Retraite : ce qui change en 2014

Retraite : ce qui change en 2014

La réforme des retraites  votée fin 2013 modifie les règles de tous les régimes. Hausse des cotisations retraite, rachat de trimestres facilité, mise en place d'un compte pénibilité... voici les mesures qui vous concernent.

La réforme des retraites du 20 janvier 2014 ne change pas l’âge légal de départ à la retraite – 62 ans –, mais augmente le nombre de trimestres à valider pour partir à la retraite à taux plein.

Il passe progressivement de 165 trimestres, pour les assurés nés en 1954, à 172 trimestres, pour les assurés nés à partir du 1er janvier 1973.

Par exemple, un assuré né à partir de 1973 qui, à 67 ans, n’aurait que 160 trimestres verra sa pension réduite, au prorata sur la base de 160/172e.

Nombre de personnes n’auront pas tous leurs trimestres à 62 ans, du fait de carrières beaucoup moins linéaires qu’auparavant, et devront donc  travailler plus longtemps.

Combien de trimestres cotisés pour une retraite à taux plein ?

Né(e) en… Nombre de trimestres
1953, 1954 165
1955, 1956, 1957 166
1958, 1959, 1960 167
1961, 1962, 1963 168 (42 ans)
1964, 1965, 1966 169
1967, 1968, 1969 170
1970, 1971, 1972 171
1973 et après 172 (43 ans)

Cotisations retraite en hausse

La hausse progressive des cotisations retraite s’applique à toutes les personnes en activité des différents régimes.

Pour les salariés du privé, elle s’élève à 0,15 point en 2014 et à 0,05 point les trois années suivantes. La même hausse affecte la cotisation de l'employeur.

Cette augmentation hisse le taux de cotisation salariale à 0,4 % en 2017 (au lieu de 0,1 % en 2013) et porte sur la totalité du salaire.

S’y ajoute la hausse de la cotisation sur la partie ne dépassant pas le plafond de la Sécurité sociale (3 129 € par mois en 2014). Au 1er janvier 2014, cette cotisation passe pour le salarié de 6,75 % à 6,80 %.

Au total, si vous percevez par exemple 2 500 € brut par mois, vous devrez cotiser 11,25 € de plus par mois en 2017 qu'en 2013 pour la retraite de base.

C'est la raison pour laquelle les salaires de janvier 2014 sont inférieurs à ceux de décembre 2013.

Rachat de trimestres facilité

Aujourd’hui, si vous êtes payé au Smic, il faut cotiser à hauteur de 200 heures par an, l'équivalent d'un salaire de 1 906 € brut, pour bénéficier d’un trimestre de retraite. Un décret d’application va abaisser ce seuil à 150 heures par an, équivalant à 1 429,50 € brut.

Les assurés – des femmes, majoritairement – exerçant à temps partiel peuvent ainsi acquérir des trimestres plus facilement.

Par exemple, une aide-ménagère qui, pour valider quatre trimestres, devait gagner au moins 636 € brut par mois sur un an, pourra valider ses trimestres avec seulement 477 € brut par mois.

Etudiant : la prise en compte des années d’études

Avec la réforme, les personnes qui ont suivi des études supérieures et ont intégré la vie active tardivement pourront compenser un manque à gagner au moment de la retraite.

Cette option existe déjà, mais coûte cher au bénéficiaire. Il s’agit de permettre aux assurés d'en bénéficier à un tarif préférentiel dans un délai de cinq ou dix ans après la fin de leurs études grâce à une aide de l’État, précise Rémy Gautier, du cabinet de conseil Maximis Retraite.

Les périodes d’apprentissage seront mieux prises en compte : l’apprenti cotise sur la base d’un salaire forfaitaire souvent insuffisant pour acquérir quatre trimestres au cours de son année d’apprentissage. Désormais, une telle validation sera possible grâce à la contribution financière d’un fonds de solidarité retraite. 

Attention, cette mesure ne sera pas rétroactive.

La retraite progressive dès 60 ans

Jusqu'alors, quand vous avez atteint l’âge légal de la retraite et validé au moins 150 trimestres dans le régime général, vous pouviez poursuivre votre activité à temps partiel et cumuler une fraction de votre pension avec les revenus de votre activité, tout en continuant d’améliorer vos droits futurs à la retraite.

Désormais, la retraite progressive est envisageable dès 60 ans même pour les personnes nées en 1955 et après, alors qu'il leur fallait attendre l'âge légal (62 ans en l'occurrence). L’objectif est de favoriser les salariés ayant commencé à travailler tôt. Un décret doit fixer le nombre de trimestres requis et la durée d’assurance dans tous les régimes.

Le barème fixant le montant de la retraite partielle sera simplifié par décret. L’objectif est d'améliorer le total retraite partielle + travail partiel, de telle façon qu'il se rapproche du salaire antérieur.

Le dispositif de cumul emploi-retraite est remis en cause, nuance Jean-François Chauffeté, directeur du cabinet EOR  (Expertise et optimisation retraites). Aujourd’hui, vous percevez une pension dans un régime tout en conservant vos droits dans un autre régime où vous continuez à cotiser. Demain, vous serez obligé de liquider toutes vos retraites, cotisant ainsi sans créer de nouveaux droits.

Le compte pénibilité

Le « compte pénibilité » s'adresse à ceux qui exercent dans des conditions difficiles. Ce dispositif permettra de gagner 1 à 2 points par an selon que l’on est exposé à un ou à plusieurs facteurs de pénibilité, définis par le Code du travail.

Cela permettra aussi d’acquérir un trimestre en plus tous les 10 points, avec un nombre total d’années plafonné, indique Jean-François Chauffeté, du cabinet EOR .

Selon la société France Retraite, l’application de cette disposition ne se ferait qu’en 2015, afin de laisser le temps aux partenaires sociaux de se pencher sur le sujet .