Les solutions pour bien vieillir à domicile

Les solutions pour bien vieillir à domicile
Un accompagnement coordonné ou professionnels et proches se relaient favorise le bien-vieillir à domicile. - © Africa Studio

La perte d’autonomie constitue un obstacle au maintien de la personne âgée dans son logement. Mais il est possible de le lever en combinant des aides humaines, techniques et financières.

Aménager et adapter le logement


De simples aménagements permettent de sécuriser efficacement l’habitat. Parfois, des travaux ou des achats plus importants 
se révèlent nécessaires. Heureusement, des
 aides sont accordées.
 Par exemple, si vous installez chez vous un équipement sanitaire pour personnes âgées (lavabo
 à hauteur réglable, W.-C. surélevé, siège de douche mural, cabine de douche intégrale, etc.) ou un équipement de sécurité et d’accessibilité (barre de maintien, revêtement de sol antidérapant, appareil élévateur vertical avec plateforme, commande à distance, volets roulants électriques), vous avez droit à un crédit d’impôt. Il s’élève à 25 % du prix TTC (installation comprise) facturé par l’entreprise, retenu dans la limite de 5 000 euros pour une personne seule et de 10 000 euros pour un couple.

L’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (ANAH) accorde, sous conditions, des subventions. Pour en bénéficier, il faut être propriétaire occupant d’un logement de plus de 15 ans et disposer de ressources
 très modestes (revenu fiscal de référence, RFR, compris entre 14 508 et 47 279 euros selon la zone géographique et la composition du ménage) ou modestes (RFR compris entre 18 598 et 57 555 euros). L’aide est égale à 50 % ou 35 % du montant des travaux hors taxes en cas de ressources très modestes ou modestes, soit respectivement 10 000 euros et 7 000 euros au maximum.

Pensez aussi à contacter la caisse de retraite de base – elle finance des aménagements spécifiques pour le logement – et les Carsat (caisses d’assurance retraite et de la santé au travail) qui délivrent des kits de prévention avec des petits équipements, comme une main courante. Les caisses de retraite complémentaire Agirc-Arrco, elles, proposent la venue à domicile
 d’un ergothérapeute. Celui-ci a pour mission de réaliser un bilan personnalisé avec des préconisations en matière de modification des comportements, d’utilisation de matériel technique et d’aménagement du domicile, tout en tenant compte de la façon de vivre de la personne âgée.

Organiser l’intervention des professionnels


De nombreuses aides pallient la perte d’autonomie de la personne âgée, avec la préparation des repas, le ménage, l’entretien du linge, les courses, les services de portage
 de repas, un boîtier de téléassistance...

« Nous nous déplaçons au domicile pour établir un plan d’intervention adapté à la situation, explique Martine Gaboyer, présidente de la fédération ADMR (Admr.org) de la Sarthe. Il ne s’agit pas de tout faire à la place de la personne âgée, mais d’accompagner sa perte d’autonomie. Quand il y a un potentiel, il faut le maintenir, et même le faire progresser. Ainsi, nous n’instaurons pas une livraison de repas chaque jour si, avec un peu d’aide, la personne peut préparer ses propres repas. »

Quant au financement, il est souvent assuré, en partie au moins, par l’allocation personnalisée d’autonomie (APA, voir ci-après). Pour le reste, un crédit d’impôt égal à 50 % des dépenses annuelles retenues dans une certaine limite (comprise entre 12 000 et 20 000 euros selon les cas) est accordé à toute personne recourant à un service d’aide à domicile (par l’intermédiaire d’une entreprise ou d’une association) ou employant une aide à domicile.

La perte d’autonomie conduit parfois à d’autres besoins. « Selon le niveau de dépendance, le maintien à domicile est inenvisageable
 sans soins, explique Barbara Collin, directrice de SSIAD. Un SSIAD est un service de soins infirmiers qui intervient sept jours sur 7 à domicile selon le plan de soins établi lors de la visite d’évaluation par l’infirmier coordinateur et d’après les prescriptions du médecin. » Il est composé d’infirmiers et d’aides-soignants qui réalisent la toilette, l’habillage, des soins médicaux, la prise de médicaments, etc. Avantage par rapport aux services proposés par les infirmiers libéraux, le SSIAD travaille souvent avec des partenaires (kinésithérapeute, podologue, pédicure, coiffeur, services 
à domicile...). « Nous coordonnons les intervenants de façon à offrir les meilleurs services au bénéficiaire et à assurer son maintien à domicile, tout en soulageant ses proches aidants », conclut Barbara Collin. Les soins délivrés par les SSIAD sont pris en charge à 100 % par l’Assurance-maladie.

Demander l’APA

L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) est versée par le conseil départemental 
aux personnes âgées de plus de 60 ans 
dont la perte d’autonomie les empêche d’accomplir seules les gestes élémentaires de la vie quotidienne. Son montant dépend du degré de dépendance. Seules les personnes classées dans les groupes 1 à 4 de la grille AGGIR (servant à mesurer la perte d’autonomie) peuvent en bénéficier. Afin d’évaluer le niveau de dépendance et d’établir un plan d’aide, une équipe médicosociale du département se rend chez le demandeur. Au 1er janvier 2018, le montant maximal 
du plan d’aide varie pour une personne seule de 665,60 euros par mois (GIR 4) à 1 719,93 euros (GIR 1). L’APA n’est pas accordée sous condition de ressources, mais une participation financière est demandée dès lors que les revenus mensuels
 du bénéficiaire excèdent 802,93 euros.

Mobiliser l’entraide familiale


Si les ressources du parent et les aides qu’il reçoit se révèlent insuffisantes, les enfants sont appelés à la rescousse. Généralement, cette entraide familiale s’effectue spontanément, pour la prise en charge d’une partie du loyer, des factures, des impôts, des courses, de l’aide à domicile. Les plus récalcitrants peuvent 
se voir contraints par la justice à verser une pension alimentaire à leur parent. Car, venir 
en aide à son père ou sa mère dans le besoin est une obligation légale ; on parle d’obligation alimentaire. L’idéal est de dialoguer en famille. Chacun peut proposer son aide (en nature ou en argent) en fonction de ses moyens.

Des aides sociales à ne pas négliger

L’aide sociale du département (non cumulable avec l’APA) permet de financer 
en partie une aide-ménagère à domicile pour 
les personnes d’au moins 65 ans (60 en cas d’inaptitude au travail) et percevant des ressources inférieures à 833,20 euros par mois pour une personne seule. Son montant est déterminé en fonction des besoins (au maximum 30 heures par mois pour une personne) et des ressources 
de la personne. Se renseigner auprès du centre communal d’action sociale (CCAS).

L’action sociale des caisses de retraite peut également intervenir sous conditions. Par exemple, pour les retraités du régime général, elle élabore un « plan d’actions personnalisé » (aide-ménagère, portage de repas, aménagement du logement, etc.) et prend en charge une part des frais (dans la limite de 3 000 euros).

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