Les avantages à différer son départ en retraite

Prolonger son activité professionnelle au-delà de l’âge du taux plein permet aux salariés d’augmenter le montant de leur pension. Mais pas seulement : d’autres atouts sont à considérer.
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Jouer les prolongations, une décision profitable à plus d’un titre.
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Une meilleure pension de retraite

En retardant la date de son départ à la retraite, on continue de cotiser aux régimes obligatoires, ce qui permet d’engranger des droits supplémentaires (trimestres et points) qui vont venir, à terme, majorer le montant des futures pensions. Dans les régimes de base (CNAV pour les salariés du secteur privé, MSA pour les salariés agricoles), chaque trimestre accompli au-delà du taux plein entraîne une surcote de 1,25 % du montant de la pension de base. Dans les régimes complémentaires, des points s’ajoutent et « leur impact sur la future pension est d’autant plus significatif que le salaire de fin de carrière est important », souligne Christel Bonnet, consultante senior chez Mercer France. Depuis le début de l’année, les salariés du secteur privé et du secteur agricole qui ont leur taux plein doivent adopter cette stratégie et décaler de quatre trimestres calendaires leur départ à la retraite s’ils veulent échapper au malus de 10 % durant 3 ans sur leur retraite complémentaire Agirc-Arrco.

Par exemple, avec un salaire annuel net de fin de carrière de 27 000 euros, un salarié peut théoriquement percevoir 24 396 euros net par an (15 480 € de pension de base + 8 916 € net de pension Agirc-Arrco). Déduction faite du malus, il percevra en réalité 23 504 euros net par an (15 480 € + 8 024 €), durant 3 ans. S’il travaille une année de plus, sa pension de base passe à 16 404 euros net par an grâce aux cotisations supplémentaires versées et à la surcote de 5 %. Parallèlement, sa pension complémentaire échappe au malus et grossit elle aussi grâce à l’ajout de points, pour atteindre 9 108 euros net par an. En résumé, il percevra 25 512 euros. Mieux, si ce salarié décide de travailler non pas un an, mais 2, 3 ou 4 ans supplémentaires, il pourra engranger, au-delà des majorations naturelles de ses futures pensions, un bonus temporaire d’un an, respectivement de 10 %, 20 % ou 30 % sur sa pension Agirc-Arrco.

Une indemnité de départ parfois plus élevée

L’indemnité de départ à la retraite (ou de fin de carrière) est déterminée graduellement par le Code du travail, les conventions collectives (CC) de branche et, parfois aussi, par le contrat de travail. Elle augmente certes avec l’ancienneté dans l’entreprise, mais contrairement à une idée reçue, cette hausse n’est pas linéaire. Par exemple, un salarié qui cumule 21 ans d’ancienneté et qui souhaite décaler son départ à la retraite de 2 ans, continuera à percevoir 3 mois de salaire s’il relève de la CC de la métallurgie nationale (pour recevoir 4 mois de salaire, il faut 30 ans d’ancienneté). En revanche, s’il dépend de la CC Syntec (bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseil), il percevra 4,6 mois avec 23 ans d’ancienneté, contre 4,2 mois avec 21 ans d’ancienneté.

« Pour connaître les points de bascule, il ne faut pas hésiter à interroger le service des ressources humaines », conseille Christel Bonnet.

Des avantages sociaux qui se prolongent

Compte tenu de la participation obligatoire de l’employeur à hauteur de 50 %, continuer à bénéficier d’une mutuelle permet, à 62 ans, d’économiser au moins 600 euros par an (50 euros par mois) si l’on suppose qu’un contrat individuel santé senior coûte en moyenne 100 euros par mois et par personne. Ce gain grimpe davantage encore si le contrat d’entreprise couvre également le conjoint et les enfants de moins de 25 ans. D’autres avantages, comme le remboursement de certaines activités (sports, séjours, etc.) ou l’application de tarifs préférentiels (locations de vacances, tickets de cinéma, etc.), se prolongent et améliorent le budget du quotidien.

Une épargne entreprise qui augmente

Lorsqu’un plan épargne entreprise (PEE), un plan d’épargne retraite collectif (Perco), voire un plan d’épargne supplémentaire (article 83...) existent dans l’entreprise, poursuivre son activité professionnelle permet d’engranger la participation annuelle obligatoire aux résultats et parfois aussi un intéressement aux performances. De plus, ces primes peuvent être récupérées ultérieurement, sous certaines conditions, hors impôt mais soumises aux prélèvements sociaux, et venir compléter, plus encore, les revenus disponibles lors de la retraite.

Jusqu’à quel âge peut-on travailler ?

Le seuil est fixé à 70 ans sans requérir l’aval de l’employeur. Ce n’est qu’à partir de cet âge charnière que celui-ci peut décider, unilatéralement, d’une mise à la retraite. L’indemnité versée est alors plus élevée que celle de départ à la retraite, son montant équivalant à l’indemnité légale, conventionnelle ou contractuelle de licenciement.

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df
Roselyne Poznanski
Publié le

Immobilier, droit du travail, retraite...

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