durée d’assurance nécessaire pour le taux plein. Si on tient compte de ces 10 trimestres, il recevra 90 % de ses retraites complémentaires. Si on tient compte de son âge, il lui manque 20 trimestres pour atteindre 67 ans, et il ne devrait toucher que 78 % de ses retraites complémentaires.

On retient la première solution, qui lui est plus favorable.

Cas pratique. Marie, née en 1955, prend sa retraite à 65 ans avec 150 trimestres. Il lui manque 16 trimestres pour avoir droit à sa retraite de base à taux plein. Si l’on tient compte de ces 16 trimestres, elle ne percevra que 83 % de ses retraites complémentaires. Si l’on tient compte de son âge, il lui manque 8 trimestres pour atteindre 67 ans, et elle devrait percevoir 92 % de ses retraites complémentaires. On retient cette dernière solution qui est plus favorable pour elle.

Quel est le régime fiscal des retraites ?

Votre pension de retraite, majorations pour enfant comprises, vient s’ajouter à vos autres sources de revenu pour être soumise à l’impôt sur le revenu. Les retraites sont imposables après un abattement de 10 %, avec un minimum de 379 € par pensionné et un maximum de 3 707 € par foyer fiscal, pensions alimentaires comprises (chiffres applicables pour l’imposition des revenus de 2014).

Les polypensionnés doivent liquider toutes leurs retraites

Depuis le 1er janvier 2015, si vous avez exercé plusieurs métiers relevant de différentes caisses de retraite, vous êtes obligé de faire liquider toutes vos pensions en même temps. Chacun des régimes auquel vous avez appartenu calcule indépendamment des autres le montant de votre retraite en fonction des droits que vous avez acquis en son sein, mais en tenant compte de votre durée d’assurance, tous régimes confondus, pour apprécier si vous remplissez les conditions pour bénéficier d’une retraite à taux plein. À partir du 1er janvier 2017 au plus tard, ces règles vont changer pour les assurés qui ont cotisé auprès du régime des salariés, du régime social des indépendants et/ou des régimes agricoles : leur retraite sera calculée comme s’ils n’avaient cotisé qu’auprès d’un seul régime de base et ils ne percevront plus qu’une seule pension.