Passer sa retraite à l'étranger : quels avantages ?

Passer sa retraite à l'étranger : quels avantages ?

Des milliers de retraités vont chaque année vivre sous des cieux plus cléments, quelques mois par an ou définitivement. Nos conseils pour réussir cette migration.

Depuis dix ans, le nombre de retraités qui partent vivre à l’étranger ne cesse de croître. Le ministère des Affaires étrangères estime à 200 000 le nombre de Français de plus de 65 ans installés à l’étranger, chiffre auquel il faut ajouter tous ceux qui optent pour trois à six mois de migration annuelle au soleil, ce qui porte à près d’un million le total de ces expatriés.

Paul Delahoutre, auteur du guide Retraite sans frontières, constate :

Deux raisons incitent au départ. La baisse des revenus liée à la crise pousse les uns vers des pays où le coût de la vie est attrayant : Thaïlande, Vietnam, Bali ou Philippines. Des affinités culturelles conduisent les autres vers les pays du Maghreb ou de l’Europe du Sud : Maroc, Espagne, Portugal ou Chypre. »

Retraite à l'étranger : les formalités

Mais un tel changement de vie impose une solide préparation. D’où l’idée de Mathilde Tenneroni et Guillaume Desaché de créer L’Hirondelle pour aider les retraités à migrer en douceur. Cette agence spécialisée propose du sur-mesure pour passer l’hiver au soleil  : hébergement en meublé, accompagnement pour les démarches et suivi de l’intégration, séjour d’essai…

Si en Europe les législations sont harmonisées, ailleurs il faut s’adapter. Les formalités sont parfois compliquées, et dans certains pays les ressortissants étrangers ne peuvent pas devenir propriétaires.

Claude et Annick, 70 et 65 ans, qui séjournent chaque année entre trois et six mois au Sénégal, ont un terrain et une maison au bord du fleuve Saloum, mais ils ne disposent que d’un bail emphytéotique d’une durée de 99 ans.

C’est aussi le cas en Thaïlande ou à Bali, où un étranger peut seulement acquérir un droit d’usage du sol pour une période donnée. Au Maroc, tous les terrains ne sont pas cadastrés et le droit coutumier musulman interfère, au risque de voir un jour un héritier du vendeur venir contester la transaction.

Pas d'impôt pendant dix ans

D’autres retraités peuvent être attirés par le régime fiscal du pays d’accueil. « Zéro impôt pendant dix ans », tel est le cadeau proposé depuis un an par le Portugal, entre autres, aux retraités européens prêts à s’installer sur les bords du Tage. L’offre nécessite de résider sur place plus de 183 jours par an, en une ou plusieurs fois. En deçà, c’est en France qu’il faudra déclarer ses revenus.

Pour gérer au mieux son budget, on se reportera au guide Bien préparer sa retraite à l’étranger, publié chaque année par la Maison des Français de l’étranger. Il recommande de conserver un compte en euros en France pour faire face aux premières dépenses dans le pays d’accueil, mais aussi pour disposer de liquidités lors des retours en France.

Investir à l’étranger ne pose jamais de difficultés. En revanche, en cas de revente, les choses se compliquent. Le rapatriement des devises sera facilité si on dispose dans le pays d’accueil d’un compte en devises convertibles, sur lequel sera aussi domicilié le versement de la retraite.

Attention, si vous touchez l’Allocation de solidarité aux personnes âgées, Aspa, sachez que ce ne sera plus possible à l’étranger. Cette prestation, qui remplace depuis 2006 le minimum vieillesse, est attribuée sous condition de résidence usuelle en France.

Quelle couverture santé ?

Avant leur départ, les retraités qui suivent un traitement médical peuvent se faire délivrer leurs médicaments à l’avance, à condition d’avoir l’accord de la Caisse primaire d’Assurance-maladie (CPAM), de disposer d’une prescription médicale mentionnant la durée de l’absence et précisant « cause départ à l’étranger ».

Les Français qui séjournent moins de six mois de l’année à l’étranger et qui perçoivent une pension de retraite du régime général demeurent couverts par l’Assurance-maladie française.

Dans les 28 pays de l’Union européenne, les ressortissants français bénéficient de la prise en charge des soins dans les mêmes conditions que les assurés locaux, avec la carte européenne d’Assurance-maladie (délivrée gratuitement par la CPAM). Ailleurs, les factures doivent être réglées sur place et la demande de remboursement adressée à la CPAM.

Si le séjour à l’étranger excède six mois, les soins de santé ne sont plus couverts par l’Assurance-maladie, à moins d’adhérer à la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Il est également possible de souscrire une assurance privée (locale ou française).

Certains états hors Communauté européenne, comme le Maroc, l’Algérie ou la Turquie, ont signé une convention avec la France qui permet la prise en charge des soins si l’on adhère à l’assurance maladie du pays. Si vous êtes affilié au régime général, vous pouvez toujours revenir vous faire soigner en France, à condition de demander au préalable une prise en charge.

Bien se renseigner avant de partir